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Semaine télé du 26 octobre au 1er novembre 2019
Salut les câblés !
publié le samedi 26 octobre 2019

Jeune Cinéma en ligne directe


 

"Charlie Chaplin dans l’œil des avant-gardes" au Musée d’arts de Nantes (18 octobre 2019-3 février 2020).

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 26 octobre 2019

 

20.50 : Un mariage de rêve de Stephen Elliott (2008), Club
De la pièce de Noel Coward, Easy Virtue, Hitchcock avait déjà tiré un film en 1927, Le passé ne meurt pas. Elliott a pas mal modifié le contexte (pas de Grand Prix de Monaco chez sir Alfred) mais tout se passe encore sur la Côte d’Azur, loin du désert australien de Priscilla, qui demeure son film le plus plaisant. Plus que les jeunes héros (Jessica Biel et Ben Barnes), on apprécie le couple Colin Firth - Kristin Scott Thomas, furieusement british.

20.50 : Les Anges sauvages de Roger Corman (1966), Classic
Comme, entre 1955 (5 fusils à l’Ouest) et 1970 (Bloody Mama), Corman a tourné cinquante films, il en reste toujours qui sont inédits sur le câble. Que celui-ci le demeure, malgré son casting - Peter Fonda, Nancy Sinatra, Bruce Dern, Michael J. Pollard - est étonnant, d’autant que le sujet, les gangs de motards californiens, est motif à images spectaculaires. Certes, ça n’atteint pas le genou de L’Équipée sauvage (Fonda n’est pas Brando et les Harley ne valent pas les Triumph), mais c’est agréablement tourné, très court (80 mn), un peu racoleur, pas aussi bien, dans la filmo de l’auteur, que Le Masque de la mort rouge ou Ligeia, mais incommensurablement meilleur que La Femme-guêpe ou La Créature de la mer hantée.

22.10 : Il maestro di Vigevano d’Elio Petri (1963), Classic
Un des titres les moins connus de Petri, que l’on n’avait jamais vu avant que Studio Canal n’en sorte récemment une belle édition DVD. Troisième film du cinéaste, encore loin de la célébrité qu’allaient lui apporter Enquête sur un citoyen et La classe ouvrière va au Paradis. Alberto Sordi en instituteur, pourquoi pas, puisqu’il était capable de tout jouer, Claire Bloom en épouse acariâtre, c’est plus surprenant, mais elle aussi peut tout faire passer. Et un bon scénario d’Age et Scarpelli.

22.30 : Blue Velvet de David Lynch (1986), TCM
Un passage par an depuis 2014, mais comment s’en lasser. De tous les films de Lynch, c’est celui qui est le plus proche de l’univers de Twin Peaks et de ses éclairs tordus - d’ailleurs Lynch gardera Kyle MacLachlan pour tourner sa série.

 

Dimanche 27 octobre 2019

 

20.40 : There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson (2007), OCS City
Déjà passé sur cette même chaîne, mais pas depuis le 22 avril 2015 - et comme il n’y a aucun autre titre intéressant sur le bouquet…

20.45 : La Chute d’Oliver Hirschbiegel (2004), Sundance TV
Inédit sur le câble. Selon IMDB, Hitler apparaît dans 343 films. On ne les a pas tous vus, mais parmi les acteurs qui ont porté son uniforme et sa moustache, Bruno Ganz est évidemment un des meilleurs. Ce qu’a réalisé autrement Hirschbiegel ne nous inspire pas beaucoup (son biopic sur Lady Di, Diana, par exemple), mais là, il frappe juste.

20.50 : La Crise de Coline Serreau (1992), Club
Apparemment, pas programmé depuis le 30 novembre 2014. On s’interrogeait alors sur l’actualité du film vingt-deux après sa sortie. Et cinq ans plus tard ? À vérifier derechef.

20.50 : Le Faucon maltais de John Huston (1941), Classic
Surprise : aucune trace d’un passage sur le câble ces cinq dernières années. Oubli des programmateurs ou copie inaccessible ? Quoi qu’il en soit, et même si on l’a vu quinze fois, le film tient toujours le coup, grâce à Bogart et Mary Astor, certes, mais aussi à ses seconds rôles, Peter Lorre et Sidney Greenstreet, si remarquables que les producteurs les réunirent plusieurs fois ensuite. On rêve d’une soirée avec les trois versions du roman de Hammett, celle de Roy Del Ruth (1931, avec Ricardo Cortez) et celle de William Dieterle (1936, avec Warren William).

 

Lundi 28 octobre 2019

 

20.50 : Les Étendues imaginaires de Yeo Siew Hua (2018), Club
Il est rare qu’un film sorti en salles il y a six mois passe aussi rapidement sur le petit écran, surtout s’il vient de Singapour. Mais il s’agit du Léopard d’or de Locarno 2018.

21.00 : Watchmen, OCS City
Évidemment, on n’a pas encore regardé la première saison de cette série (entamée la semaine dernière), mais la rumeur en est si flatteuse qu’on ne peut que la signaler.

23.35 : La Rivière d’argent de Raoul Walsh (1948), France 5
Continuons à soutenir Brion dans sa juste lutte. Ce soir, un Walsh de derrière les fagots, son septième et dernier film tourné avec Errol Flynn. Un western, le second après La Charge fantastique (1941), fort intéressant, car Flynn est un héros ambigu, soldat nordiste déchu tenancier d’un saloon. Bonne occasion de revoir Ann Sheridan, qui entamait sa fin de carrière (elle ne brilla plus ensuite que dans Allez coucher ailleurs de Hawks, l’année suivante).

00.35 : La Roue d’Abel Gance (1923), Arte
Quelle bonne idée a eu Arte de présenter la première partie du film de Gance, enfin reconstitué dans sa version d’origine. Cette partie ne durant que 225 minutes, le spectateur en profitera jusqu’à 4h20 le mardi matin. Mais la Fondation Seydoux-Pathé devrait également le projeter bientôt dans son palais de l’avenue des Gobelins.

00.40 : Une Anglaise romantique de Joseph Losey (1975), TCM
Un des titres les moins repris de l’auteur, ainsi que la plupart de ceux qui séparent Le Messager (1971) de Monsieur Klein (1976), comme si ces deux chefs-d’œuvre les occultaient : Maison de poupée (1973) n’a pas marché, Galileo (1975) n’est pas sorti ici, et celui-ci a été jugé mou du genou, à l’image de son titre. Or, romantique, Glenda Jackson ne l’est pas vraiment et Michael Caine ne sort pas des Hauts de Hurlevent. Pourquoi passer un Losey inédit à une heure pareille et pas à la place de French Connection 2, à 22.45 ? Mystère.

 

Mardi 29 octobre 2019

 

20.40 : Soirée Vincent Cassel, OCS Choc
Est-ce pour accompagner la sortie de Hors normes de Nakache & Toledano, (un des meilleurs films français de 2019) ? En tout cas, OCS a choisi deux titres intéressants et pas si fréquentés par la critique, Blueberry, l’expérience secrète de Jan Kounen (2003) et Le Pacte des loups de Christophe Gans (2001) à 22.40. Si le second a été un succès populaire, le premier, avec son aspect de western métaphysique, a dérouté quelque peu ses spectateurs. Rattrapage bienvenu.

20.50 : Tunnel de Kim Seong-hun (2016), Frisson
Pas vu. Mais le cinéma d’action coréen est si riche qu’on peut y aller en toute confiance, car l’action s’y appuie toujours sur un contexte social et/ou politique précis, comme chez Kim Jee-woon ou Na Hong-jin. On suivra donc ce "film-catastrophe" avec intérêt.

20.50 : L’Or du Hollandais de Delmer Daves (1958), Classic
Inédit. Huitième et avant-dernier western de Daves en sept ans, entre Return of the Texan (1952) et La Colline des potences (1959). Qu’il soit interprété par Alan Ladd est un léger handicap, car c’est Glenn Ford le héros emblématique de l’Ouest vu par le cinéaste : Jubal (1956), 3h10 pour Yuma (1957) et Cow-boy (1958) figurent au sommet du genre dans les années 50. En prime, Ernest Borgnine et Katy Jurado, toujours excellente.

20.50 : Klute d’Alan J. Pakula (1971), TCM
Pas de trace d’un passage depuis 2014. À moins qu’on ne l’ait pas signalé - mais comment négliger un tel film ? Revu récemment en salle et en copie neuve, Klute a gardé toute son ambiguïté et ses arrière-plans vénéneux. Et le monde paranoïaque du réalisateur est déjà constitué. Donald Sutherland, tout juste sorti de M.A.S.H., forme avec Jane Fonda un duo magnifique, aussi puissant que celui avec Julie Christie dans Ne vous retournez pas de Nicolas Roeg, deux ans plus tard.

 

Mercredi 30 octobre 2019

 

20.40 : Soirée Nanni Moretti, OCS City
Pour mémoire, car les deux titres n’ont plus de mystères pour les spectateurs : Mia madre (2015) suivi, à 22.25, de La Chambre du fils (2001).

20.45 : Les 33 d’Atacama d’Antonio Recio Beladiez (2010), Sundance
Film inconnu. La tragédie de la mine, version chilienne, d’après une catastrophe véritable. À découvrir.

20.50 : Tout ce qu’il me reste de la révolution de Judith Davis (2018), Club
Très joli premier film, scénarisé et interprété par la réalisatrice, avec un background crédible (les parents rescapés des utopies des années 90, les situations contemporaines bien montrées). Le portrait de l’architecte chômeuse, aussi facile à apprivoiser qu’un oursin, en révolte contre le manque général d’idéal et l’emprise de l’ultra-libéralisme, est tout à fait sympathique. Ça coince un peu parfois, mais le point de vue affiché échappe aux clichés.

20.50 : Mamma Roma de Pier Paolo Pasolini (1962), Classic
Inédit. Deuxième film de PPP, le dernier de sa veine "populaire" ; il changera de braquet et d’inspiration ensuite (saint Matthieu, Sophocle, Euripide, Sade, etc.). Ici, on est encore dans le petit peuple, avec une Magnani à la limite du cliché, ex-prostituée poussant sa charrette de marchande de fruits et légumes, pourvue d’un fils qui deviendra délinquant. C’est du lourd - mais l’auteur n’a que rarement fait dans le sous-entendu.

20.50 : Les Cow-boys de Mark Rydell (1972), TCM
Cf. note du 20 septembre 2017.

22.15 : The Florida Project de Sean Baker (2017), Club
Bonne soirée sur la chaîne : après la jeune rebelle du film de 20.50, place aux enfants des quartiers miteux proches d’Orlando, pays de Disney. On ne connaissait de Baker que son précédent Tangerine, prix du jury à Deauville 2015, au profil très Sundance. Celui-ci est aussi plaisant, avec ses protagonistes inconnus, excepté Willem Dafoe.

22.30 : Beaucoup de rêves sur les routes de Mario Camerini (1948), Classic
La surprise de la soirée Anna Magnani : un film inconnu, qu’on ne se souvient pas d’avoir vu projeté où que ce soit. Il faut dire que son auteur, célèbre en Italie dans les années 30 et 40 (voir sa série de comédies étincelantes avec De Sica, Il signor Max, Grands magasins, etc.), a connu des années 50 et 60 plus laborieuses, avant d’achever sa filmographie avec Don Camillo et les contestataires (1972). Magnani tarabuste, comme elle sait si bien faire, son époux chômeur Massimo Girotti. C’est tout ce que l’on sait du film, mais c’est prometteur.

22.55 : La Garçonnière de Billy Wilder (1960), TCM
Ce soir, c’est fête sur toutes les chaînes. Même sur TCM, un peu moins prodigue ces derniers temps, mais qui offre une fin de soirée avec un chef-d’œuvre signé Wilder, inédit (en tout cas depuis 2014). Jack Lemmon n’a jamais été aussi épatant que dans les films de BW, de Certains l’aiment chaud (1959) à Buddy Buddy (1981). Il est parfait en employé minable prêteur de sa garçonnière à ses supérieurs et tout ce qui s’ensuit. À noter, outre Shirley Maclaine, le fameux décor du gigantesque bureau à perspective truquée imaginé par Trauner.

 

Jeudi 31 octobre 2019

 

20.35 : Dernier Tango à Paris de Bernardo Bertolucci (1972), OCS Géants
C’est un des charmes d’OCS Géants de nous surprendre, en passant un soir Creuse ta fosse, j’aurai ta peau de Eduardo Mulargia (1971), western italien archi nul, et le lendemain, le film le plus célèbre de Bertolucci. À propos duquel il n’y a plus grand-chose à dire qui n’ait été dit.

20.40 : Terre damnée de John Farrow (1950), Paramount Channel
Seul passage le 8 octobre 2015. Mais le plaisir de revoir Hedy Lamarr dans un de ses derniers rôles n’a pas de prix. Et il y a toujours de multiples détails à redécouvrir dans les films de Farrow.

20.40 : Santiago, Italia de Nanni Moretti (2018), OCS City
Pour ceux qui n’ont pas vu le documentaire lors de sa sortie, en février 2019. Moretti reconstitue les trois mois qui ont suivi le coup d’État de Pinochet lorsque l’ambassade d’Italie à Santiago a abrité des centaines d’opposants qui ont pu (tous ?) être transférés en Italie. On pense forcément au court de Marker sur le même sujet, L’Ambassade (1975).

20.50 : Vivre ensemble d’Anna Karina (1973), Classic
Première expérience de réalisatrice pour l’actrice (sa seconde, en 2008, Victoria, reste inédite, après une projection au Festival du film de femmes de Créteil). On l’avait beaucoup aimé à l’époque, un peu moins lors de sa réédition il y a deux ans. L’air du temps vieillit, comme le reste. Mais il en passe encore un peu.

20.50 : Dracula de Francis Ford Coppola (1992), TCM
Cf. note du 20 février 2017.

 

Vendredi 1er novembre 2019

 

20.35 : Chaleur et poussière de James Ivory (1982), OCS Géants
Vingt ans après The Householder, scénarisé par Ruth Prawer Jhabvala, comme la plupart des films qui l’ont suivi, Ivory tourne son dernier film en Inde. Il ira ensuite explorer la campagne anglaise, ses chambres avec vue et ses manoirs auxquels les majordomes sont si attachés. Ici, l’entremêlement entre années 20 et années 80, passé et présent, Greta Scacchi la scandaleuse et Julie Christie, sa nièce à la recherche de ses traces, est fort bien tissé et on se laisse gagner par l’ambiance pleinement définie par le titre.

20.50 : Rien ne va plus de Claude Chabrol (1997), Club
Cf. note du 7 novembre 2015.

20.50 : La Loterie de l’amour de Charles Crichton (1954), Classic
On découvre peu à peu, grâce aux DVD, les productions anglaises des années 50, Ealing Studios ou Gainsborough Pictures, trop longtemps méprisées par les effets d’une fatwa des Cahiers du cinéma. Tout n’est pas ide même niveau dans ce qui est ramené au jour, et Ralph Thomas reste Ralph Thomas. Mais il y a des surprises chez Henry Cornelius, Frank Launder, Sidney Gilliat ou Charles Frend, et Basil Dearden est vraiment un réalisateur de talent. Le film de Crichton nous est inconnu, mais avec David Niven, on sait à quoi s’attendre. Et il y a aussi, et surtout, Peggy Cummins, l’inoubliable héroïne du Gun Crazy de Joseph H. Lewis (1950).

23.05 : La Quatrième Dimension de John Landis, Steven Spielberg, Joe Dante et George Miller (1983), TCM
Inédit. Les quatre cinéastes ont voulu rendre hommage à la série qui les avait passionnés dans leur enfance, The Twilight Zone. On les comprend. Mais la couleur et les gros moyens ne remplacent pas la fraîcheur des bouts de ficelle et du noir & blanc des épisodes originels, dont les quatre sketches du film sont des remakes. il suffit de regarder les coffrets DVD de la série pour constater la perte. Néanmoins, l’épisode signé par George Miller (l’avion attaqué par un gremlin) est impressionnant.

22.30 : LŒil de Chabrol de Gérard Goldman (2017), Club
Doc inconnu. Une petite heure pour faire le tour du bonhomme, ça semble un peu court, mais on verra.



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