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Semaine télé du 25 septembre au 1er octobre 2021
Salut les câblés !
publié le samedi 25 septembre 2021

Jeune Cinéma en ligne directe


 

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 25 septembre 2021

 

20.40 : Les Éblouis de Sarah Suco (2019), OCS Max
Inédit. Un premier (et unique pour l’instant) film, semi autobiographique puisque la réalisatrice a vécu dix ans dans une communauté religieuse New Age, bonne manière d’en exorciser le souvenir. Camille Cottin et Jean-Pierre Darroussin, c’est toujours du solide, mais il y a surtout Céleste Brunnquell, assurément la grande actrice des prochaines années.

20.50 : Voyage sans espoir de Christian-Jaque (1943), Classic
On a redonné à Henri Decoin, puis à Gilles Grangier, la place qui leur convenait (pas tout à fait la même) dans l’Histoire du cinéma français. Christian-Jaque n’en est pas encore là, même si on a fini par reconnaître qu’il ne fut pas seulement le réalisateur des Dégourdis de la 11e (1937) ou du Saint prend l’affût (1966). Il a beaucoup tourné, trop sans doute, mais toujours de façon honnête. Et après son remarquable Enfer des anges (1939), tous les titres signés entre 1940 et 1945 sont des sans-faute, de Premier bal (1941) à Sortilèges (1945). Ce Voyage ne dépare pas, bel exemple de film noir contemporain (genre que le cinéma de Vichy ne cultivait guère), encore vibrant des fantômes du réalisme poétique d’avant-guerre - le scénario est de Pierre Mac Orlan, on voit la jonction. Un port, un amour impossible, la mort au bout, on est loin de la trinité pétainiste. Jean Marais, toujours bon, et tout un cortège d’acteurs savoureux, le sel des films français du temps, Simone Renant, Paul Bernard, Louis Salou, Lucien Coëdel, Jean Brochard.

22.15 : Jenny de Marcel Carné (1936), Classic
On ne trouve pas trace d’un signalement du passage de ce premier titre du tandem Carné-Prévert. Comme il s’agit d’une copie annoncée restaurée, le film était peut-être inaccessible, ce qui reste étonnant. Donc première collaboration de Jacques et Marcel, au scénario un peu daté aujourd’hui (mais le roman adapté, La Prison de velours de Louis Ribaud, l’était déjà à l’époque). Françoise Rosay, Albert Préjean, Charles Vanel, on est dans le haut de gamme. Il y a là une partie de la bande à Prévert, ex-groupe Octobre, Sylvia Bataille, Roger Blin, Mouloudji et Joseph Kosma.

22.30 : Judy de Rupert Goold (2019), Émotion
Inédit. Goold a tourné deux films, tous deux construits autour de personnalités véritables. Le premier, True Story (2015), s’intéressait au journaliste bidonneur Michael Finkel, le second s’attache à un épisode malheureux de la vie de Judy Garland, plus célèbre tout de même que l’employé du New York Times. Malheureux, car il s’agit de son ultime tournée londonienne, à laquelle elle fut contrainte car ruinée, après avoir été balancée par la MGM (après trente ans d’exploitation). End of the Rainbow, comme le précise le titre de la comédie musicale originelle. On n’attendait pas une telle performance de la part de Renée Zellweger - Oscar 2020 de la meilleure actrice.

 

Dimanche 26 septembre 2021

 

20.40 : Soirée Darren Aronofsky, OCS City
Pour mémoire (mais les deux films sont inédits), car après des débuts éblouissants, Pi (1998) et Requiem for a Dream (2000), Aronofsky n’a pas cessé de nous décevoir, que ce soit avec The Fountain (2006), à 22.55, ou avec Noé (2014), en première partie, à 20.40. Au point que l’on n’a même pas eu le courage de découvrir son dernier, Mother ! (2017).

20.50 : The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson (2014), Club
Pas programmé depuis cinq ans. On peut donc en reprendre une couche sans barguigner. Il n’y a pas vingt réalisateurs comme cet Anderson-là. Et on attend impatiemment la sortie (prévue le 27 octobre 2021 mais retardée) de The French Dispatch, à Cannes cette année.

22.40 : Us de Jordan Peele (2019), OCS Choc
Inédit. Après la grande secousse causée par son premier film, Get Out, passé le 18 septembre 2021 sur TCM, Us (qu’on pourrait également lire US, tant la métaphore de l’Amérique est présente) n’est pas une découverte mais une confirmation. Peele n’est pas un jeunot (il est né en 1979), mais on peut espérer de sa part d’autres œuvres aussi décoiffantes.

 

Lundi 27 septembre 2021

 

20.40 : Les Mariés de l’an II de Jean-Paul Rappeneau (1971), OCS Géants
Dernier passage, le 25 mai 2017. Quitte à saluer Belmondo, autant le faire avec des films d’un niveau un peu plus élevé que ceux des années 80, Guignolo, Professionnel, As des as ou Marginal, tous aussi pénibles. En 1971, l’acteur avait déjà achevé la meilleure partie de sa filmographie et il n’était pas seulement un acrobate, mais un interprète.

20.50 : Hitch, expert en séduction d’Andy Tennant (2005), Émotion
Inédit. Tout est dans le titre français (l’original se contentait de Hitch). Comme Will Smith est le producteur, il était prévisible qu’il se taillerait un rôle à sa taille. Mission accomplie. Si l’on aime les comédies sentimentales sans surprises, dont chaque détour et rebondissement surviennent à leur place, on est servi. Mais c’est également fort agréable d’être en pays de connaissance - toutes les comédies de l’âge d’or hollywoodien n’étaient pas inventives et c’est ce qui faisait leur charme.

20.50 : Atlantique de Mati Diop (2019), Club
Inédit. La surprise de Cannes 2019 : réalisatrice inconnue, sauf pour les amateurs de courts métrages et ceux qui l’avaient repéré dans un des principaux rôles de 35 Rhums de Claire Denis (2010), acteurs sénégalais, sujet d’actualité (les mariages forcés) et mise en scène remarquable pour un premier long. Le Grand prix du jury n’était pas immérité.

00.05 : Chichinette : ma vie d’espionne de Nicola Hens (2019), OCS City
Inédit. Documentaire sur Martha Cohn, 96 ans, ancienne résistante et espionne, qui n’avait jamais conté ses exploits avant que la Fondation Spielberg, en 1996, ne fasse appel à des témoignages. Témoignages qu’elle n’a cessé de multiplier depuis, d’une conférence à l’autre, de façon simple et modeste, comme on le constate dans ce film, distribué confidentiellement : deux copies, 1435 spectateurs.

 

Mardi 28 septembre 2021

 

20.50 : Le shérif ne pardonne pas de Barry Shear (1973), Classic
Inédit. On ne se souvient pas d’avoir jamais vu ce The Deadly Trackers, pourtant sorti, paraît-il, en 1974. Avec des acteurs du calibre de Richard Harris et Rod Taylor, pas de raisons de se méfier, d’autant que Shear a signé quelques polars de bonne facture dans ces mêmes années. Le bruit court que Samuel Fuller aurait participé au scénario et à la réalisation.

22.15 : Les Démons de Jésus de Bernie Bonvoisin (1997), OCS Choc
Cf. note du 5 décembre 2015.

22.20 : Il m’a appelée Malala de Davis Guggenheim (2015), Club
Inédit. Une sortie française en mars 2016 est évoquée, sortie que l’on aurait donc ratée. Mais le réalisateur est l’auteur du fameux doc Une vérité qui dérange, qui dès 2006, Al Gore aidant, lançait un cri d’alarme sur l’état de la planète. Le sujet de ce film est moins planétaire, mais tout aussi important : la Pakistanaie Mamala Yousafzai a obtenu le Nobel de la Paix en 2014 pour son combat contre les difficultés (le mot est faible) affrontées par les filles de la vallée de Swat pour accéder à l’éducation, sous la férule des talibans - six années ont passé depuis, mais le problème n’est pas réglé, évidemment.

 

Mercredi 29 septembre 2021

 

20.40 : Soirée (bis) Darren Aronofsky, OCS City
Que se passe-t-il ? OCS aurait donc acheté les droits de l’œuvre complète du cinéaste ? Deux titres programmés en sept ans et en quelques jours, quatre inédits. On ne s’en plaindra pas, car on pourra ainsi vérifier si, à 22.25, Requiem for a Dream (2000) s’est encore bonifié après deux décennies ou si son intérêt s’est évaporé. Pas sûr, en revanche, que l’on ait envie de revoir, à 20.40, The Wrestler (2008), tant le spectacle offert par Mickey Rourke, bodybuildé et bouffi d’hormones, est pitoyable.

20.40 : Un homme, un cheval, un pistolet de Luigi Vanzi (1966), OCS Géants
Inédit, c’est la grande qualité (la seule ?) du film. Et puisque la chaîne pousse l’obligeance jusqu’à nous fournir régulièrement des westerns italiens sans renom, mais parfois curieux, profitons-en tant que le filon n’est pas asséché. Vanzi n’a que peu tourné (huit titres) et toujours selon la mode du moment : entre 1960 et 1974, un documentaire sur les cabarets érotiques, un péplum, quelques westerns (signés Vance Lewis) et un polar saignant. Une découverte ?

20.50 : Epicentro de Hubert Sauper (2019), Club
Inédit. Les distributeurs savaient bien qu’avec un sujet aussi peu tendance, Cuba, le nouveau film de l’auteur n’allait pas renouveler le succès étonnant - même si les critiques et interrogations sur sa véracité ou non n’ont pas manqué - du Cauchemar de Darwin (2004). Donc sortie en catimini, au plein cœur du mois d’août 2020, et résultats en proportion. Il faut dire que l’état des lieux à Cuba ne passionne plus guère le public potentiel - voir l’échec du bon film de Laurent Cantet, Retour à Ithaque (2014), fiction sur le même thème. Mais des gamins de La Havane qui parlent face caméra et racontent leur quotidien et leurs rêves, on peut trouver ça intéressant.

22.40 : Mauvaise conduite de Nestor Almendros & Orlando Jimenez (1984), Club
Inédit. On doit reconnaître que l’on avait complètement oublié ce film, sorti à petit nombre il y a presque quarante ans. Le chef-opérateur cubain Almendros, un des plus grands de sa génération (Truffaut, Rohmer, Pialat, Eustache, Malick, Pakula…) était un opposant déclaré au régime castriste, qui n’avait pas grande considération - c’est un euphémisme - pour les homosexuels, aisément mis dans des camps. Il avait pu quitter Cuba avec les marielitos, mais gardait une sérieuse dent contre le régime. Son film, un documentaire, recueille les témoignages ; bonne occasion de revoir des écrivains disparus, comme Heberto Padilla ou Reinaldo Arenas.

 

Jeudi 30 septembre 2021

 

20.40 : Soirée L’Exorciste, OCS Choc
Le film de William Friedkin (1973), à 22.20, n’est pas vraiment inédit - quatre ou cinq passages depuis 2014. Mais on annonce une version intégrale (135 mn, 12 de plus que la version princeps). Il est précédé par un documentaire inconnu d’Alexandre O. Philippe, L’Exorciste selon William Friedkin (2019), présenté à Venise mais accessible seulement en VOD, dans lequel le cinéaste dit tout sur son film.

20.40 : Fort Yuma de Lesley Selander (1955), Paramount Channel
Inédit. Quatrième western de Selander proposé par la chaîne, il en reste une petite centaine du même auteur. À la différence de Fort Utah (1967), programmé il y a quatre ans, il s’agit d’un titre de sa période la plus enlevée, les années 50, durant lesquelles il signa quelques films intéressants, dont le célèbre Amour, fleur sauvage (Shotgun, 1955). On n’est donc pas à l’abri d’une surprise.

20.50 : Stan et Ollie de Jon S. Baird (2018), Émotion
Inédit. Après Judy Garland à bout de souffle samedi, Laurel & Hardy en perdition aujourd’hui. Effritement des légendes. Sic transit, etc. Plutôt que montrer le duo an pleine gloire, on a choisi de filmer leur décrépitude, leur ultime tournée en Angleterre (comme Judy, décidément), en 1953, devant des salles vides - juste après leur dernière prestation à l’écran, dans l’épouvantable Atoll K de Léo Joannon (1951). Mais on peut admirer la performance de Steve Coogan en Stan et surtout celle de John C. Reilly en Hardy.

20.50 : La Nef des fous de Stanley Kramer (1965), Classic
Pour le plaisir des acteurs embarqués. Cf. note du 1er décembre 2017.

22.25 : Les Enfants du siècle de Diane Kurys (1999), Émotion
Inédit. Ayant épuisé ses souvenirs d’enfance et d’adolescence, la réalisatrice s’est tournée vers le passé, à savoir l’épisode des amours vénitiennes de George Sand et Alfred de Musset. Juliette Binoche et Benoît Magimel ont endossé les habits 1830 avec manifestement du plaisir. Revoir l’hôtel Danieli et le Canal Grande, au début de l’automne, ça ne peut pas faire de mal.

23.00 : Reviens de HPG (2019), Club
Inédit et inconnu (production TV). Sauf erreur, c’est la première fois qu’un film de Hervé-Pierre Gustave est programmé sur le câble. Il est annoncé comme "érotique", alors que d’habitude l’acteur-réalisateur pratique le porno hard. On vérifiera. HPG, comme Ovidie, jouit d’une réputation d’intellectuel du genre : il a été sélectionné par la Quinzaine cannoise avec On ne devrait pas exister (2006) et même par Locarno avec Fils de (2014), tous festivals émoustillés par l’audace d’une telle transgression.

 

Vendredi 1er octobre 2021

 

20.40 : Soirée Sean Connery, OCS Géants
On commence avec un Hitchcock curieusement inédit, Pas de printemps pour Marnie (1964), que l’on aime modérément, Tippi Hedren rendant le film de bout en bout glacial. Mais Sean Connery, entre deux Bond, est remarquable, comme il l’était déjà avant, dès Train d’enfer de Cy Endfield (1957) et après La Colline des hommes perdus de Sidney Lumet (1965). Sacré bonhomme, comme le prouve le documentaire qui suit, à 22.45, Sean Connery : De James Bond à Indiana Jones de Nicolas Henry (2019), réalisé juste avant le décès de sir Sean, en 2020.

20.50 : La Voie de la justice de Destin Daniel Cretton (2019), Premier
Inédit. De nouveau, une description d’une erreur judiciaire à l’américaine (à l’encontre d’un Noir, comme c’est étrange) et du combat d’un avocat, noir également - Bryan Stevenson, fondateur de Equal Justice Initiative, lauréat de nombreuses distinctions autour des Droits de l’homme. Le film évite le pathos et restitue bien l’Alabama des années 80, tout un poème.

20.50 : Bébert et l’omnibus d’Yves Robert (1963), Classic
Inédit (un des rares films de l’auteur). Après l’énorme succès de La Guerre des boutons (1962), Robert transforma son Petit Gibus (Martin Lartigue) en Bébert, le dota d’un grand frère (Jacques Higelin) et le lança dans le train Paris-Coulommiers. On en garde un souvenir plaisant, comme de la plupart des films d’YR. Le générique réunit tous les acteurs comiques du moment, Pierre Mondy, Jean Richard, Michel Serrault, Jean Lefebvre, Christian Marin - et la chère Blanchette Brunoy, l’ex-Claudine de Colette.

23.05 : Conjuring : Les dossiers Warren de James Wan (2013), Premier
Première apparition du nom du réalisateur de Saw (2004), Insidious (2011) et autres Aquaman (2018), spécialiste de l’horreur à petit budget, puis à plus gros eu égard aux succès obtenus. Les dossiers Warren ne sont pas ceux du procureur qui instruisit l’assassinat de JFK, mais ceux d’un couple, les Warren, de chasseurs de fantômes. Pas de rigolade type Ghostbusters - Ivan Reitman (1984) -, mais un film à frissons, suffisamment réussi pour avoir lancé la franchise Conjuring.

24.00 : Sherlock Holmes contre Jack l’Éventreur de James Hill (1965), TCM
Seul passage : le 17 mars 2019, à 02.45. Cette fois, l’horaire est meilleur. Ce serait dommage de se priver de cette petite perle trop peu connue, soigneusement réalisée par un cinéaste dont on ne connaît que trop peu de choses, à l’exception de son curieux Le Capitaine Nemo et la ville sous-marine (1969), avec Robert Ryan dans le rôle-titre.

01.15 : La Dame de Malacca de Marc Allégret (1937), FR3
Décidément, le Cinéma de minuit survient à des heures de plus en plus déshonnêtes. C’est d’autant plus triste qu’il s’agit ce soir d’un film rare, datant de la décennie la plus réussie du réalisateur. Un roman, célèbre, de Francis de Croisset, de l’exotisme (la Malaisie), de l’amour, du drame, tout y est. Allégret tourna également une version allemande, ce qui semble tardif, le genre ayant été surtout pratiqué au début des années 30. Une distribution classieuse : Edwige Feuillère, Pierre Richard-Willm (en prince malais !), Gabrielle Dorziat, Jean Debucourt et Jacques Copeau, dans une de ses rares apparitions à l’écran (on n’en compte que quatre autres durant la décennie). Merci, Patrick Brion.



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