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Semaine télé du 27 novembre au 2 décembre 2021
Salut les câblés !
publié le samedi 27 novembre 2021

Jeune Cinéma en ligne directe


 

Max & Mary. L’humanité des petites choses de Adam Elliot (2009)

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 27 novembre 2021

 

20.50 : Soirée Pedro Almodovar, Club
Pour mémoire, au moins pour le second titre, à 22.40, Attache-moi (1989), déjà maintes fois proposé. Mais le premier, à 20.50, Kika (1993) est inédit sur le câble. Le film est intéressant, car il se situe à l’exact milieu de la carrière du cinéaste : c’est son douzième film, il en tournera douze ensuite. Il clôt la partie de sa filmographie dont on ne raffole pas et ouvre sur les œuvres bien plus concluantes, de La Fleur de mon secret (1995) à Douleur et gloire (2019). Avec ses actrices habituelles, Victoria Abril et Rossy de Palma, et Peter Coyote, acteur que l’on imaginait pourtant mal dans l’univers de la movida.

20.50 : Le Conseiller d’Alberto de Martino (1973), Classic
Inédit. Le réalisateur a suivi soigneusement les modes successives du film populaire italien : du péplum, du western, du polar, du film gore - Holocauste 2000 (1977) -, sans jamais faire preuve d’une personnalité quelconque. Mais c’est toujours efficace et il y a parfois des acteurs égarés par là, dans Rome contre Chicago (1968), il y avait ainsi John Cassavetes et Gabriele Ferzetti. Ce soir, outre l’inévitable Tomas Milian, on verra Martin Balsam et Francisco Rabal, vus ailleurs dans des films plus relevés, mais c’est toujours ça.

20.50 : Fame d’Alan Parker (1980), TCM
Inédit, à moins qu’il ne soit passé sans être signalé. Parker était un cinéaste heureux, qui, de Bugsy Malone (1976) à (au moins) The Commitments (1991), a réussi tout ce qu’il traitait, quel que soit le genre qu’il abordait, film musical avec Pink Floyd : The Wall (1982), polar avec Angel Heart (1987) ou drame politique avec Mississippi Burning (1988). Sur un canevas forcément attachant - huit jeunes intègrent la célèbre High School of Music & Art and Performing Arts de New York -, Parker a fait un tabac avec Fame et sa BO oscarisée. Étrangement, aucun des acteurs n’a fait ensuite de véritable carrière à l’écran.

23.00 : Graffiti Party de John Milius (1978), TCM
Inédit. On ose avouer ne l’avoir jamais vu, Milius n’étant pas notre réalisateur favori et le surf n’étant pas un sujet qui nous émeut. Mais il y a au générique des acteurs intéressants qui n’ont pas le renom qu’ils méritaient, comme Jan Michael Vincent et Gary Busey. Et Patti D’Arbanville, si bien chantée par Cat Stevens. Une curiosité : la présence du vieux routier Hank Worden, 227 films dont 16 avec John Ford.

 

Dimanche 28 novembre 2021

 

Soirée exemplaire : aucun inédit parmi les 23 films (et une série) proposés par les divers bouquets. Mais on peut revoir, à 20.50, Brewster McCloud de Robert Altman (1970), sur Classic, et/ou, à 22.25, Ava de Léa Mysius (2017) sur OCS City.

 

Lundi 29 novembre 2021

 

Bis repetita placent : nouvelle soirée exemplaire, avec tout de même un inédit.

20.50 : Pontcarral, colonel d’Empire de Jean Delannoy (1942), Classic
Eh oui, Delannoy, dont on attend, après Decoin, Verneuil, Grangier, sinon une réhabilitation du moins une remise en perspective. Car s’il a souvent tourné des films qui ont vieilli, il en a tourné de remarquables, tels L’assassin a peur la nuit (1942), Le Garçon sauvage (1951) ou La Route Napoléon (1953), d’un cynisme étonnant - sans oublier ses deux Maigret, Maigret tend un piège (1957), et L’affaire St-Fiacre (1958). Pontcarral, en 1942, fut une bouffée d’héroïsme et de panache, exaltation d’un sentiment national d’une tonalité rare dans le cinéma de l’Occupation. Avec Pierre Blanchar, mais surtout la trop méconnue Annie Ducaux.

 

Mardi 30 novembre 2021

 

Un net progrès ce soir, puisque l’on a droit à trois inédits.

20.50 : Les Frères del Hierro d’Ismaïl Rodriguez (1961), Classic
Sauf erreur, on ne se souvient pas d’avoir vu un seul film de Rodriguez distribué ici. S’il présenta à Cannes, en 1959, La cucaracha, il ne semble pas que le film soit ensuite sorti. De même pour Los hermanos de Hierro, présenté en ce moment à Nantes au Festival des Trois Continents, que l’on découvrira avec intérêt. L’auteur a tourné plus de cent films, voilà un beau territoire à explorer.

22.10 : Billie de James Erskine (2019), OCS City
Documentaire inconnu. Mais rien de ce qui concerne Billie Holiday ne nous est étranger. Et on imagine que l’on va découvrir des documents rares sur la plus grande chanteuse de jazz, toutes décennies confondues.

22.15 : La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil de Joann Sfar (2015), OCS Choc
Le roman de Sébastien Japrisot avait-il besoin d’une nouvelle adaptation, après celle d’Anatole Litvak en 1970 ? On avait l’impression que l’essentiel en avait été fidèlement exploité. Entre le casting d’époque, Samantha Eggar, Oliver Reed, Stéphane Audran, et celui d’aujourd’hui, Stacy Martin, Benjamin Biolay, Freya Mayor, notre choix est fait. Mais un inédit reste un inédit.

 

Mercredi 1er décembre 2021

 

Tableau de chasse identique : trois titres à sauver.

20.50 : Je ne rêve que de vous de Laurent Heynemann (2018), Émotion
Inédit. Retour au grand écran du réalisateur, après presque vingt ans de téléfilms qui ont la particularité d’être tous réussis (enfin, la quinzaine que l’on connaît). Belle idée de retracer les années de Guerre de Léon Blum, à travers son amour pour Jeanne Reichenbach, sans tomber dans l’émotion facile. Hippolyte Girardot l’incarne de façon très juste et Elsa Zylberstein est une Jeanne remarquable. Philippe Torreton assume le rôle du vilain Laval - que reprendra Patrick Chesnais dans Laval, le collaborateur (2020), le téléfilm que Heynemann vient de tourner.

22.30 : The Way Back de Gavin O’Connor (2020), Premier
Inédit et inconnu - sorti uniquement en VOD. Ben Affleck en ancien basketteur alcoolique, pourquoi pas ? Mais sans garantie.

22.30 : Les Sept Chemins du couchant d’Harry Keller (1960), TCM
Inédit, comme tous les films de Keller. Celui-ci avait une petite réputation dans les années 60, puisque Tavernier & Coursodon lui accordent une notice dans 50 ans de cinéma américain. Notice d’ailleurs peu élogieuse, avec une certaine raison, car ses films n’ont jamais dépassé une bonne moyenne standard. Il faut dire que ses principaux westerns, celui-ci et Six chevaux dans la plaine (1963) étaient interprétés par Audie Murphy… Mais on y trouve aussi, comme dans le plus intéressant, La Journée des violents (1958) les acteurs de second plan que l’on aime, Barry Sullivan, John McIntyre ou Jack Kruschen.

 

Jeudi 2 décembre 2021

 

20.50 : Soirée Angélique, Classic
Après avoir été présenté sur de multiples chaînes de la TNT, la pentalogie de Bernard Borderie est enfin honorée par le bouquet Ciné+. Dans l’ordre, quatre des cinq mouvements de la saga : à 20.50, Angélique, marquise des Anges (1964) ; à 22.40, Merveilleuse Angélique (1965) ; à 00.20, Angélique et le Roy (1966) ; à 02.05, Indomptable Angélique (1967). Le programme annoncé n’allant pas au-delà, on ne sait si Angélique et le Sultan (1968) passera, vers 03.30. On peut se moquer de la série et penser que Borderie avait la patte un peu lourde, il n’empêche que les aventures de la belle Angélique de Sancé de Monteloup comtesse de Peyrac ont constitué un des plus grands succès populaires des années 60 (plus de 11 millions de spectateurs) et que les wagons d’acteurs familiers qui y apparaissent assurent le plaisir du feuilleton : Robert Hossein et sa balafre, Jean Rochefort, Giuliano Gemma, Claude Giraud, Sami Frey. On peut se laisser aller sans honte.

21.30 : Nos futurs de Rémi Bezançon (2015), OCS Max
Le seul film de l’auteur encore inédit sur le câble. Toujours une histoire de trentenaires, comme depuis Ma vie en l’air (2005) et Le Premier Jour du reste de ma vie (2008), un peu moins convaincante peut-être, car la typologie de ses deux héros, Pierre Rochefort et Pio Marmaï, est un peu attendue. Mais il y a le petit monde des comédiens toujours à l’aise chez Bezançon, Zabou Breitman, Camille Cottin, Mélanie Bernier, Aurélien Wiik, Micha Lescot

22.40 : Marionette d’Elbert van Strien (2020), OCS Choc
Inédit et inconnu : pas de sortie autre qu’en VOD. On ne sait rien de l’auteur, faute de connaître Two Eyes Staring (2011), son seul autre long métrage, distribué en DVD. La présence de Peter Mullan rend curieux.

 

Vendredi 3 décembre 2021

 

20.40 : Le Dingue du palace de Jerry Lewis (1960), OCS Géants
Inédit. Le premier film réalisé par celui qui fut longtemps considéré comme un comique un peu débile avant d’être découvert comme un auteur - un coup de chapeau à Robert Benayoun, un des seuls critiques à s’y intéresser dans les années 50. Notons que, comme pour Chaplin dont le nom en français, Charlot, n’apparaît jamais dans les titres originaux, celui de Jerry est une invention française : à l’exception de Jerry Hotchkiss dans Le clown est roi de Joseph Pevney (1954), aucun de ses soixante et quelques autres personnages ne se prénomme ainsi. Ceci étant dit, The Bellboy était attendu au tournant. Tournant fort bien négocié, et les trois films qu’il enchaîna dans les deux années qui suivirent le confirmèrent : Le Zinzin d’Hollywood (1961), Le Tombeur de ces dames (1961) et surtout Docteur Jerry et Mister Love (1963) sont des réussites incontestables et incontestées - et certainement la meilleure part de sa filmographie.

20.50 : L’Ombre de Staline d’Agnieszka Holland (2019)
Inédit. Un seul titre d’AH passé sur le câble, Washington Square (1997), proposé le 10 juillet 2016. Carrière atypique que celle de cette Polonaise, qui a très peu tourné là-bas : Acteurs provinciaux est un bon souvenir de Cannes 1979) et surtout un peu partout, en Allemagne, en France, aux USA, dont un Rimbaud Verlaine (1995), avec Leonardo DiCaprio et David Thewlis, où elle a même réalisé des épisodes de séries aussi puissantes que The Wire ou Treme. Le film revient sur l’Holodomor, la famine en Ukraine en 1932 et 1933.

20.50 : Soirée pop, Émotion
Deux inédits : à 20.50, Vox Lux de Brady Corbet (2018) et à 22.40, Les Doors d’Oliver Stone (1991). Le premier, l’accession à la célébrité d’une chanteuse pop, est inconnu car disponible seulement en DVD, malgré son générique - Natalie Portman, Jude Law, Stacy Martin -, le second est justement célèbre et parvient à faire de Val Kilmer un Jim Morrison crédible, ce qui n’était pas donné. La BO est évidemment un régal.

20.50 : Soirée Gennaro Righelli, Classic
Inédits et inconnus. En effet, Righelli est un vieux routier à peu près totalement oublié, qui a tourné une centaine de films entre 1910 et 1947, pas forcément indifférents - son adaptation muette (1929) du Rouge et le Noir avec Lil Dagover en Madame de Rénal et Ivan Mosjoukine en Julien Sorel était soignée -, et qui a traversé toutes les périodes du cinéma italien, des dive au néoréalisme. Les deux titres de ce soir, presque les derniers qu’il a réalisés sont donc des raretés, seul le second étant sorti en France, en novembre 1949. À 20.50, Au diable la misère (1945), et à 22.20, Au diable la richesse (1946). Dans chacun, Anna Magnani en vedette, avec un inconnu dans le premier, Nino Besozzi, et une star dans le second, Vittorio De Sica. Et pour les deux, Mario Monicelli au scénario, en compagnie de plusieurs autres, comme toujours dans les films italiens du temps. Découverte assurée.



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