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Bogdanovich, Peter (1939-2022)
Brève
publié le vendredi 7 janvier 2022

Jeune Cinéma en ligne directe
Journal de Shi-Wei 2022 (vendredi 7 janvier 2022)


 


Vendredi 7 janvier 2022

 

Peter Bogdanovich (1939-2022) est mort hier, le jeudi 6 janvier 2022.


 

Tout le monde connaît son nom, et on est, en général, capable de citer son film La Dernière séance (The Last Picture Show, 1971) qui reçut deux Oscars en 1972 et constitue la pièce maîtresse de sa courte apogée, comme réalisateur, au tournant des années 1970.


 

Avec quelques autres films, comme La Cible (Targets, 1968), sa première fiction, dont Samuel Fuller était le coscénariste et Boris Karloff la star.


 

Ou bien ceux qu’on a pu voir au Festival de Cannes 1985, comme Mask (1985), Prix de la meilleure actrice pour Cher, et qui reçut un Oscar en 1986, pour le meilleur make up.


 

On peut aussi généralement le citer comme acteur, dans quelques œuvres très connues comme ses débuts avec Roger Corman dans Les Anges sauvages (The Wild Angels) (1966), où on ne le voit guère, Lions’Love de Agnès Varda (1969) où on préfère regarder Viva, ou Opening Night de John Cassavetes (1977), où il n’est même pas crédité.
Il a pourtant à son actif une importante filmographie, comme acteur (57 rôles entre 1958 et 2021), et comme réalisateur (34 entre 1967 et 2018), dont la moitié pour la télévision à partir de 1994. Il avait d’ailleurs commencé par la télé, avec, en 1967, un entretien The Great Professional : Howard Hawks.

Mais il aura surtout été une très importante figure du mouvement qu’on a appelé le Nouvel Hollywood, qui, de la fin des années 1960 au début des années 1980, a bouleversé le paysage de l’industrie et de l’art, celui des hiérarchies professionnelles et des pouvoirs, comme celui des idées et des œuvres. De cette nouvelle vague, il fut le chroniqueur savant et un grand cinéphile respecté, que certains ont comparé à l’historien Kevin Brownlow. Dès le début des années 1960, il s’était fait connaître comme programmateur de films au MoMA, avec suffisamment de poids pour réévaluer Howard Hawks, alors sous-estimé, ou redécouvrir Allan Dwan, carrément oublié. Il faut aussi mentionner la quinzaine d’ouvrages qu’il écrivit par la suite dont cinq ont été traduits en français.

On note tout particulièrement sa relation privilégiée avec Orson Welles (1915-1985), qu’il avait rencontré en l’interviewant sur le tournage de Catch-22 de Mike Nichols (1970).


 


 

C’est lui qui, 40 dans plus tard, reprit le film inachevé de son ami, De l’autre côté du vent (The Other Side of the Wind, 1970-1976) pour en faire un montage, sélectionné à la Mostra de Venise et repris au Festival Lyon-Lumière, en 2018.


 

Nous, nous avons une sorte d’admiration secrète pour lui, qui vient de ce qu’en 1959, à 20 ans à peine, il avait monté, Off-Broadway, une pièce de théâtre, Le Grand Couteau (The Big Knife, 1949) du grand Clifford Odets (1906-1963, et sous sa bénédiction.

Aujourd’hui, on peut aller le saluer sur Internet en regardant sa série Peter Boganovich recommends. Il s’agit d’une série de 70 courtes séquences télévisuelles, créées, à la fin des années 80, par lui et Louise Stratten. Il disait avoir considéré ce travail comme une sorte de service public.

* Peter Bogdanovich Recommends : Orson Welles.


 

* Peter Bogdanovich Recommends : Greta Garbo.


 

Bonnes lectures :

* Les Maîtres d’Hollywood. Entretiens avec Peter Bogdanovich, traduction de Mathilde Trichet & Julien Marsa, tomes 1 et 2, Nantes, Capricci, 2018.


 


 

* Jean-Baptiste Thoret, Le cinéma comme élégie : Conversations avec Peter Bogdanovich, Paris, Carlotta/GM Editions, 2018.


 

Sur France Culture.

TCM Remembers Peter Bogdanovich.


 



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