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Semaine télé du 5 au 11 février 2022
Salut les câblés !
publié le samedi 5 février 2022

Jeune Cinéma en ligne directe


 

Comédie-Française-Aller & retour, à la Fondation Seydoux-Pathé (15 janvier-16 avril 2022).

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 5 février 2022

 

20.50 : Barnie et ses petites contrariétés de Bruno Chiche (2001), Club
Inédit, à moins qu’on ait négligé de le signaler. De toutes façons, c’est le seul titre pas encore vu et revu proposé par le bouquet Ciné+ (les semaines se suivent…). Premier film en forme de comédie réussie, dans lequel le héros (Fabrice Luchini) est coincé entre sa femme (Nathalie Baye), sa maîtresse (Marie Gillain) et son amant (Hugo Speer). Scénario à la Feydeau, mais qui échappe à la seule mécanique comique des situations. Depuis, Chiche n’a pas vraiment confirmé : Je n’ai rien oublié (2010), pesant et L’Un dans l’autre (2016), pénible.

20.50 : Soirée Agatha Christie, TCM
Pas de quoi se réjouir, puisque c’est exactement la même soirée que celle proposée par OCS Géants le 17 août 2019 : à 20.50 Mort sur le Nil de John Guillermin (1978), suivi par, à 23.05, Meurtre au soleil de Guy Hamilton (1982). Bonne soupe dans de vieux pots. En prime, un troisième Hercule Poirot, Le miroir se brisa de Guy Hamilton (1980), déjà vu le 2 novembre 2019. Les semaines se suivent… (bis)

22.15 : L’Opéra de Jean-Stéphane Bron (2017), OCS City
Programmé le 16 avril 2018, mais il n’y a aucun autre titre à relever sur OCS.

22.40 : La Morte-saison des amours de Pierre Kast (1961), Classic
Pas inédit et son seul passage est assez récent, le 5 juin 2021. Mais ce troisième film de l’auteur du Bel Âge (1959) fait partie de nos films de chevet, et on n’hésitera pas à le choisir à chacune de ses apparitions. Pourquoi ? Parce que Françoise Arnoul, Daniel Gélin, Françoise Prévost et Pierre Vaneck. Parce que la saline d’Arc-et-Sénans, alors en déshérence et qui n’a jamais été aussi bien filmée. Parce que l’élégance de ton de Kast, etc. Ça ne se discute pas.

 

Dimanche 6 février 2022

 

20.40 : En mai, fais ce qu’il te plaît de Christian Carion (2015), OCS Max
Inédit. Carion serait-il un cinéaste saisonnier ? Une hirondelle a fait le printemps (2001), Joyeux Noël (2005), En mai… Il ne s’agit pas ici de mai 68, quoiqu’en laisse penser le titre, mais de mai 40 et du temps de l’exode de la population proche des frontières du Nord, fuyant l’avancée des troupes allemandes - le titre est donc une antiphrase. La reconstitution est un peu guindée - quel film a pu reconstituer sans faute cette époque ? -, mais Mathilde Seigner et Olivier Gourmet assurent la crédibilité. Pour les amateurs d’acteurs, August Diehl et Alice Isaaz, dans des genres différents.

20.50 : Soirée chiffons, Émotion
Joie ! Deux inédits ! À 20.50, Haute couture de Jocelyn Moorhouse (2015) - ne pas confondre avec le Haute couture de Sylvie Ohayon (2021 -), sorti en novembre 2021 en salles. Celui-ci était jusqu’alors seulement disponible en DVD, malgré ses interprètes, Kate Winslet et Judy Davis. À 22.45, 27 robes d’Anne Fletcher (2008), pas centré sur la mode mais sur ses addicts : Katherine Heigl en est à son vingt-septième mariage comme demoiselle d’honneur, et autant de tenue d’apparat.

20.50 : L’Homme qui vendit son âme de Jean-Paul Paulin (1943), Classic
Une rareté véritable. Lorsque Les Documents cinématographiques rééditèrent il y a quelques années plusieurs films de Paulin (Cf. Jeune Cinéma n°354, automne 2013), ce titre restait introuvable et les renseignements à son sujet minuscules - trois lignes dans Les Oubliés du cinéma français de C. Beylie & P. d’Hugues, quinze lignes dans L’Encinéclopédia de P. Vecchiali, qui en écrit, comme souvent, pis que pendre. On va donc enfin juger sur pièce ce film inconnu, redécouvrir la trop oubliée Michèle Alfa, supporter André Luguet, mais surtout apprécier Robert Le Vigan dans le rôle de Méphistophélès, assurément aux antipodes de celui de Palau dans La Main du Diable de Maurice Tourneur (1943).

22.10 : Poséidon de Wolfgang Petersen (2006), OCS Choc
Inédit. On peut faire la fine bouche devant les blockbusters réalisés par Petersen, il est indéniable qu’il connaît son affaire : Le Bateau (1981), Alerte ! (1995) ou En pleine tempête (2000) sont de beaux produits. Encore une catastrophe maritime ce soir, puisqu’il s’agit d’un remake de L’Aventure du Poséidon de Ronald Neame (1972), qui nous avait déjà bien secoués à l’époque. Moins de stars que dans la version cinquantenaire, mais tout de même Kurt Russell et Richard Dreyfuss.

 

Lundi 7 février 2022

 

20.40 : La Vie très privée de Monsieur Sim de Michel Leclerc (2015), OCS Max
Inédit. Ce n’est pas une biographie des jeunes années de Georges Simenon, lorsqu’il écrivait sous pseudonyme, mais un road-movie à travers l’Hexagone sur les traces d’un VRP en brosses à dent. Leclerc est un des talents les plus certains de sa génération de cinéastes, qui sait se renouveler à chaque fois tout en demeurant reconnaissable, de Nom des gens (2010) à son dernier Pingouin et Goéland (2021), via La Lutte des classes (2019), tous aussi savoureux. Jean-Pierre Bacri (c’est lui le voyageur dépressif) va croiser du beau monde, Mathieu Amalric, Valeria Golino, Vimala Pons, Isabelle Gélinas, Félix Moati, Vincent Lacoste, Carole Franck, que des gens estimables.

20.50 : Suzanna Andler de Benoît Jacquot (2021), Club
Inédit. Jacquot avait toute la légitimité pour adapter Marguerite Duras, avec laquelle il fit ses premières armes. Mais on peut être légitime sans réussir son coup - et inversement, comme on le verra bientôt avec le dernier film de Claire Simon, Vous ne désirez que moi, encore inédit, recréation superbe de la relation amoureuse Marguerite-Yann A. Faute d’avoir vu sur scène la pièce originale, on ne peut pas comparer. Mais il n’est pas possible qu’elle ait été aussi ennuyeuse que cette version corsetée, où même Charlotte Gainsbourg peine à donner la moindre épaisseur à son personnage, et où Nils Schneider est lâché comme un jeune chien. Jacquot tourne très vite et alterne film remarquable et film empesé. Vivement le prochain.

20.50 : Chef de réseau d’André De Toth (1958), Classic
Inédit. Première incursion en Europe depuis 1939 pour le quatrième borgne hollywoodien. Après La Chevauchée des bannis, son ultime western, l’année suivante, il s’installera en Italie où il signera quelques titres qu’il vaut mieux oublier, avant de clore sa carrière sur le magnifique Enfants de salaud (1968). Ce soir, film d’espionnage standard, avec Jack Hawkins et Gia Scala (et Michael Caine dans un petit rôle), tout à fait recommandable.

22.20 : Commando sur Saint-Nazaire de Compton Bennett (1952), Classic
Déjà passé, le 6 novembre 2017, c’est juste pour rester dans l’ambiance Seconde Guerre mondiale.

 

Mardi 8 février 2022

 

20.40 : Le Convoi de Frédéric Schoendoerffer (2016), OCS Choc
Inédit. Et c’est la seule raison de son signalement, car sinon, l’auteur, après ses premiers films d’action pleins d’intérêt, Scènes de crimes (2000) et Agents secrets (2004) a sérieusement réduit la voilure, et ce n’est pas ce go-fast-movie qui nous a fait changer d’avis. Tout est prévisible dans cette livraison de drogue entre Malaga et Creil, le seul Benoît Magimel semblant croire à ce qu’il interprète.

20.40 : Profession : Magliari de Francesco Rosi (1959), OCS Géants
Unique passage de ce film rare (le troisième de l’auteur) : le 5 mai 2018.

20.50 : Last Christmas de Paul Feig (2019), Émotion
Inédit. En retard ou en avance sur la saison, "le genre de film qui donne envie de casser les jouets sous le sapin", comme il fut joliment écrit. On peut juste se demander ce qui est passé par l’esprit d’Emma Thompson de coécrire un tel scénario - et aussi de l’interpréter. Il faut dire que Paul Feig n’est pas un perfectionniste dans la direction d’acteurs. Au moins, il y a Michelle Yeoh, toujours impeccable.

22.20 : Le Soupir des vagues de Koji Fukada (2018), Club
Inédit. Après Hospitalité (2010), Harmonium (2016), L’Infirmière (2019), la chaîne donne à Fukada la place qui lui revient. Le titre alternatif, L’Homme qui venait de la mer, est banal mais décrit bien la situation. Le film a-t-il trouvé son public ? Sa sortie en plein milieu de l’été 2021 n’a pas dû favoriser sa réception. Rattrapage conseillé.

22.20 : Mineurs 27 de Tristan Aurouet (2010), OCS Choc
Inédit. Aurouet a voulu donner plus de poids à son scénario en multipliant les pistes, suspense, lourd secret, esthétique recherchée, et finit par se prendre les pieds dans le tapis. Jean-Hugues Anglade joue comme d’habitude sur l’ambiguïté et c’est un des premiers films où apparaît Finnegan Oldfield.

 

Mercredi 9 février 2022

 

20.40 : Walter de Varante Soudjian (2018), OCS Max
Inédit. Premier film. Film de braquage, film de banlieue, film de potes. Interprété, plutôt maladroitement, par des jeunes, figures célèbres, paraît-il, de youtube. Comme on n’a pas fini d’en voir, autant s’y habituer.

20.50 : Police d’Anne Fontaine (2020), Premier
Inédit. La réalisatrice tourne beaucoup, dix-huit films en moins de trente ans, peu de cinéastes peuvent en dire autant. Sont-ils tous aussi nécessaires ? Surtout appartiennent-ils tous au même univers ? On en doute parfois, tant on peine à relier des titres comme Coco avant Chanel (2009), Gemma Bovery (2014) ou Blanche comme neige (2019). Pourquoi alors se pencher sur les tâches quotidiennes des flics de base, ce qu’on a déjà pas mal entrevu depuis Un flic de Maurice de Canonge (1947) jusqu’aux Misérables de Ladj Ly (2020) ? Heureusement il y a Virginie Efira, constamment étonnante, Omar Sy et Grégory Gadebois.

20.50 : Yoyo de Pierre Étaix (1965), Classic
Dernier passage le 1er mars 2017.

22.30 : Les Chants de l’oubli de Marianne Hougen-Moraga & Estephan Wagner (2020), OCS Max
Documentaire inconnu, en exclusivité sur le bouquet OCS. Le sujet, fort intéressant : les souvenirs des habitants d’une colonie allemande comme il y en eut plusieurs après 1945 en Amérique latine. En préface : à 20.40, Colonia de Florian Gallenberger (2005), fiction passée le 22 mai 2018.

 

Jeudi 10 février 2022

 

20.40 : Styx de Wolfgang Fisher (2018), OCS City
Inédit. Inconnu. Le drame des migrants. On craint que, docs ou fictions, le cinéma n’y puisse pas grand-chose.

20.40 : Soirée Lina Wertmüller, OCS Géants
À peu près la même soirée que le 17 août 2021, mais dans un ordre différent, d’abord I basilischi (1963) puis à 22.00, Vers un destin insolite… (1974). Rien de nouveau, sauf que, depuis, la cinéaste est morte le 9 décembre 2021, à 93 ans. Donc il s’agit vraiment d’un hommage.

20.50 : Brothers in Arms d’Henry Alex Rubin (2019), Frisson
Inédit et inconnu - seulement disponible en DVD depuis janvier 2021. Réalisateur inconnu, acteurs idem. Au moins, une soirée de découverte.

20.50 : Le Maître d’école de Claude Berri (1981), Famiz
Inédit. Le problème de Coluche : son génie le rendait incapable de se glisser dans la peau d’un personnage de film. Il était fait pour la scène, l’improvisation, le contact, la répartie. Avant même que ses sketchs le rendent célèbre, il suffisait de le voir dans un des spectacles qu’il montait alors, "Introduction à l’esthétique" ou "Ginette Lacaze", pour deviner qu’il s’agissait d’une nature irréductible. Et aucun des personnages comiques qu’il a interprétés à l’écran n’est vraiment satisfaisant. Seul Tchao, pantin (1983) tient le coup, car il échappe à la typologie habituelle. Le film de ce soir en est un bon exemple : il est là, mais d’autres auraient pu y être sans que ça change grand-chose. Mais Le Maître d’école est un peu oublié et c’est une bonne occasion de relire Journal d’un éducastreur de Jules Celma, dont le film est l’adaptation.

20.50 : L’École buissonnière de Jean-Paul Le Chanois (1949), Classic
Inédit. Ne pas confondre avec L’École buissonnière de Nicolas Vanier (2017). On a dit beaucoup de mal de Le Chanois, parfois avec raison (sa lourdeur, son populisme gentil), mais parfois injustement, car certains de ses films étaient courageux en leur temps - Le Cas du Docteur Laurent (1957) et l’accouchement sans douleur, et le film de ce soir, belle défense et illustration des méthodes pédagogiques Freinet, qui n’avaient pas bonne presse. Bernard Blier est remarquable en instituteur-éveilleur et cette École à contre-courant eut une grande importance au début des années 50.

 

Vendredi 11 février 2022

 

20.40 : Soirée René Clair, OCS Géants
Puisqu’il faut bien signaler quelque chose sur OCS, bouquet lui aussi atteint par la paresse dans l’invention, on peut se rabattre sur les deux films qui inaugurent les années 50 du cinéaste, à 20.50 La Beauté du Diable (1950), et, à 22.20, Les Belles de nuit (1952), tous deux avec Gérard Philipe, en vedette dans le premier (avec Michel Simon, tout de même), au milieu de tous les acteurs français dans le second. Du solide et toujours agréable. Et si on tient le coup, on peut revoir dans la foulée, à 23.45, Les Disparus de St-Agil de Christian-Jaque (1938), en hommage à Pierre Véry, aux Chiche-capons et au squelette Martin.

20.50 : Soirée Peter Sellers, Classic
Le second titre du programme n’est pas une découverte, à 22.25, La Souris qui rugissait de Jack Arnold (1959) est passé une première fois le 9 novembre 2018 et plusieurs fois depuis, souvent au cœur de la nuit. Mais le premier, à 20.50, Jules de Londres de Cliff Owen (1963), nous est inconnu et bien que imdb lui attribue une date de sortie (le 1er juin 1966), n’éveille aucun souvenir. Ce The Wrong Arm of the Law est un maillon manquant dans notre connaissance de Sellers, alors en pleine notoriété : il venait de tourner Lolita de Stanley Kubrick (1962) et allait enchaîner avec La Panthère rose de Blake Edwards (1963) et Dr. Folamour de Kubrick (1964). Owen est un réalisateur très peu connu - le dictionnaire de Lacourbe et Lefèvre, Trente ans de cinéma britannique, ne lui consacre qu’une quinzaine de lignes et sans filmographie, c’est dire son peu de cas. Sa Déesse des sables (1967) était pourtant une suite agréable à La Déesse de feu de Robert Day (1965), toujours d’après She de H. Rider Haggard, cette fois-ci sans Ursula Andress, mais avec Olinka Berova, ce qui lui était préjudiciable.



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