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Semaine télé du 30 janvier au 5 février 2021
Salut les câblés !
publié le samedi 30 janvier 2021

Jeune Cinéma en ligne directe

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Le feu en présentiel.

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 30 janvier 2021

 

22.30 : A Bread Factory, Part 2 : un petit coin de paradis de Patrick Wang (2018), OCS City
La suite de la première partie, vue la semaine dernière, le même soir que les films de Morris Engel, ce qui n’est pas sympathique pour les spectateurs amateurs de cinéma différent.

22.45 : Ghost World de Terry Zwigoff (2001), TCM
Unique passage le 25 octobre 2014. Aucun autre film de l’auteur n’a jamais été programmé et c’est regrettable, car les quatre qu’il a pu réaliser sont remarquables, de son doc sur Crumb (1994) à Art School Confidential (2006), en passant par celui-ci et le superbe Bad Santa (2003) - enfin la vérité sur le Père Noël. Ici, Scarlet Johansson, 17 ans, entamait son dixième film, mais c’est Thora Birch, qui n’a pas eu la même carrière, qui illumine l’écran.

23.00 : Lovers and Lollipops de Morris Engel & Ruth Orkin (1956), Classic
Suite de la découverte de l’œuvre (courte) des deux photographes new-yorkais, dont on a pu apprécier la semaine dernière The Little Fugitive. Second et dernier film signé ensemble ; l’aspect fictionnel est plus marqué (bien qu’il s’agisse d’acteurs non-professionnels), moins apparemment saisi sur le vif que les aventures des gamins à Coney Island. Mais les moyens sont les mêmes, le style tout autant. Le coffret qui contient les trois titres, avec Weddings and Babies (1958), édité par Carlotta il y a une dizaine d’années doit encore être trouvable.

00.00 : Le Fruit défendu d’Henri Verneuil (1952), France 5
Changement de jour pour le Cinéma de minuit, qui abandonne le lundi. Pas vraiment une découverte, sinon celle de Fernandel, médecin respectable saisi par la débauche (mais celle-ci a les yeux de Françoise Arnoul et on le comprend). Un peu lourd, mais propre, comme les Verneuil des débuts, de La Table-aux-crevés (1951) jusqu’à Des gens sans importance (1956), sommet de sa décennie. On peut revoir le film, mais surtout relire le roman de Simenon adapté, le magnifique Lettre à mon juge.

01.10 : Peau de banane de Marcel Ophuls (1963), OCS Géants
Premier long métrage de Marcel O., à l’époque où il devait se faire un prénom. De la fiction comme il a refusé d’en faire après Faites vos jeux, mesdames (1965) pour se consacrer aux documentaires, avec le succès que l’on sait. Même s’il a renié cette période Série Noire, le film n’est pas honteux, au contraire - Jean-Paul Belmondo, Jeanne Moreau, Claude Brasseur, Jean-Pierre Marielle - et l’adaptation du roman de Charles Williams est signée Claude Sautet.

 

Dimanche 31 janvier 2021

 

20.50 : Le Défi de Francesco Rosi (1959), Classic
Inédit, comme plusieurs films de Rosi, Salvatore Giuliano (1961), Eboli (1978), Trois frères (1980) ou La Trêve (1996). On le remarquait il y a quatre mois, lors du passage du Moment de la vérité (1965). Pas de progrès depuis, inutile de rêver. Le cinéaste faisait ses gammes, mais déjà perçaient les thèmes qui lui seront chers, comme les mécanismes de la Mafia (plutôt la Camorra, puisque le film se déroule à Naples).

22.30 : Trois étés de Sandra Kogut (2019), OCS City
Inédit et inconnu - le film est sorti en mars 2020, à la veille du premier confinement, et a été repris à la veille de l’été, en juin. Troisième long métrage de fiction d’une réalisatrice brésilienne, dont on n’a pas vu les deux premiers. Une découverte, assurément.

22.45 : 2 jours à Los Angeles de John Herzfeld (1996), Paramount Channel
Inédit et inconnu, c’est la soirée. Il serait sorti en juillet 1997, mais on ne s’en souvient pas, pas plus, malgré Robert De Niro, que de 15 minutes (2001), le seul autre titre de Herzfeld présenté dans nos salles.

 

Lundi 1er février 2021

 

20.50 : Thalasso de Guillaume Nicloux (2019), Club
Inédit. On persiste à ne pas perdre Nicloux de l’œil, des fois qu’il nous surprenne de nouveau, comme il avait su le faire lors de Cette femme-là (2003) ou de The Valley of Love (2015). Mais il retombe ici dans ses errances expérimentales mal bidouillées : on est dans la foulée de L’Enlèvement de Michel Houellebecq (2015), encore, hélas, avec l’écrivain, en duo avec Depardieu, nus sous leurs peignoirs de cure durant tout le film, spectacle terrorisant.

20.50 : La Baie du guet-apens de Ron Winston (1966), Classic
Inédit. On se souvient d’avoir vu le film à sa sortie, en 1967, mais aucune image ne surnage. Il faut dire qu’un film de guerre dans les Philippines n’a guère de raison de s’inscrire dans la mémoire plus qu’un autre, s’il n’est pas signé Allan Dwan, Fritz Lang ou Nicholas Ray. Même avec Mickey Rooney, comme c’est le cas ce soir.

22.20 : Séraphine de Martin Provost (2008), Club
Cf. note du 25 février 2017.

 

Mardi 2 février 2021

 

20.40 : Joueurs de Marie Monge (2018), OCS Choc
Inédit. Premier film intéressant, sur le thème classique de la dépendance, comme le titre l’indique, mais tout à fait bien tenu, grâce à Tahar Rahim et à Stacy Martin. Sélectionné à Cannes, section Un Certain Regard.

20.50 : Celle que vous croyez de Saffy Nebou (2019), Émotion
Inédit. L’auteur n’est pas prolifique, tout le monde n’est pas François Ozon. Mais chacun de ses films vaut le détour, et le câble a déjà proposé L’Autre Dumas (2010) et Dans les forêts de Sibérie (2016). Aucun point commun entre eux, sinon la diversité de leur inspiration, comme celui-ci, adapté d’un roman de Camille Laurens, jolie plongée dans les méandres des réseaux sociaux et de leurs mystifications. Juliette Binoche, Nicole Garcia, Charles Berling et François Civil, qui se fait peu à peu un chemin parmi les acteurs d’avenir.

20.50 : Soirée Paul Grimault, Famiz
Soirée rare, car à l’exception du Roi et l’Oiseau (1980) dont l’unique passage date du 16 juin 2016, le premier grand animateur du cinéma français n’a eu droit à aucune apparition sur le câble. Le programme n’indique pas les titres des six courts métrages proposés, sauf Le Marchand de sable (1942) et L’Épouvantail (1942), mais on peut imaginer qu’il comprend Le Voleur de paratonnerres (1944), Le Diamant (1970), Le Chien mélomane (1973) et évidemment le chef-d’œuvre qu’est Le Petit Soldat (1947), tous ou presque sur des scénarios de Jacques Prévert.
En complément de la soirée, à 22.15, un doc de Fabienne Issartel, Paul Grimault image par image (2003), que l’on découvrira avec intérêt.

22.20 : Be Natural : l’histoire inédite d’Alice Guy-Blaché de Pamela B. Green (2018), Club
On l’a longtemps affirmée comme une grande réalisatrice du cinéma muet, oubliée à cause de la misogynie des historiens. Sans doute. Mais pas totalement : Sadoul la citait comme une pionnière - La Fée aux choux (1896 ou 1901) -, Francis Lacassin lui consacre un chapitre de sa Contre-histoire du cinéma en 1972, Nicole Lise Bernheim tourne un documentaire en 1975 : Qui est Alice Guy. Son Autobiographie d’une pionnière du cinéma paraît en 1976. Le problème tenait surtout au manque d’accès aux œuvres, qui permettait de la présenter comme une méconnue. Depuis, grâce à Gaumont, on a pu découvrir une partie de sa production française jusqu’en 1907, et grâce aux festivals spécialisés, Pordenone et Bologne, une partie de sa production américaine à partir de 1910. On est encore loin de connaître les 453 titres répertoriés par IMDB, mais il ne s’agit plus vraiment d’une inconnue. Le doc de ce soir, le plus récent, fait le point sur l’état actuel des lieux. Un vrai film de près de deux heures, loin des 52 mn formatées habituelles. Alice Guy fut-elle une grande réalisatrice ? Une pionnière assurément, même si elle se révèle moins inventive que sa collègue Lois Weber au même moment.

20.50 : Soirée Roy Rowland, Classic
On éprouve une forte sympathie pour ce petit-maître, capable de briller dans tous les genres, le fantastique avec Les 5000 Doigts du Dr. T (1952), le musical avec Viva Las Vegas (1956) ou le polar avec Sur la trace du crime (1954). Ce soir, c’est la facette western qui est à l’honneur, avec, à 20.50, un inédit, L’Aventure fantastique (1955), qui n’a de fantastique que son titre français, l’américain Many Rivers to Cross décrivant mieux les démêlés de Robert Taylor avec les Indiens (heureusement qu’il y a à ses côtés Eleanor Parker, on le supporte mieux).
À la suite, à 22.20, Terreur dans la vallée (1957), passé récemment, le 3 novembre 2020, avec Stewart Granger et Rhonda Fleming.

20.50 : Un jour sans fin d’Harold Ramis (1993), TCM
Pour mémoire, évidemment. Le film prémonitoire par excellence.

22.25 : America de Claus Drexel (2017), OCS Choc
On ne connaît du réalisateur que ses excellents documentaires tournés en France, Au bout du monde (2013) et Les Amazones (2020). Pourquoi, en interrogeant les électeurs US ayant voté Trump, aurait-il perdu son sens de l’écoute et la qualité de son regard sur les paumés du monde ?

 

Mercredi 3 février 2021

 

20.50 : Volte-face de John Woo (1997), Frisson
Pas inédit mais son seul passage remonte quasiment à la préhistoire, au 21 mai 2015. On peut préférer les films qu’il a tournés à Hong Kong, les deux Syndicat du crime (1986 et 1987) ou The Killer (1989), il n’empêche qu’il s’est bien acclimaté à la Californie et qu’il a su utiliser à bon escient John Travolta, ici et dans Broken Arrow (1996).

C’est tout pour aujourd’hui. Mais on peut toujours revoir pour la cinquième fois Bienvenue à Gattaca de Andrew Niccol (1997), à 23.20 sur OCS City.

 

Jeudi 4 février 2021

 

20.40 : The Secret de Pascal Laugier (2012), OCS Choc
Cf. note du 28 septembre 2016.

20.40 : Soirée Luis Buñuel, OCS Géants
Pour mémoire. L’auteur a fait mentir l’affirmation du déclin des cinéastes en fin de carrière, en terminant sa filmographie par trois sommets. N’aurait-il tourné que Un chien andalou (1929) et L’Âge d’or (1930) qu’il aurait déjà eu sa place dans l’Histoire. Idem pour ses derniers titres : Le Charme discret de la bourgeoisie (1972), ce soir à 00.10 et Cet obscur objet du désir (1977), à 22.35, qui seraient suffisants pour que son nom figure sur les frontons. En prime, à 20.40, Le Fantôme de la liberté (1974), qui porte un peu trop ouvertement la griffe du Maître.

20.50 : Rocco et ses frères de Luchino Visconti (1960), Classic
Curieusement, aucune trace d’une programmation - à moins que le film ne nous soit apparu trop célèbre pour être signalé. De toutes façons, un tel morceau peut être dégusté ad libitum. Et comme toutes les autres propositions du bouquet Ciné+ sont dépourvus d’intérêt...

23.40 : Annie Girardot selon son cœur de Frédéric Zamochnikoff (2020), Classic
Doc inconnu (le titre nous fait frémir). Mais le cinéaste a déjà traité, et honnêtement, de Roman Polanski et de Simone Signoret. Donc, on fait confiance.

 

Vendredi 5 février 2021

 

20.40 : Soirée Adam Sandler, OCS Max
Comme il y a des amateurs de Jason Statham (cf. infra), il y a des spectateurs pour Adam Sandler - et nombreux : 80 films et séries en un peu plus de trente ans. Il faut faire avec. Ce soir, deux films inédits sur le câble : à 20.40, Amour et amnésie de Peter Segal (2004), suivi, à 22.20, de Click de Frank Coracci (2006). Remarquons que l’acteur sait s’entourer : d’abord Drew Barrymore, ensuite Kate Beckinsale.

20.50 : Soirée Jason Statham, Frisson
Strictement pour amateurs de gros bras sans trop d’expressions faciales comme l’acteur l’a déjà beaucoup montré (53 films en 28 ans). Pas le temps de réfléchir, on fonce. Ce n’est pas trop fatigant pour les neurones du cerveau, comme on peut le vérifier avec, à 20.50, Homefront de Gary Felder (2013), puis, à 22.25, avec Hyper tension de Mark Neveldine & Brian Taylor (2006), tous deux inédits.

20.50 : Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier (1978), Classic
Passé il y a peu, le 2 octobre 2020. Mais on l’indique pour signaler le bon ouvrage de Vincent Roussel sur Blier, qui vient de sortir aux éditions Marest et qui fait le tour de la question (compte rendu dans le prochain n° de Jeune Cinéma).

22.35 : Une veuve en or de Michel Audiard (1969), Classic
Pas inédit : dernier passage : 29 juin 2017. Le recueil de toutes les critiques cinématographiques que Michel Audiard a publiées entre 1946 et 1949, avant de devenir un scénariste professionnel, vient de paraître aux éditions Joseph K. Ouvrage fort intéressant, dans la mesure où il démontre son inaptitude critique : excepté Citizen Kane, il passe à côté de tous les grands films US du moment, assassinant (à grand renfort de calembours) Les Raisins de la colère, Qu’elle était verte ma vallée, Le Faucon maltais, Laura, La Splendeur des Amberson, etc. Fascinant.

00.05 : Délire Express de David Gordon Green (2008), OCS Max Il faut savourer les films de D.G. Green lorsqu’ils passent sur le câble, pas si souvent, mais régulièrement. On a revu avec plaisir il y a peu Que le meilleur gagne (2015), comme on avait pu apprécier auparavant George Washington (2000), L’Autre Rive (2004), Prince of Texas (2013), Joe (2014) et Manglehorn (2014).
Les nouveaux réalisateurs américains qui échappent au formatage, entre blockbusters et Sundance, ne sont pas si nombreux et Green est de ceux-là. Bizarre idée de passer pour la première fois un tel film à une telle heure, mais il faut s’en contenter.



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