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Semaine télé du 7 au 13 novembre 2020
Salut les câblés !
publié le samedi 7 novembre 2020

Jeune Cinéma en ligne directe

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La télé, c’est à consommer avec modération.
Les fantômes se vengent toujours de nos faiblesses.

Poltergeist de Tobe Hooper avec Steven Spielberg (1982).

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 7 novembre 2020

 

20.40 : La Veuve Couderc de Pierre Granier-Deferre (1971), OCS Géants
Cf. note du 9 mars 2017.

20.50 : Delirious de Tom Di Cillo (2007), Club
Ça tourne à Manhattan (Living in Oblivion, 1995) avait surpris, par son enthousiasme et son cynisme. Depuis, Di Cillo ne nous a pas vraiment déçus mais laissé un peu sur notre faim. Aurait-il épuisé tous les charmes de Manhattan ? Une vraie blonde (1998) et celui-ci sont des comédies modernes agréables, bien situées dans leur cadre, mais on a toujours envie d’un peu plus. Steve Buscemi, entre deux états, est comme d’habitude, parfait, Michael Pitt et Alison Lohman complètent le trio. En prime Gina Gershon et Elvis Costello himself.

20.50 : Feu de paille de Volker Schloendorff (1972), Classic
C’est le film qui nous fit découvrir Margarethe von Trotta, car les films qu’elle avait tournés, Baal, déjà de Schloendorff (pour la télé) et les films de Fassbinder, Le Soldat américain et Prenez garde à la sainte putain ne nous étaient pas encore parvenus. Donc, Margarethe, en divorcée éblouissante, traversant Munich sur son Solex. Elle avait coécrit le scénario avec son mari le réalisateur, elle allait bientôt diriger L’Honneur perdu de Katharina Blum (1975) - belle période pour le cinéma allemand.

22.05 : Le Mari de la coiffeuse de Patrice Leconte (1990), OCS Géants
En souvenir de Jean Rochefort.
Cf. note du 17 avril 2016.

22.30 : Le Mur du son de David Lean (1952), Classic
Un Lean inédit, curieux, datant du début des années 50 où il semblait hésiter sur ses thématiques : après avoir abandonné les adaptations de Dickens et avant de plonger dans les "grands" produits avec Le Pont de la rivière Kwai (1957), il tournait des films impeccables, passant d’un genre à l’autre, le film de procès avec Madeleine (1950), la comédie sociale avec Chaussure à son pied (1954), le mélodrame avec Vacances à Venise (1955) et réussissant son coup à chaque fois. Et là, le sous-genre pilote d’essai, qui n’aurait a priori aucune chance de nous intéresser. Et pourtant ça marche, grâce à un Ralph Richardson remarquable et à un scénario de Terence Rattigan qui lui valut un Oscar.

22.40 : Jungle de Greg McLean (2017), Premier
Trois routards s’enfoncent dans la jungle bolivienne avec un guide. Non, ce n’est pas une variante de "cinq étudiants australiens partent dans le bush", pas d’événements dramatiques autres que ceux liés à l’exploration, pas de psychopathe caché derrière un tronc d’arbre. Mais la forêt, la pluie, la faim, les pieds qui lâchent, la rivière qui emporte, l’apprentissage de la survie. D’après des faits réels, mais s’ils étaient faux, ça aurait le même intérêt. Bonne reconversion de Daniel Radcliffe, qui a réussi, depuis 2011, à conjurer le fantôme d’Harry Potter.

 

Dimanche 8 novembre 2020

 

20.40 : Le Déserteur de Maxime Giroux (2018), OCS City
Ce réalisateur québécois est à peu près inconnu ici, un seul de ses trois films, Félix et Meira (2015) ayant traversé l’océan. Et si celui-ci nous est parvenu, on ne peut pas dire que ce soit de façon flamboyante : 9 copies et 389 spectateurs. Ce n’est pas une histoire facile, plutôt une fable ou une allégorie - un sosie de Charlot déserteur traverse les USA et tout ce qui s’ensuit. Le voyage est étonnant.

20.50 : Venise n’est pas en Italie d’Ivan Calbérac (2019), Émotion
Six films en vingt ans (mais plusieurs téléfilms et séries), tous dans le créneau de la comédie moderne - l’auteur avait fort bien commencé avec Irène (2001), avec une Cécile de France superbe. Cette fois-ci, ce n’est pas une héroïne jeune, comme d’habitude, mais un ado tenace et amoureux au-dessus de sa condition (il vit dans une caravane avec sa famille) qui veut rejoindre sa douce qui fait un concert à Venise. Le gamin, Hélie Thonnat, nous est inconnu, mais pas ses parents, Benoît Poelvoorde et Valérie Bonneton, presque supportable.

20.50 : The Pledge de Sean Penn (2001), Club
Cf. note du 15 mai 2016. Penn a laissé sa place à Jack Nicholson pour mener ce polar (inspiré de La Promesse de Dürrenmatt). Une distribution qui fait rêver : Patricia Clarkson, Benicio del Toro, Helen Mirren, Robin Wright, Vanessa Redgrave, Mickey Rourke, Sam Shepard, Harry Dean Stanton.

20.50 : L’Échange de Clint Eastwood (2008), TCM
Il reste donc des titres d’Eastwood inédits sur le câble ? On se souvient de notre impatience devant celui-ci, le drame de la mère (Angelina Jolie) ayant pu être résolu plus tôt, si une analyse d’ADN avait été pratiquée sur l’enfant qui lui a été restitué comme étant son fils. Mais dans ce cas, le film n’avait plus raison d’être. À vérifier.

22.15 : Happy New Year, Colin Burstead de Ben Wheatley (2018), OCS City
Téléfilm anglais inconnu. Mais tous ceux qui se souviennent de Touristes (2012) du même auteur, un sommet dans l’humour noir méchant, n’hésiteront pas à découvrir la chose.

22.20 : Rita Hayworth, la création d’un sex-symbol de Clara Kuperberg (2019), OCS Géants
Les sœurs Kuperberg travaillent en 24/24, et, seules ou ensemble, mettent en coupe réglée le patrimoine hollywoodien. Tout le monde y est passé, ou presque puisqu’il manquait encore Rita Hayworth. Inutile d’attendre un doc génial - qui pourrait faire en 52 minutes le tour d’un pareil sujet ? Mais il y a des images, des témoignages, etc.

22.35 : L’Ennemi intime de Florent-Emilio Siri (2007), OCS Choc
Cf. note du 7 novembre 2016.

Lundi 9 novembre 2020

20.50 : Parasite de Bong Joon-ho (2019), Club
La Palme d’or surprise (et Oscar) enfin sur le câble. Le cinéaste nous fait un numéro d’une virtuosité à la hauteur de ses précédents titres, Snowpiercer (2013) ou Okja (2017), mais pas que : sa vision de la lutte des classes à la coréenne est précise. La séquence de la pluie inondant les bas-fonds est anthologique.

20.50 : Les Croix de bois de Raymond Bernard (1932), Classic
Durant des années, du temps où il n’y avait qu’une ou deux chaînes en France, la programmation du film était synonyme de célébration du 11 novembre. Puis la mode était passée. Ce qui fait que le film n’est pas revenu sur le câble depuis cinq ans (et la dernière fois, c’était en juin 2020). À part ça, il s’agit d’un des meilleurs (sinon le meilleur) sur la boucherie de 14, remarquablement réalisé, sans pathos (les figurants étaient, pour la plupart, des anciens des tranchées), sans emphase patriotique - la guerre est moche, la boue est partout, rien d’héroïque. Un monument. Et s’il s’agit de la magnifique version 4K rééditée par Pathé il y a quelques années, c’est encore mieux.

00.35 : L’Inexorable Enquête de Phil Karlson (1952), France 5
Le cinéma de minuit se transforme peu à peu en cinéma d’une heure du matin. En tout cas, on est prêt à veiller afin de ne pas rater cette rareté, pas vue depuis des lustres. On se souvient surtout d’un Broderick Crawford exceptionnel, comme souvent. Phil Karlson est un petit-maître comme on les aime, qui n’a pas toujours réussi dans les genres qui ne lui convenaient pas (Les Maudits du château-fort ou L’Épée de Monte Cristo, tous deux de 1951), mais qui a excellé dans le film noir - Le Quatrième Homme (1952), L’Affaire de la 99e rue (1953) ou On ne joue pas avec le crime (1955), tous exemplaires. Il a même tiré quelque chose d’Elvis Presley : Un direct au cœur (1962).
Cf. Phil Karlson, une rétrospective.

 

Mardi 10 novembre 2020

 

20.40 : Mon frère de Julien Abraham (2019), OCS Choc
Inédit. Un autre film, après La Tête haute d’Emmanuelle Bercot (2015), sur les centres éducatifs fermés, appellation plus sympathique que les "maisons de correction" anciennes - mais les conditions ont tout de même évolué. Un ado s’accuse de parricide à la place de son jeune frère et se retrouve en CEF, dont il ne pense qu’à s’évader, ce qui est compréhensible. Tout ceci est dur, noir, désespérant. Le film est sorti en juillet 2019, alors que son interprète principal était en détention provisoire. Le cinéma, c’est la vie.

20.50 : Lukas de Julien Leclercq (2018), Frisson
Il fallait le faire ! Prendre Jean-Claude Van Damme et en faire un acteur, ou au moins l’interprète d’un véritable rôle, le travail est méritoire. À ses côtés, Sami Bouajila, toujours bon, comme on le verra un jour, si Rouge de Farid Bentoumi retrouve le chemin des salles, comme prévu avant le confinement II.

20.50 : Casque bleu de Gérard Jugnot (1994), Famiz
Inédit. Jugnot est une nature comique, et a malheureusement été catalogué trop tôt, prisonnier de son personnage du Splendid tel que transmis par Les Bronzés. Quand il échappe au type franchouillard, râleur, béret basque, il est souvent trop gentil. Alors que quand il est méchant et teigneux, il s’épanouit. Idem pour les films qu’il réalise, on le voudrait plus toxique, plus noir - comme il le fut dans Une époque formidable (1991). Ce soir, c’est entre les deux.

20.50 : Le Vengeur de Richard L. Bare (1957), Classic
Inédit. Un des innombrables westerns tournés par Randolph Scott, et tout le monde n’est pas Budd Boetticher. On ne connaît pas grand-chose de ce Bare, sinon une poignée d’épisodes de La Quatrième Dimension, entre 1959 et 1963, ce qui n’est pas suffisant pour se faire une opinion. Mais la partenaire de ce Shoot Out at Medicine Bend est Angie Dickinson, pas encore immortalisée par Rio Bravo, événement suffisant pour mériter qu’on s’y arrête.

22.15 : A Better Tomorrow de Ding Sheng (2018), OCS Choc
Film inconnu. Mais un film d’action chinois sur une chaîne qui ne soit pas spécialisée, comme Action, c’est une première qui demande à être appréciée.

 

Mercredi 11 novembre 2020

 

20.40 : L’Affaire SK1 de Frédéric Tellier (2014), OCS Choc
Comme le bouquet OCS ne propose rien de neuf, on peut revoir ce premier film, bon polar (prix Jacques Deray 2015) au ton neuf, mêlant anciens (Olivier Gourmet, Nathalie Baye) et nouveaux (Raphaël Personnaz, Christa Théret). Depuis, Sauver ou périr (2018) nous a semblé plus traditionnel.

20.50 : Soirée Bertrand Tavernier, Émotion
Pour mémoire, car les titres passent régulièrement : à 20.50, Quai d’Orsay (2013), suivi, à 22.40, par Holy Lola (2004). On aurait préféré des choses plus rares, comme Deathwatch (1979) ou Daddy Nostalgie (1990), mais c’est déjà ça. Pendant ce temps, l’auteur peaufine sa somme, 100 ans de cinéma américain, tant attendue.

20.50 : Merveilles à Montfermeil de Jeanne Balibar (2019), Club
On le cite parce que c’est un inédit. Sinon, on se pose la question : comment autant de personnes que l’on sait intelligentes et pensant bien peuvent-elles se livrer à une telle pantalonnade ? Le film est ridicule de bout en bout, quand il n’est pas grotesque. Tous les amis sont là, autour de la réalisatrice : Amalric, Béart, Ramzy, Ogier, on en oublie exprès pour ne pas les accabler. Une expérience intéressante.

20.50 : Comme un torrent de Vincente Minnelli (1958), Classic
Cf. note du 16 janvier 2016.

00.05 : Le Voyage de la peur d’Ida Lupino (1953), TCM
Bien connu, certes, mais ça reste le meilleur film réalisé par la Lupino, 70 minutes de tension, toujours sensible après dix visions.

 

Jeudi 12 novembre 2020

 

20.40 : La Toile de l’araignée d’Andrès Wood (2019), OCS City
Film inconnu - il ne semble pas avoir été distribué, même en VOD, puisque on indique comme date de sortie le 12 novembre sur OCS… Mais ce qu’on connaît de Wood - Mon ami Machuca (Cannes 2004), ou La buena vida (2009) donne envie de découvrir sa dernière œuvre.

20.50 : J. Edgar de Clint Eastwood (2011), Premier
Dernier passage le 6 novembre 2019, mais à 00.40, ce qui pour un biopic de 130 minutes, ne peut concerner que les insomniaques. Serait-il passé auparavant, à une heure honnête, sans que l’on s’en aperçoive ? En tout cas, ce n’est ni le meilleur ni le pire film d’Eastwood.

20.50 : Une histoire d’amour et de ténèbres de Natalie Portman (2015), Émotion
Même motif que pour J. Edgar : le film de Portman est passé le 20 décembre 2018, mais en fin de soirée, ce qui, dans le cas d’un film aussi sérieux - les souvenirs de jeunesse de l’écrivain Amos Oz et son installation en Palestine après 1948 - est préjudiciable. C’est la seule réalisation de l’actrice, à la fois scénariste, productrice et interprète.

20.50 : Pinot simple flic de Gérard Jugnot (1994), Famiz
Le premier film réalisé par le comédien. Rien à ajouter à la note du 10 novembre 2020, cf. supra.

22.15 : Les Babas cool de François Leterrier (1981), Famiz
La seconde partie de soirée affichant un électroencéphalogramme à peu près plat - à l’exception du Couvent des pécheresses de Joe D’Amato (1986) -, on peut jeter un œil sur ce produit d’époque, scénarisé par les anciens du Splendid et interprété par une partie de la troupe, Clavier, Chazel, Bruneau, Anémone, Lamotte. Manière de constater comment le spectacle récupérait les soubresauts de l’époque et le phénomène hippie sous son aspect le plus caricatural. Leterrier avait pourtant bien commencé, Un roi sans divertissement (1963) étant un chef-d’œuvre. Dommage qu’il ait fini avec Gérard Lauzier.

 

Vendredi 13 novembre 2020

 

20.40 : Soirée spéciale pompiers, OCS Max
Rien de plus spectaculaire qu’un bel incendie, quand on est devant un écran. On ne connaît pas le premier film, à 20.40, Line of Fire de Joseph Kosinski (2017) (Only the Brave en VO), car il n’est sorti qu’en VOD, mais qu’il soit animé en première ligne par Josh Brolin et qu’on trouve au générique Jeff Bridges et Andie MacDowell nous interpelle. Le second, à 22.30, Backdraft de Ron Howard (1991), inédit sur le câble, rassemble des visages qu’on aime bien, Kurt Russell, William Baldwin, Jennifer Jason Leigh, Donald Sutherland et Robert De Niro. Howard a eu la bonne idée de métisser le sous-genre (rien de plus répétitif qu’un film de pompiers) avec une enquête policière.

20.40 : USS Indianapolis de Mario Van Peebles (2016), OCS Choc
Téléfilm inconnu. Faute de n’avoir rien vu signé Mario Van P., on regardera peut-être, en souvenir de son père Melvin (toujours vivant, heureusement), qui hantait les rues de Montparnasse dans les années 60 et tournait des films avec des bouts de ficelle. Parce que les histoires de navire de guerre torpillé par un sous-marin, surtout avec Nicolas Cage, ce n’est pas vraiment notre piece of cake.

20.50 : L’Odyssée de Pi d’Ang Lee (2012), Émotion
On doit l’avouer : film jamais vu, le sujet - un enfant réfugié après un naufrage sur un canot avec plusieurs animaux dont un tigre du Bengale - nous ayant donné envie de passer outre. Savoir que le prénom du petit Indien était Piscine Molitor (Pi) et celui du tigre Richard Parker n’avait pas arrangé les choses. Et pourtant, Ang Lee décrocha l’Oscar du meilleur réalisateur et le film trois autres Oscars. Donc rattrapage obligatoire.

20.50 : Meilleur espoir féminin de Gérard Jugnot (2000), Famiz
Dernier titre de la semaine Jugnot, peut-être son meilleur parmi ceux présentés. Le film est simple, pas ambitieux et l’acteur y incarne un de ses personnages les plus justes.
Cf. note du 28 avril 2016.

20.50 : Le Tambour de Volker Schlöndorff (1979), Club
Cf. note du 9 décembre 2015.

20.50 : Robinson et le triporteur de Jack Pinoteau (1959), Classic
Inédit. Suite des aventures de Darry Cowl, après le succès du Triporteur (5 millions d’entrées). Celui-ci a moins bien marché - un million et demi seulement, ce qui aujourd’hui représenterait un triomphe. Béatrice Altariba est toujours là et on s’en réjouit.

22.10 : Qu’est-ce qui fait courir Darry Cowl ? de Sonia Medina (2020), Classic
Bizarre que le titre ne soit pas à l’imparfait, comme si l’acteur (1925-2006) vivait encore. 52 minutes pour retracer un itinéraire aussi riche (135 titres), c’est court. Riche, mais sinueux : que de talent gâché. À la fin des années 50, toutes les cours de récréation résonnaient de son fameux "petit canaillou".

23.30 : Volker Schlöndorff, tambour battant de Pierre-Henri Gibert (2019), Club
Doc inconnu, qui complète la version director’s cut de la Palme - 41 ans déjà !



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