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Semaine télé du 27 février au 5 mars 2021
Salut les câblés !
publié le samedi 27 février 2021

Jeune Cinéma en ligne directe

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Adam Elliot, Max & Mary (2009)

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 27 février 2021

 

20.40 : Tir groupé de Jean-Claude Missiaen (1982), OCS Géants
Cf. note du 31 octobre 2015, dernier passage.

20.40 : Orca de Michael Anderson (1977), Paramount Channel
Le succès mondial des Dents de la mer en 1975 a déclenché une vague de films à grosses bêtes marines horrifiques. Anderson n’avait pas les moyens techniques de Spielberg, ni son génie visuel mais son film précédent, L’Âge de cristal (1976) mériterait d’être revu. Son orque meurtrière est bien comme il faut. Notons qu’outre Charlotte Rampling et Richard Harris, on y découvre la très oubliée (et c’est dommage) Bo Derek dans sa première apparition.

22.05 : Claude Zidi - Juste une mise au point de Sébastien Labadie (2019), OCS Géants
Zidi a achevé sa filmographie pour le grand écran en 2003, avec Ripoux 3, un épisode qui n’ajoute rien à la saga de Noiret & Lhermitte. Vingt ans ou presque après, il n’était pas inutile de consacrer un documentaire (pas vu) au réalisateur dont les films ont recueilli le plus de spectateurs entre 1971 avec Les Bidasses en folie, et en 1999 avec Astérix et Obélix contre César. Souhaitons que le regard soit sociologique et non hagiographique.

22.15 : La Cour de Babel de Julie Bertuccelli (2013), OCS City
Pas passé depuis le 7 septembre 2016. Documentaire sur une classe pour enfants non-francophones d’un collège parisien. La cinéaste réussit aussi bien ses films de fiction, The Tree (2010), que ses docs, Dernières Nouvelles du cosmos (2016).

22.30 : Au nom des femmes : le combat de Judy Wood de Sean Hanish (2018), Émotion
Inédit et pas vu (uniquement sorti en VOD). L’intitulé est sympathique : un combat pour les femmes, qui le désapprouverait ? Judy Wood est une avocate qui a fait modifier la loi sur l’immigration en protégeant plus précisément les femmes. On appréciera - de toutes façons, les onze autres films proposés par le bouquet Ciné+ ont tous été programmés, entre octobre 2020 et la semaine dernière.

22.30 : Génération perdue de Joel Schumacher (1987), TCM
Inédit. Schumacher faisait ses gammes, c’était son quatrième titre, et tournait ce qu’on lui demandait de tourner - son film suivant, en 1988, sera Cousins, remake de Cousin, cousine de Jean-Charles Tacchella - polar ou thriller à ambiance vampirique, comme ce Lost Boys. Le film a laissé des traces, puisqu’il a connu deux suites, numérotées 2 et 3, en 2008 et 2010.

00.00 : Sous le soleil de Rome de Renato Castellani (1948), France 5
Est-ce d’avoir été trop estimé que Castellani est aujourd’hui presque passé à la trappe ? Le film choisi par Patrick Brion ce soir décrocha le Grand prix à la Mostra, préfiguration du Lion d’or en 1954 pour Roméo et Juliette, sans oublier son Grand prix cannois pour Deux sous d’espoir (1952). Ce soir, Rome à la fin de la guerre, toujours dans une vision néoréaliste, on y était alors en plein. Aucun des protagonistes n’a fait carrière, ce qui accroît leur crédibilité. Un pro tout de même : Alberto Sordi, déjà dix ans de métier et qui n’allait pas en rester là.

 

Dimanche 28 février 2021

 

20.40 : BlacKkKlansman de Spike Lee (2018), OCS City
Inédit. Grand prix à Cannes 2018, le plus gros succès en salles de l’auteur (1 300 000 entrées). Il faut reconnaître que Lee ne s’est pas calmé depuis Jungle Fever (1991) ou Malcolm X (1992) et que sa plongée au sein du Ku Klux Klan, infiltré par un policier noir, est un morceau de choix.

20.50 : Séduis-moi si tu peux de Jonathan Levine (2019), Émotion
Inédit. Le titre français est calqué sur Attrape-moi si tu peux de Spielberg (2002), de crainte que le Long Shot original ne soit pas assez porteur. Ne pas se laisser détourner : il s’agit d’une comédie dans le milieu politique, toujours plus intéressant lorsqu’il est américain. Charlize Theron prouve une fois de plus qu’elle est capable de passer d’un rôle à l’autre avec une maîtrise qui ne cesse de nous étonner. En secrétaire d’État, elle est aussi juste qu’en mineure de fond comme dans L’Affaire Josey Ames de Niki Caro (2005).

20.50 : Ombres et brouillard de Woody Allen (1991), Club
Inédit. Trente ans déjà. Allen, entre deux comédies dramatiques traditionnelles, Alice (1990) et Maris et femmes (1992) s’offre une escapade dans une zone moins balisée, en forme d’hommage au cinéma allemand patrimonial (et à Kafka par la même occasion). Au point d’utiliser la musique de Kurt Weill… Belle expérience dérangeante (c’est un de ses titres qui a le moins bien marché). Et derrière les acteurs vedettes, Mia Farrow, John Malkovich et Donald Pleasence, des amis de passage, Madonna, Lily Tomlin, Jodie Foster et Kathy Bates.

 

Lundi 1er mars 2021

 

Triste soirée sur l’ensemble des bouquets, qui pratiquent le recyclage et osent même présenter, comme OCS Géants, un film avec Louis de Funès, Pouic-pouic de Jean Girault (1963), à 22.00) en version colorisée.
De ce marasme, on peut simplement extraire deux titres :

20.50 : Bacurau de Kleber Mendonça Filho & Juliano Dornelles (2019), Club
Inédit. Une des bonnes surprises de la compétition cannoise (Prix du Jury. On avait repéré Filho avec son premier titre Les Bruits de Recife (2012). Aidé de l’inconnu Dornelles, il abandonne le réalisme angoissant pour une étrange irréalité - village absent des cartes digne de Brigadoon, horde de méchants qui veulent en expulser les habitants, résistance armée - à la fois western, film de SF, fable politique, etc. Remarquable.

01.00 : Pauvre Georges ! de Claire Devers (2018), Club
Il est curieux de programmer à une telle heure un film inédit, d’autant qu’il aurait pu figurer sans faillir dans un créneau plus accessible. La réalisatrice est allée au Canada adapter un roman de Pamela Fox. La manière dont Gregory Gadebois, professeur de gauche bien-pensant dans un coin isolé de la Belle Province, se fait peu à peu phagocyter par le jeune voleur qu’il a surpris chez lui et qu’il veut sauver du Mal, est fort bien montrée. Mal distribué en juillet 2019, le film a fait 3000 entrées, ce qui est assez honteux.

 

Mardi 2 mars 2021

 

20.40 : La Vie de château de Jean-Paul Rappeneau (1965), OCS Géants
Le seul film de l’auteur encore inédit sur le câble (au moins depuis 2014). Le premier titre d’une courte filmographie - huit films en cinquante ans - et qui, à l’exception de Belles familles (2015), ne nous a jamais déçus. Ce qui nous semblait alors feu d’artifices a-t-il gardé tout son charme ? À vérifier.

20.50 : Fête de famille de Cédric Kahn (2019), Émotion
Inédit. Tout est déjà dans le titre : le film de repas de famille est désormais un sous-genre, inauguré par Festen de Thomas Vinterberg (1998) avec ses règles, ses rythmes, son acmé. Guère de surprises, car on sait qu’il y aura forcément du linge sale déployé, un secret enfin révélé, des ruptures et des réconciliations. Tout tient à l’interprétation et à la force des situations. Les quatre acteurs principaux, Catherine Deneuve, Emanuelle Bercot, Vincent Macaigne et Kahn lui-même, exécutent exactement la partition que l’on attend d’eux, mais on se laisse prendre tout de même.

20.50 : Le Magicien d’Oz de Victor Fleming (1939), Famiz
Certes pas inédit (dernier passage le 13 décembre 2019), mais on ne résiste pas à se faire du bien à l’âme.

20.50 : Valdez d’Edwin Sherin (1971), Classic
Inédit. Le premier des deux films de ce réalisateur qui a surtout travaillé pour la télévision. Bon western d’après un bon roman d’Elmore Leonard (paru en Super Noire puis chez Rivages/Noir), avec un excellent Burt Lancaster et une Susan Clark qu’on regrette de n’avoir pas vue plus souvent sur grand écran.

00.00 : Cent jours à Palerme de Giuseppe Ferrara (1983), OCS Géants
Dernier passage le 26 septembre 2015. L’assassinat du général dalla Chiesa par des tueurs de la Mafia en septembre 1982 est de l’histoire ancienne, mais pas tant que ça. Même si les exécutions de fonctionnaires honnêtes ne sont plus à la mode, le ventre est encore fécond, etc.

 

Mercredi 3 mars 2021

 

20.40 : Lucie Aubrac de Claude Berri (1997), OCS City
Inédit. Supportable si on supporte la reconstitution académique de la Résistance, avec paroles historiques et actions d’éclat obligées. Tous les films de Berri des années 60, bâtis sur des situations personnelles, étaient honnêtes et sympathiques, même s’ils ne volaient pas très haut. Lorsqu’il s’est mêlé, après le succès de Tchao, pantin (1983) de faire des adaptations ambitieuses, cela a donné lieu à des catastrophes comme Uranus (1990) ou Germinal (1993). Le pire ici a été évité, le couple Aubrac (sur l’écran, Carole Bouquet et Daniel Auteuil) étant encore vivant et ayant un peu surveillé le film.

20.50 : Rebelles d’Allan Mauduit (2019), Premier
Inédit. Premier film en solo de l’auteur de Vilaine (2008) et de la série Kaboul Kitchen (2012, co Jean-Patrick Benes). C’est bête et méchant, un peu foutraque, mais l’histoire des trois sardinières qui volent le magot du contremaître violeur qu’elles viennent de tronçonner pour le mettre littéralement en boîte est réjouissante. Cécile de France, Yolande Moreau et Alexandra Lamy semblent s’être fait plaisir.

20.50 : Soirée palestinienne, Club
Excellente idée que de consacrer un programme à un cinéma de survivance et dont on perçoit trop peu, Elia Suleiman excepté, les échos ici. En première partie, à 20.50, Dégradé d’Arab & Tarzan Nasser (cf. note du 7 mars 2017), et à 22.10, Waiting for Gaza de Guillaume Kozakiewiez (2020), un documentaire inconnu sur les frères Nasser, réfugiés à Paris et préparant leur second film.

20.50 : La Vie d’un honnête homme de Sacha Guitry (1953), Classic
Guitry a subi des années durant un excès d’indignité (critique, car le public le suivait), avant, au mitan des années 60, de connaître un excès d’honneur (critique, toujours, car le public s’en fichait désormais). S’il s’est souvent contenté d’enregistrer ses pièces, avec des acteurs si savoureux qu’on supportait l’aspect théâtral de la chose, il a écrit quelques scénarios qui valent le détour, comme son diptyque avec Michel Simon, La Poison (1951) et le film de ce soir. Le coup des frères jumeaux dont l’un meurt et est remplacé par l’autre n’est pas neuf, mais Simon est éblouissant dans les deux rôles opposés. Et on retrouve une partie de la troupe habituelle de l’auteur, Marguerite Pierry, Pauline Carton, Georges Bever et André Brunot (et pour la première fois, de Funès, qu’il utilisera ensuite dans ses derniers films).

22.25 : Le Mort en fuite d’André Berthomieu (1936), Classic
Pas inédit - seul passage : 26 juin 2017. Mais comment résister à la confrontation Michel Simon-Jules Berry, qui en font chacun des tonnes afin d’être plus visible que l’autre.

 

Jeudi 4 mars 2021

 

20.40 : Halloween de David Gordon Green (2018), OCS Choc
On pouvait tout redouter de cette onzième mouture des débordements du maléfique Malcolm Myers, quarante ans après ses débuts. Mais avec Green aux commandes (et John Carpenter en producteur délégué et auteur de la musique), on se retrouve avec peut-être le meilleur produit de toute la franchise, dont le succès a généré des suites (encore en projet). Quatre décennies après son premier rôle dans l’original de Carpenter, Jamie Lee Curtis est toujours là.

20.50 : Sympathie pour le diable de Guillaume de Fontenay (2019), Frisson
Inédit. L’hommage aux Rolling Stones était déjà dans le titre du récit de Paul Marchand, correspondant de guerre, blessé pendant le siège de Sarajevo. Premier film, tourné sur place presque trente ans après, et qui rend bien compte de l’horreur de la vie sous les bombes. Niels Schneider s’est glissé dans la peau du rôle de façon assez impressionnante.

20.50 : La Lettre de William Wyler (1940), Classic
Inédit. La colonie (Sumatra), un couple, un meurtre, une enquête, on est en plein dans le drame tropical, comme parfois dans les romans et pièces de Somerset Maugham, si souvent adapté. C’est très théâtral, Wyler ne cherche pas la crédibilité, mais la vraisemblance et l’exaspération des sentiments. Il est servi par une Bette Davis toujours à l’aise avec lui - cf. L’Insoumise (1938), ou La Vipère (1941) - et un Herbert Marshall, comme d’habitude parfait.

22.20 : Ben Hur de William Wyler (1959), Classic
Pour compléter la soirée consacrée à Wyler - mais 210 mn de grand spectacle sur un écran domestique, c’est lourd, d’autant que la chaîne, avec une générosité louable pour les enregistreurs, offre à la suite, à 01.45, La Loi du seigneur, Palme d’or 1957, puis à 04.00, La Maison des otages (1955). On aurait préféré, dans la filmographie de WW, A House Divided (1931), La Bonne Fée (1935), Dodsworth (1936) et Le Cavalier du désert (1940), tous moins fameux mais bien plus gouleyants.

22.50 : Une femme fidèle de Roger Vadim (1976), Club
Inédit. Pour les amateurs forcenés de l’auteur et de Daniel Boulanger, qui signe scénario et dialogues. Et pour saluer Nathalie Delon. Mais que dire d’autre ?
À noter, dans le riche programme de la soirée, trois films déjà proposés, mais qui peuvent être revus : sur OCS Géants, à 20.40 L’Africain de Philippe de Broca (1983), sur Paramount Channel, à 20.40 Will Penny, le solitaire de Tom Gries (1967) et sur TCM à 20.50 Certaines femmes de Kelly Reichardt (2016).

 

Vendredi 5 mars 2021

 

20.40 : Iceman de Fred Schepisi (1984), OCS Géants
Inédit. On ne se souvient pas d’une sortie française de ce cinquième film de Schepisi, dont on persiste à penser qu’il n’occupe pas la place qu’il mérite, au vu de quelques titres connus, Six degrés de séparation (1993) ou L’Amour en équation (1994). Ce soir, un homme de Néandertal sorti des glaces et le Dr. Timothy Hutton pour s’en occuper.

20.50 : On ne meurt que deux fois de Jacques Deray (1985), Club
Très belle adaptation du superbe roman de Robin Cook, un des derniers barouds d’honneur de Michel Audiard, qui après des décennies de scénarios et dialogues sur mesure dans le moins bon sens du terme, s’était mis, à partir de Pile ou face de Robert Enrico (1980) à prendre au sérieux son métier et à ne plus pondre des dialogues labellisés. Ce qui nous valut ensuite Garde à vue (1981) et Mortelle randonnée (1983) tous deux de Claude Miller, et celui-ci. Remarquons qu’à chaque fois, il s’agissait d’adaptation de très bons romans de la Série Noire). Michel Serrault, Charlotte Rampling et derrière, Darmon, Bacri et Darroussin.

20.50 : Les Chinois à Paris de Jean Yanne (1973), Classic
Inédit. On se remémore encore les cris d’orfraie poussés par la critique et l’intelligentsia, fascinés par la révolution culturelle (ah, les Cahiers du cinéma de ces belles années…) et qui ont vu, dans l’auteur, un fasciste à peine masqué. L’Armée rouge de Mao envahissant la France, les collaborateurs florissant, les prêtres devenant commissaires politiques, Yanne ne faisait pas dans la demi-mesure. L’évocation des Français face aux Allemands était transparente, ce qui explique la bronca. Anecdote : Le Monde ayant écrit "Un monument de vulgarité", Jean Yanne en fit un bandeau publicitaire : "Un monument (Le Monde)". L’opéra Carmeng est un pastiche du fameux Détachement féminin rouge, un sommet pour les maoïstes de l’époque. L’époque fut courte, et les conversions vite oubliées, mais le film ne fut jamais réévalué. Il est temps.

20.50 : Dans la peau de John Malkovich de Spike Jonze (1999), TCM
Cf. note du 23 septembre 2018. Ça ne remonte pas très loin dans le temps, mais c’est un film qu’on aime bien.

22.20 : Nicostratos le pélican d’Olivier Horlait (2011), OCS Max
Inédit. Et inconnu, car le titre, et le fait qu’Emir Kusturica en soit un des acteurs principaux nous avaient dissuadés d’aller vérifier si le pélican recueilli sur l’île de Milos par un adolescent était bien dressé. Rattrapage éventuel ce soir.

22.45 : Invincible de Werner Herzog (2001), TCM
Passé la semaine dernière (dimanche 21 février 2021), mais au cœur de la nuit. L’heure n’est pas encore idéale, le film durant 130 mn, mais c’est mieux.



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