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Semaine télé du 29 janvier au 4 février 2022
Salut les câblés !
publié le samedi 29 janvier 2022

Jeune Cinéma en ligne directe


 

Une télé solitaire et muette à Venise

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 29 janvier 2022

 

20.50 : Soirée Bigas Luna, Club
Le réalisateur espagnol (1946-2013) n’est pas des plus connus par ici : des seize films qu’il a signés, la moitié n’a jamais franchi les Pyrénées, et le dernier distribué en France, Volaverunt (1999), ne l’a été que parce que Penélope Cruz était au générique. On ne connaît pas le nombre d’entrées recueillies par les quatre copies en VO offertes alors au public français. Il faut dire que Luna, qui a précédé de peu Almodovar, était un cinéaste de l’incongru (Caniche, présenté par la Semaine de la Critique à Cannes 1979, est resté inédit) et de l’obsession - le sexe, la nourriture, comme dans les deux films de ce soir. À 20.50, Jambon, jambon (1992), dans lequel Javier Bardem, presque débutant, coincé entre Stefania Sandrelli et Penélope Cruz, tue à coups de jambon Jordi Molla, et à 22.40, Les Vies de Loulou (1990), où Francesca Neri et Oscar Ladoire pratiquent des jeux sexuels assidus. La chaîne a jadis programmé Angoisse (1987) et Macho (1993), on aimerait découvrir La Femme de chambre du Titanic (1997) qui réunissait Olivier Martinez, Romane Bohringer, Didier Bezace et... Aldo Maccione. En attendant, voici une soirée de découvertes comme on n’en voit pas si souvent.

20.50 : Joe Hill de Bo Widerberg (1971), Classic
Pas passé depuis le 7 mai 2016. Certes disponible en DVD depuis la sortie récente d’un coffret Widerberg, mais on ne se lasse pas de Thommy Berggren.

 

Dimanche 30 janvier 2022

 

20.50 : Body Double de Brian De Palma (1984), Club
Pas inédit - mais aucun des films du bouquet Ciné+ ne l’est : c’est celui qui n’a pas été proposé depuis le plus longtemps, le 25 mars 2017. De Palma était en 1984 une valeur sûre et Melanie Griffith à son meilleur.

22.40 : Balloon de Pema Tseden (2019), Club
Un film tibétain (mais production chinoise) inédit, la chaîne nous gâte. Bon moyen de le rattraper pour les spectateurs qui l’ont raté lors de sa sortie en mai 2021. Ce n’est pas un film sur l’équipe de foot de Lhassa, car les ballons du titre sont des préservatifs gonflés avec lesquels jouent les enfants.

22.45 : Sammy by Sammy (2021), OCS Géants
Inédit. Aucun renseignement sur ce documentaire non répertorié, dont on ignore l’auteur. Mais comme il est consacré à Sammy Davis Jr., il mérite un détour. Les fervents du "rat pack", la bande à Sinatra du début des années 60 (Sammy Davis, Dean Martin, Peter Lawford), même si ce n’est pas une découverte, ne rateront pas à 20.40, L’Inconnu de Las Vegas de Lewis Milestone (1960), moins brillant que son remake, Ocean’s Eleven de Steven Soderbergh (2001), mais déjà pas mal du tout.

 

Lundi 31 janvier 2022

 

20.40 : Attaque à Mumbai d’Anthony Maras (2018), OCS Max
Apparemment inédit, en tout cas jamais signalé. Tout est dans le titre, mais cette histoire véridique de prise d’assaut d’un hôtel en Inde est bien plus réussie que le film qu’en avait tiré Nicolas Saada il y a quelques années, Taj Mahal (2015).

20.40 : Made in France de Nicolas Boukhrief (2015), OCS Choc
Pas inédit - dernier passage le 5 février 2018. Mais on persiste à défendre un film remarquable et remarquablement saboté par les distributeurs, trop craintifs devant un sujet aussi dérangeant - une cellule djihadiste de banlieue. Le film avait juste un peu d’avance sur le massacre du Bataclan.

20.40 : Soirée Byron Haskin, OCS Géants
Simplement pour noter que les deux films, La Guerre des mondes (1953) et La Conquête de l’espace (1955) ont été programmés, dans le même ordre, le 14 novembre 2021.

20. 50 : Soirée Simone Signoret, Classic
Seul programme en partie inédit de la soirée sur Ciné+. En entrée de jeu, Le Jour et l’heure de René Clément (1963), d’après un scénario d’André Barret, adapté et dialogué par Roger Vailland (un de ses derniers travaux pour le cinéma, deux ans avant son décès).
C’est un des films du cinéaste le moins apprécié : on était en pleine Nouvelle Vague et Clément, en activité depuis presque vingt ans, était en phase de rejet par la critique. En outre, il recueillait des succès publics, comme Plein soleil (1960). Le film est peu spectaculaire, histoire de résistants amoureux puis séparés, sans effets. C’est la raison pour laquelle on y croit, à cet amour imprévu entre la Signoret et Stuart Whitman, et à cette reconstitution en N&B de la France occupée. À 22.40, Les Chemins de la haute ville de Jack Clayton (1959), régulièrement programmé, mais toujours admirable.

 

Mardi 1er février 2022

 

20.40 : Le Premier Cercle de Laurent Tuel (2009), OCS Choc
Inédit. Le réalisateur ne nous a jamais frappés par son univers particulier, mais certains de ses films sont astucieux ou reposent sur une idée plaisante comme Jean-Philippe (2006), ou sa bonne adaptation du Combat ordinaire (2015). Ici, c’est le minimum syndical dans le polar, Le Clan des Arméniens avec Jean Reno à la place de Gabin - on sent la distance. Mais c’est une façon de revoir Gaspard Ulliel. Avec Vahina Giocante, qui vaut toujours d’être vue.

20.50 : Arizona Dream d’Emir Kusturica (1993), Club
Pas passé depuis le 20 mai 2018. On ne peut pas dire que Kusturica, qui n’a rien tourné depuis On the Milky Road (2017) nous manque beaucoup. Mais il s’agit du plus ancien de tous les titres déjà maintes fois proposés sur Ciné+ - décidément, la semaine est poussive.

22.15 : Le Témoin invisible de Stefano Mordini (2018), OCS Choc
Inédit (enfin une soirée pertinente sur Choc) et uniquement distribué en VOD - un film italien d’un cinéaste inconnu avec des acteurs qui ne remplissent pas une affiche n’avait que peu de chances de sortir. Pourtant les acteurs en question sont Riccardo Scarmacio, Fabrizio Bentivoglio et Miriam Leone.

 

Mercredi 2 février 2022

 

20.40 : The Professor and the Madman de Farhad Safinia (2019), OCS Max
Inédit, sauf en VOD. Mel Gibson dans le rôle de James Murray, rédacteur de l’Oxford English Dictionary, et Sean Penn, dans celui de William Chester Morris, schizophrène mais érudit et qui va l’aider. On demande à voir.

20.40 : The Grey Fox de Philip Borsos (1982), OCS Géants
L’énigme du soir, comme parfois avec cette chaîne. Le réalisateur n’est qu’un nom qu’on ne peut associer à aucun film, l’acteur principal, Richard Farnsworth, a toujours incarné des seconds rôles. Une découverte totale.

20.50 : Sacrées Sorcières de Robert Zemeckis (2020), Premier
Inédit, car sorti seulement en VOD, après quatre dates de distribution annoncées, d’un confinement à l’autre. On se fait une joie de retrouver le jeune héros de Roald Dahl, assailli par les sorcières. La cheffe suprême, Anne Hathaway, sera-t-elle aussi diabolique qu’Anjelica Huston dans la première version signée Nicolas Roeg en 1990 ? Réponse ce soir.

20.50 : The Last King de Nils Gaup (2016), Frisson
Inconnu (encore une distribution VOD). Un film d’action à la Game of Thrones, mais les films norvégiens qui nous parviennent ne sont pas si nombreux.

20.50 : 200 mètres d’Ameen Nayfeh (2020), Club
Inédit - mais sorti en salles, celui-ci, le 9 juin 2021. Combien de spectateurs pour ce film monté avec des bouts de ficelle (coproduction Palestine-Quatar-Jordanie-Suède-Italie) ? On ne connaît pas encore les chiffres de l’année écoulée. Les films qui montrent l’écartèlement des populations palestiniennes de chaque côté du Mur constituent un corpus déjà consistant, hélas.

20.50 : La Bandera de Julien Duvivier (1935), Classic
Pas si fréquent que ça - dernier passage le 9 juillet 2016. Un des titres les plus célèbres de Duvivier, mais peut-être un de ceux qui a le plus vieilli, la légende dorée des légionnaires affrontant les rebelles basanés ("les salopards sont dans la plaine" chantait Marie Dubas dans Le Fanion de la Légion) ayant pris quelques rides. À part ça, la fidélité au roman de Pierre Mac Orlan est là, la mise en scène est étonnante. La séquence d’ouverture est superbe et l’interprétation de haute volée : Gabin évidemment, mais également toute la bande, Robert Le Vigan, Pierre Renoir, Gaston Modot, Aimos, sans oublier les trois grâces, Annabella, Margo Lion ("Planche-à-pain") et Viviane Romance.

22.30 : Robert Le Vigan, la cavale d’un maudit de Bertrand Tessier (2021), Classic
Doc inédit et inconnu. Mais Le Vigan est un comédien extraordinaire, un excentrique de la plus belle eau, dont aucune des apparitions n’est indifférente : quelques minutes lui suffisaient pour imprégner n’importe quel film d’un malaise tenace, et la mesure n’a jamais été sa tasse de thé, cf. son interprétation de Jésus dans Golgotha de Julien Duvivier, 1935). Acteur borderline comme il en fut peu, le meilleur documentaire sur lui, on peut le trouver dans les trois romans où Céline raconte leur fuite en Allemagne avec leurs amis collaborateurs, à partir de 1944 (D’un château l’autre, Nord, Rigodon) et qui décrit la folie quotidienne de La Vigue. Réfugié en Argentine, il tourna là-bas quelques films dont on sait peu de choses.

 

Jeudi 3 février 2022

 

20.50 : Entrée des artistes de Marc Allégret (1938), Classic
Inédit - comment est-ce possible ? Le scénario, signé André Cayette et Henri Jeanson, était cousu main pour Louis Jouvet, dans son rôle de professeur au Conservatoire. Et chacune de ses leçons est un discours de la méthode, édicté avec sa scansion inimitable. Le titre est parfaitement illustré, puisque le générique réunit Claude Dauphin, Odette Joyeux, Carette, Roger Blin, Dalio, Bernard Blier, et pour la première fois sur un écran, Janine Darcey, Gaby Andreu, Michel Vitold, Yves Brainville, qui tous se feront un nom ensuite.

22.15 : Censor de Prano Bailey-Bond (2021), OCS Choc
Inédit - sortie annoncée en VOD le 26 janvier 2022. C’est donc un produit encore tout frais, un film d’horreur dont on ne sait rien et dont les acteurs - Niamh Algar, Michael Smiley, Nicholas Burns, Vincent Franklin - nous sont inconnus.

22.20 : Bernard Blier, façon puzzle de Christophe Duthuron & Christophe Duchiron (2020), Classic
Doc inconnu. Une petite heure pour dire tout sur 52 ans de carrière et 185 films ? C’est peu, mais la matière est intéressante.

 

Vendredi 4 février 2022

 

20.50 : Ciné+ termine la semaine en beauté = absolument rien de neuf à se mettre devant les yeux durant toute la soirée, même après minuit.

22.05 : René Clair, tout entre nous n’était qu’un jeu de Virginie Apiou (2021), OCS Géants
Seul éclair de nouveauté de toute la programmation OCS de la soirée. Décidément… René Clair, après avoir été considéré comme un des plus grands réalisateurs français de la période classique, subit un retour de bâton et passa à la trappe avec l’ensemble de la qualité française. Les années 60 sont heureusement lointaines et on est revenu depuis sur son rejet, pour s’apercevoir que sa légèreté était fort sérieuse et qu’il méritait largement son titre de Transcendant Satrape du Collège de ‘Pataphysique. Comme d’habitude, on se plaindra que le format 52 mn soit trop court pour couvrir raisonnablement une carrière de quarante ans et plus. Mais c’est déjà çà.

00.35 : Le Portrait de Dorian Gray d’Albert Lewin (1945), FR3
On s’interrogeait la semaine dernière sur le prochain cycle brionesque, en pensant, fatale erreur, que Jules César de Mankiewicz, n’appartenait pas au cycle Littérature et Cinéma. On n’en sait pas plus aujourd’hui, mais on retrouve avec plaisir le film d’un cinéaste dont Patrick Brion est le meilleur spécialiste - c’est grâce à lui que l’on a pu découvrir d’autres titres de Lewin, The Moon and Six-Pence (1942) ou The Private Affairs of Bel-Ami (1947) et, souvent, cette admirable adaptation d’Oscar Wilde. Hurd Hatfield est un Dorian Gray parfait, forever young, et George Sanders, fidèle de Lewin, aussi impérial qu’à l’accoutumée. Le fameux tableau final est signé Ivan Albright.



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