home > Au fil du temps > Salut les câblés ! > Salut les câblés ! (2022) > Semaine télé du 12 au 18 mars 2022
Semaine télé du 12 au 18 mars 2022
Salut les câblés !
publié le samedi 12 mars 2022

Jeune Cinéma en ligne directe


 

La guerre d’Ukraine

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 12 mars 2022

 

22.40 : Kuessipan de Myriam Verreault (2019), OCS City
Inédit. Premier film de fiction d’une cinéaste québécoise inconnue ici (le film n’est sorti qu’en juillet 2021), tourné avec des acteurs non-professionnels, en territoire innu (ne pas confondre avec inuit). Gros succès au Québec - on ne connaît pas encore les chiffres des salles françaises.
Seul titre nouveau de la soirée sur l’ensemble des chaînes. Mais on peut toujours revoir à 22.30, Citizen Kane de Orson Welles (1941), sur Classic. Il paraît que ce n’est pas démodé.

 

Dimanche 13 mars 2022

 

20.40 : Robin des Bois, prince des voleurs de Kevin Reynolds (1991), OXS Max
Apparemment inédit. La plupart des films consacrés au héros de la forêt de Sherwood sont bons. Est-ce dû au sujet, au panache du personnage, à la bande des habits verts ? Même si celui-ci n’égale pas nos préférés - celui de Michael Curtiz & William Keighley (1938), parce que c’est le fondateur, et La Rose et la flèche de Richard Lester (1977) parce que c’est le plus triste -, Kevin Costner, encore plein de fraîcheur, assure la partition.

20.50 : Soirée Allan Parker, Club
Pour mémoire, car les trois titres sont largement connus (mais ils tiennent la distance). À
20.50, Birdy
(1984), à 22.45, Angel Heart (1987), et à 00.35, Midnight Express (1978). Pas de surprises, mais plaisir garanti.

20.50 : Au-delà des grilles de René Clément (1949), Classic
On pensait le film archi-programmé, mais on n’a pas trouvé trace d’un signalement depuis 2014. De toutes façons, il est étonnant, au croisement du réalisme poétique d’avant-guerre et du néoréalisme alors triomphant (Zavattini au scénario, Aurenche & Bost à l’adaptation). Gabin, en meurtrier tentant d’échapper à son destin et Isa Miranda en serveuse au grand cœur. Ce qu’il pourrait y avoir d’artificiel dans la situation est transcendé par les acteurs : Gabin, blanchi, y traîne la malédiction du Jour se lève, dix ans après, Miranda affiche encore la mélancolie de Malombra de Mario Soldati (1942). Et surtout, il y a la ville de Gênes et son port, quasiment en ruines depuis la guerre.

22.10 : Class of 1984 de Mark L. Lester (1982), OCS Choc
Inédit. 25 ans après Graine de violence de Richard Brooks (1956), la situation s’est aggravée, la drogue est arrivée, les graffitis sont là et l’enseignement de plus en plus difficile et dangereux. Le film a fait scandale et les moins de 18 ans en furent privés à l’époque. Les ados rebelles n’ont pas fait carrière, à l’exception de Michael J. Fox, qui allait enchaîner avec Retour vers le futur de Robert Zemeckis (1985).

22.40 : Les Divins Secrets de Callie Khouri (2002), Émotion
Inédit. Premier film (et pour l’instant avant-dernier) de la scénariste de Thelma et Louise de Ridley Scott (1991). Une jeune dramaturge, qui a dit du mal de sa mère dans une interview, se fait kidnapper par trois amies de pension de celle-ci, avec qui elles avaient juré fidélité pour toute la vie - "the Ya-Ta Sisterhood", une pour toutes, toutes pour une… L’argument vaut ce qu’il vaut, mais on a droit à un numéro d’actrices qui se régalent : Ellen Burstyn, Maggie Smith, Shirley Knight et Fionnula Flanagan, auprès desquelles Sandra Bullock a bien du mal à exister. Ce n’était pas le chef-d’œuvre de l’année 2002, mais ça termine agréablement la soirée.

 

Lundi 14 mars 2022

 

20.50 : Le Coupable idéal de Mikael Hafstrom (2019), Premier
Pour ceux qui ne l’auraient pas découvert la semaine dernière. Un polar suédois, tout à fait correct, d’après l’histoire vraie d’une erreur judiciaire grandiose, celle d’un innocent accusé de dix meurtres sexuels. Innocence qu’il faudra l’enquête de deux journalistes obstinés pour parvenir à prouver. C’est agréable de suivre des acteurs inconnus. Le film n’est accessible autrement qu’en VOD.

20.50 : Inunaki, le village oublié de Takashi Shimizu (2019), Frisson
Premier titre du réalisateur japonais à passer sur le câble. Shimizu est l’auteur de la série d’horreur Ju-on, qui donna lieu à neuf films, six au Japon, trois aux USA sous forme de remake. Celui-ci, disponible seulement en VOD, sera également projeté à la Cinémathèque de Bercy le 2 avril 2022, lors d’une nuit Japan Horror dans le cadre de "Toute la mémoire du monde" (avec deux films de Hideo Nakata et un de Takashi Miike).

20.50 : Josep d’Aurel (2020), Club
Remarquable film d’animation sur un sujet rarement abordé dans le genre, l’Histoire. Le héros, dessinateur espagnol réfugié politique en France en 1939 pour échapper à Franco, est mis, comme ses milliers de camarades, dans un camp, d’où il parvient à s’enfuir grâce à un gendarme amateur de ses dessins. Passé en Amérique du Nord, il va rencontrer Frida Kahlo au Mexique. D’une grande simplicité graphique, le film dégage une forte émotion, sans pathos.

20.50 : Le Pont de la rivière Kwaï de David Lean (1957), TCM
Dernier passage le 22 mai 2016. Plaisir intact de retrouver Alec Guiness, William Holden et la Marche du colonel Bogey. Et bien sûr Sessue Hayakawa, le Japonais le plus célèbre du cinéma mondial (qui, sur 110 films, n’en a tourné qu’une dizaine dans son pays natal) avant Toshiro Mifune. On lira avec intérêt la bonne analyse de son jeu dans l’ouvrage de Laurent Véray sur Forfaiture, le chef-d’œuvre de Cecil B. De Mille, récemment paru (éd. Le vif du sujet).

22.20 : Sa dernière mission de Philip Leacock (1953), Classic
Seul passage, le 4 décembre 2017, sous le titre Appointment in London. Film de guerre, comme son titre l’indique, avec Dirk Bogarde, le toujours excellent Ian Hunter et Bryan Forbes, pas encore passé derrière la caméra.

 

Mardi 15 mars 2022

 

20.50 : Free State of Jones de Gary Ross (2016), Premier
Inédit. On connaissait surtout le réalisateur pour Pleasantville (1998), joli film de SF et le premier volet de Hunger Games (2012), tous deux réussis. Il s’attaque là à une histoire vraie, celle de Newt Knight, opposé à la ségrégation pendant la guerre de Sécession, ce qui était méritoire pour un paysan du Mississippi. Le propos est peut-être un peu trop pénétré de bons sentiments et Matthew Mc Connaughey ne fait pas dans la légèreté, mais le message est délivré.

22.50 : La Quatrième Dimension de John Landis, Joe Dante, George Miller et Steven Spielberg (1983), TCM
Puisqu’il n’y a absolument rien de neuf sur aucune des chaînes dans ce créneau, on peut de nouveau tenter le voyage (dernier passage le 1er novembre 2019), même si la couleur et le renom des réalisateurs ne peuvent que nous faire regretter le noir & blanc et la naïveté admirable de la série télévisée des années 50, sa musique d’intro obsédante et la voix de Rod Serling annonçant chaque épisode.

00.30 : Nos nuits à Rodanthe de George C. Wolfe (2008), Émotion
Inédit. Du grand mélo à l’ancienne. Une plage en Caroline du Nord, une femme esseulée, un chirurgien poursuivi par le remords d’une opération ratée, un fils lointain qu’il va rejoindre, laissant la femme encore plus esseulée. La vie, l’amour, la mort, comme chez Lelouch. Mais ce n’est jamais ridicule, grâce à Diane Lane, Richard Gere et James Franco.

 

Mercredi 16 mars 2022

 

20.40 : La Fine Fleur de Pierre Pinaud (2020), OCS Max
Inédit. Le réalisateur sait choisir ses comédiennes, puisque, après Karin Viard pour son premier film, Parlez-moi de vous (2012), il a pris Catherine Frot pour interpréter sa créatrice de roses au bord de la faillite et guettée par son concurrent Vincent Dedienne. Plus que par son scénario, le film tient grâce à ses acteurs.

20.40 : Nadia, Butterfly de Pascal Plante (2020), OCS City
Inédit. Après La Fine Fleur, c’est la soirée des seconds films. Celui-ci vient du Québec, mais son propos pourrait être européen : comment une nageuse de classe internationale (Butterfly n’est pas son patronyme, mais la nage papillon qu’elle pratique) peut-elle organiser son avenir, sachant qu’elle doit prendre sa retraite à l’âge où l’on commence une profession ? Les acteurs (Katerine Savard, Ariane Mainville) nous sont inconnus, ce qui accentue leur crédibilité.

20.50 : Victor et Célia de Pierre Jolivet (2019), Émotion
Un des rares films inédits de l’auteur - il s’agit de son dernier en date. De nouveau une réussite dans le genre qui constitue le meilleur de sa filmographie, la comédie sociale - genre auquel échappait le décevant Les Hommes du feu (2017). Il y a chez Jolivet un côté Jacques Becker, celui de Antoine et Antoinette, qui en fait tout le sel. Monter un salon de coiffure est-il un objectif grandiose ? Oui, pour Arthur Dupont et Alice Belaïdi, très bons (comme toujours les jeunes acteurs chez le réalisateur).

20.50 : Nancy Drew d’Andrew Fleming (2007), Famiz
Inédit et inconnu (sorti directement en VOD). À ne pas confondre avec le téléfilm du même titre (2002), signé James Frawley, programmé sur cette même chaîne le 12 novembre 2021.

20.50 : Louloute d’Hubert Viel (2020), Club
Inédit, comme Artémis, cœur d’artichaut (2012), alors que Les Filles au Moyen Âge (2015). Viel sort de l’artisanat et se lance dans une vraie production avec acteurs - Laure Calamy et Erika Sainte. Ces souvenirs d’enfance heureuse auraient pu tomber dans l’émotion facile, ce n’est pas le cas.

20.50 : Young Guns de Christopher Cain (1988), TCM
Inédit. Les films que l’on connaît de Cain, Le Proviseur (1987) ou Miss Karaté Kid (1994) ne donnent pas forcément envie de voir ce film. Mais comme il s’agit d’une biographie de Billy the Kid et qu’il nous manque quelques titres parmi la vingtaine que compte la filmographie du plus célèbre gaucher de l’Ouest, on se promet d’y prêter attention. Emilio Estevez en Billy, Patrick Wayne en Pat Garrett + Kiefer Sutherland, Charlie Sheen, Jack Palance et Terence Stamp. La fête !

22.10 : Diane a les épaules de Fabien Gorgeart (2017), OCS City
Le film est passé le 5 février 2020, sur Premier, mais à 00.25, ce qui n’a pas dû lui apporter beaucoup de regardeurs, hormis les fans de Clotilde Hesme. À rattraper.

22.15 : Le Monstre de Val Guest (1955), Classic
Inédit. Plusieurs films de Guest ont été programmés sur Classic, mais pas ses meilleurs, à savoir celui-ci, en VO The Quatermass Experiment, que suivit, en 1957, La Marque (Quatermass II), les deux avec Brian Donlevy, que la chaîne a eu l’excellent idée de passer immédiatement après, à 23.35. Il ne manque que l’épisode 3, tourné en 1967 par Roy Ward Baker, Les Monstres de l’espace (Quatermass and the Pit), qui aurait couronné cette excellente soirée de science-fiction à l’ancienne.

 

Jeudi 17 mars 2022

 

20.40 : The Deep House d’Alexandre Bustillo & Julien Maury (2021), OCS Choc
Inédit. Depuis quinze ans, le tandem réalise des films horrifiques (six depuis À l’intérieur, 2007) fort efficaces, astucieux et inventifs. Une maison hantée, c’est galvaudé. Mais une maison hantée au fond d’un lac, c’est du neuf. Distribué au début de l’été 2021, le film a rassemblé plus de 200 000 spectateurs en un mois.

20.50 : Les Apparences de Marc Fitoussi (2020), Premier
Inédit. Fitoussi a enfin abandonné le genre de la comédie qui était son véhicule familier - Copacabana (2010), Pauline détective (2012) - pour se tourner du côté de la peinture sociale à la Chabrol, et qui semble mieux lui réussir - même si ce n’est pas encore au niveau du maître. Avec Karine Viard, toujours impeccable, Benjamin Biolay, auquel on finit par s’habituer, Laetitia Dosch, Pascale Arbillot, la qualité française.

20.50 : Identity de James Mangold (2003), Frisson
Dernier passage le 25 février 2017. Si l’on a oublié quel est le coupable qui assassine les dix invités, suivant la comptine "Dix petits Nègres", ou "Dix petits Indiens"…

23.50 : Les Brûlantes de Jesus Franco (1969), Club
Pas vu. Mais un film érotique de Franco avec à son générique Maria Schell, Herbert Lom et Mercedes McCambridge est assurément une curiosité dont on se réjouit.

 

Vendredi 18 mars 2022

 

20.40 : Soirée bataille, OCS Choc
Deux films inconnus de cinéastes peu fréquentés. À 20.40, La Bataille de Jangsari de Kwak Kyung-taek (2019), sur la guerre entre Corée du Nord et du Sud en 1950. À 22.20, La Bataille de Leningrad d’Aleksey Kozlov (2019), sur la grande guerre patriotique en 1941. De quoi faire oublier l’actualité.

20.50 : The Spy de Jens Jonsson (2019), Premier
Inédit (sortie en VOD). Réalisateur norvégien inconnu - mais l’action se déroule en Suède durant la dernière guerre (l’avant-dernière ?). Acteurs inconnus, Ingrid Boise Berdal, Rolf Lassgard. Une bonne surprise ?

20.50 : Baby Blues de Diane Bertrand (2008), Émotion
Inédit. Dernier film de la cinéaste. On s’interroge sur les raisons d’un tel arrêt, après des titres singuliers (trop ?), comme Un samedi sur la Terre (1996) ou L’Annulaire (2004). Celui-ci était beaucoup plus traditionnel, comme son titre l’indique : blues de la maternité pour une quarantenaire ; d’où l’impression de déjà-lu, déjà-vu. Mais il y a Karin Viard, évidemment à l’aise, et Stefano Accorsi.

20.50 : Ceux qui m’aiment prendront le train de Patrice Chéreau (1998), Club
Dernier passage (le seul), le 12 janvier 2018. On s’interrogeait alors sur le vieillissement ou non du film. Après vérification, c’est non.

20.50 : Monsieur Dodd part pour Hollywood de Tay Garnett (1937), Classic
La rareté de la semaine. Inédit, bien entendu, et on ne souvient pas de l’avoir vu ailleurs qu’à la Cinémathèque, il y a bien des années. La chaîne a pris le prétexte d’uns soirée consacrée à Humphrey Bogart - l’autre titre, à 22.20, Plus fort que le diable de John Huston (1953, est passé très souvent -, pour programmer ce film, alors que le rôle principal est interprété par Leslie Howard, alors une star, à la différence de Bogart, encore second rôle, mais remarqué depuis La Forêt pétrifiée de Archie L. Mayo (1936). Quant à l’actrice principale, c’est Joan Blondell, une perle des années 30 et 40, que TCM avait honorée jadis (lorsqu’il s’agissait encore d’une chaîne qui cultivait les découvertes) d’un hommage en trente films. Le titre original, Stand-in, n’a que peu à voir avec le titre français.

22.20 : L’Étrangleur de la place Rillington de Richard Fleisher (1971), TCM
Inédit - il reste encore quelques titres de Fleischer à découvrir sur le câble. Après sa superbe série des années 60, de Barabbas (1962) à L’Étrangleur de Boston (1968), le réalisateur ouvre avec cet excellent thriller une décennie qu’il achèvera avec Ashanti (1979). Film désespérant, tourné à Londres, place Rillington (mais au 6 et non au 10, comme l’indique le titre anglais) : l’innocent (John Hurt) est pendu et le coupable (Richard Attenborough) pourra accumuler les victimes durant douze ans avant d’être exécuté à son tour. On peut se reporter avec profit aux mémoires de l’auteur, Survivre à Hollywood (Marest éd., 2021).

00.10 : Tendresse de George Stevens (1948), TCM
Inédit. Seconde rareté de la semaine, qu’on aurait souhaité revoir à une heure moins tardive. I Remember Mama est un des derniers films d’Irene Dunne (elle suspendra sa carrière quatre ans plus tard) et le deuxième de Barbara Bel Geddes (elle joue sa fille), double raison de ne pas le rater.



Revue Jeune Cinéma - Contacts