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Journal de Old Gringo (avril 2015)
publié le samedi 2 mai 2015


 

AVRIL 2015

 



Jeudi 30 avril 2015

 

À Blois : L’association Cinéfil, a des partenaires de qualité.

Pour retourner sur le mouvement lettriste, et sur son initiateur Isidore Isou (1925-2007), elle s’est associée avec la Fondation du doute, liée au mouvement Fluxus.
L’exposition s’appelle Isidore Isou œuvres de cinéma 1951-1999 (11 mars-14 juin 2015).

On peut y (re)voir, des films extrêmement rares, excellents représentants du mouvement lettriste, notamment son fameux Traité de bave et d’éternité (1951), (réalisé avec Maurice Lemaître et Marc’O), qui fit scandale sur le Croisette à Cannes, mais reçut le Prix des spectateurs d’avant-garde.


 

On peut voir aussi des films moins connus, même des spécialistes du cinéma "expérimental", comme L’Auberge espagnole (1965), Questions et réponses (1967) ou Fleur de browning (1999). Voir tout le programme sur le flyer téléchargeable.

Tiens, on avait oublié que Isou faisait l’une des cinq voix, dans le film de Debord Hurlements en faveur de Sade (1952).

Serge Moscovici (1925-2014) fut l’ami d’enfance de Isidore Isou, en Roumanie. On peut retrouver les racines de l’Isou originel en consultant son autobiographie, sur notre site.

Œuvres de cinéma 1955-1999 de Isidore Isou, au pavillon des expositions temporaires à la Fondation du doute (Ben-Fluxus & Co) : 14 rue de la Paix, 41000 Blois.

Et il y a un catalogue.
Entrée libre.


À Vire : Être amateur de polar, livres, films, séries, qui, depuis longtemps, n’appartiennent plus au second rayon mais au tout premier, et ne pas connaître Bertillon, ou le confondre avec le glacier, c’est passer pour une andouille.

On va donc aller voir l’exposition Un œil sur le crime (29 avril-1er novembre 2015), 2 place Sainte-Anne, 14500 Vire.

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Mercredi 29 avril 2015

 

René Féret (1945-2015) est mort la nuit dernière, le 28 avril 2015.

Jeune Cinéma l’a beaucoup aimé, lui, ses films, sa chaleur humaine, sa "famille".
Et cela depuis le début, avec Histoire de Paul (1975), qui avait reçu le prix Jean-Vigo.

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Il n’a vraiment connu la notoriété qu’avec son film suivant, La Communion solennelle (1976), sélectionné au festival de Cannes 1977.
Puis, il a continué son œuvre, dans une relative discrétion en France, et une belle réception dans les festivals étrangers, jusqu’au superbe Anton Tchekhov - 1890, qui sera donc son dernier film.
Il est mort beaucoup trop tôt.

* Histoire de Paul, JC n°90, novembre 1975

* La Communion solennelle, JC n°101, mars 1977

* Fernand, JC n°126, mai 1980

* Le Mystère Alexina, JC n°168, juillet 1985

* Baptême, JC n°197, octobre 1989

* Rue du retrait, JC n°267, mars 2001

* Comme une étoile dans la nuit, JC n°321, décembre 2008

* Nannerl, la sœur de Mozart, JC n°331-332, été 2010

* Madame Solario, JC n° 347-348, septembre 2012

* Le Prochain Film, JC n° 354, automne 2012

* Anton Tchekov - 1890, JC n°364, hiver 2015, septembre 2012

Pour se procurer les numéros.

Cf. l’entretien en ligne avec lui à propos de Le Prochain Film,) JC n°354 automne 2013.


Les sorties sur les grands écrans

* Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence de Roy Andersson (2014).
Bienheureux ceux qui ne l’ont pas encore vu en avant-première, ou à la Mostra de Venise 2014, l’an dernier, où il a reçu le Lion d’or.

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* Blind de Eskil Vogt (2014).

* On est vivants ! de Carmen Castillo (2014) .

Complétez la vision du film avec la visite du site de Daniel Bensaïd

Pour ceux qui veulent rencontrer Carmen Castillo, rendez-vous le 7 mai 2015 au cinéma MK2 Hautefeuille à 20h, avec la Société Louise-Michel et la revue Contretemps.

* Les Optimistes de Gunhild Westhagen Magnor (2013).

* Le Tournoi de Élodie Namer (2014).

* L’Échappée. À la poursuite d’Annie Le Brun de Valérie Minetto (2014).

Mais à dire vrai, la semaine est riche surtout grâce à des ressorties incontournables :

* The Big Lebowski de Joel et Ethan Coen (1998). Si vous ne le connaissez pas, Jeff Bridges devrait vous divertir.


 

Et puis :

* Andreï Roublev de Andreï Tarkovski (1966).

Mais surtout, surtout :

* L’Intendant Sansho de Kenji Mizoguchi (1954), le top du Top Ten.

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La légende date du XIe siècle, "au temps où l’homme ignorait sa valeur".
Dès l’ouverture, quelques sanglots nous grimpent à la gorge.
En 1954, Mizoguchi, neuf ans après Hiroshima, croyait que, ça y était, l’homme avait découvert sa propre valeur. Soixante-et-un ans après, nous sommes quelques uns dans le monde à douter de cet acquis. Et l’histoire de Sansho est toujours aussi brûlante.

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Sansho est visible sur Internet en 7 parties.
Comme toujours dans ces cas-là, la première partie est beaucoup vue et la dernière, très peu. Il faut absolument aller jusqu’au bout.

Il a été mis en ligne par esclavedelabsolu, un fin connaisseur.

D’ailleurs ça tombe bien : on y trouve aussi Andreï Roublev (en 8 parties).
Et quelques autres trésors.

Mais rien ne remplacera la vision de ces chefs-d’œuvre sur un grand écran.
À moins que vous ayez un home cinema à la maison, il vous faudra sortir.



Mardi 28 avril 2015

 

Prenez vos habitudes salle Dussane au ciné-club de l’ENS.

C’est un beau quartier, ça ne coûte pas cher.

Ce soir, mardi 28 avril 2015, à 20h30 : Habana Blues de Benito Zambrano (2006).

Un film qui met de bonne humeur.
D’ailleurs, sélectionné par le festival de Cannes en 2006, il a fait, cette année-là, la clôture de la section Un certain regard.

C’est le portrait de deux jeunes musiciens cubains, qui clament qu’à La Havane, il n’y a pas que le sexe, la sueur et la marché noir des cigares, il y a aussi, il y a toujours eu, la musique.

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Lundi 27 avril 2015

 

Le Brésil, invité d’honneur à Paris, depuis mars, au Salon du livre, et jusqu’au 18 mai 2015 à la Cinémathèque, on le trouve aussi ailleurs et autrement.

À la BNF, on peut aller à la rencontre des Guarani.

Les Guarani, vivent en Amazonie, c’est-à-dire au Brésil, en Argentine, en Bolivie, et au Paraguay.
Ils ont beaucoup intéressé les anthropologues.
Ils ont une langue, et une organisation sociale aux hiérarchies douces et intégrées (à part les fameux rites d’initiation qui paraissent toujours barbares aux Occidentaux, habitués à d’autres barbaries).

Mais quand les anthropologues sont là, bienveillants a priori et non interventionnistes, le reste suit généralement assez vite : la déforestation et l’évangélisation, accompagnées des pelleteuses, des maladies, des expulsions.

Alors on les a regardés, puis on leur a pris leurs forêts et leurs terres pour y construire des fermes à soja et à bétail, et on les a ghettoisés dans des réserves.
Il leur est arrivé ce qui est arrivé aux Indiens-"Peaux-rouges" : assimilation ou mort.
Disons plutôt assimilation ET mort, mort de faim ou suicides.

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C’est ancien, ça a commencé au 18e siècle.
C’est ce que racontait le film The Mission de Roland Joffé (Palme d’or de Cannes 1986). Certains génocides sont silencieux et lents, du coup, on les ignore et les oublie encore plus facilement.

Trois jeunes cinéastes guarani se sont réapproprié leur histoire, au lieu d’en laisser le soin aux anthropologues.
Ils racontent la vie quotidienne de deux villages, dans un film qui dénonce l’extrême précarité d’aujourd’hui des Mbyá : Deux villages, un chemin (Mokoi tekoá, Petei jeguatá : duas aldeias, uma caminhada) de Ariel Duarte Ortega, Jorge Ramos Morinico et Germano Beñites (2008).

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À peu près de la même façon que la sociologie est un sport de combat, la caméra est une arme.
Désormais, même les pauvres peuvent avoir accès aux nouvelles technologies.
Le film inaugure une nouvelle ère : la "vision des vaincus", qui passent du "statut d’objets d’observation à celui de sujets de discours", pourrait prendre de plus en plus sa place dans la diffusion des récits historiques.

Ce soir, le film sera présenté par Joanna Espinosa (Université de Paris 1 – GRHED) et Gabrielle Reiner (Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 – GRHED).

C’est tout-à-l’heure, lundi 27 avril 2015, à 17h45, à la BNF (bibliothèque François Mitterrand, hall Est Haut-de-jardin, salle A)., Quai François-Mauriac, 75013 Paris.

Entrée libre.

PS. Et si vous l’avez raté…



Dimanche 26 avril 2015

 

Avalanche de messages du fan club de Dylan, qui demande un droit de réponse en Une et de même taille exactement, outré de ce qu’on a pu dire sur leur idole dans le Plaisir des amateurs en ligne n°24.

Même à l’intérieur de la rédaction, on frôle la scission, pour une toute petite ligne.
Déjà, il avait tiqué quand on avait parlé de crooner.
Ce lobby est redoutable.

Pourtant, incurables rêveurs, nous maintenons notre point de vue sur la générosité et la radinerie, le cœur, l’âme et autres everything, nécesaires à l’amour, la vraie amour, la belle amour.

Nous tisserons, un de ces jours, un fil d’Ariane "Dylan", dans le labyrinthe du site de JC. Il a pas à se plaindre, on trouve.
On verra à plus, quand on aura été l’écouter, cet été, à Albi ET à Saint-Malo-du-Bois.


Cayatte (1909-1989) est mort depuis 25 ans, et Barjavel (1911-1985), depuis 30 ans.
Avec Les Chemins de Katmandou, ils avaient plus ou moins inauguré un nouveau truc, qui fait son chemin : le livre après le film, en 1969.

Autrefois, le voyage et ces chemins avaient du sens.
Les vieux, les bourgeois, Cayatte et Barjavel en tête, ne voyaient que les dégâts, sans vouloir considérer le sens.
On les désapprouvait.

Plus tard, les voyages sont devenus touristiques. La consommation sans le sens.
On les désapprouvait.

Les chemins de Katmandou - la route par la Turquie, la Syrie, l’Iraq, l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan - depuis des décennies, et, maintenant Katmandou elle-même, aujourd’hui, ils sont jonchés de morts qui ne savent pas pourquoi.

La mort sans le sens, c’est insupportable.

Sur le plateau des Chemins de Katmandou, Daniel Czap était photographe. Catherine Prévert nous envoie une photo du tournage, venant de sa collection.
Elle est pleine de vivants, et c’est doux.
Merci Catherine, merci Daniel.

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Samedi 25 avril 2015

 

Ce matin, 25 avril 2015, à 8h (heure de Paris), le Népal a encaissé un séisme de magnitude 7.9, épicentre à 80 km de Katmandou.

On en est à près de 700 morts, là, à la mi-journée.

Nous avons tant aimé Kathmandou, qu’on érivait alors avec un h.
Les moulins à prière n’ont servi à rien. Servent-ils parfois ?

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L’an dernier, ce jour, c’était le 40e anniversaire de la Révolution des œillets au Portugal.
Elle a un an de plus.
Les fruits n’ont pas suivi les promesse des fleurs.
C’est toujours comme ça, partout.
Les révolutions, ça naît, ça engendre des monstres qui les trahissent, ça pourrit, ça meurt. Et ça renaît pas facilement.

Mais, elle, la Revolução dos Cravos, si elle vieillit, elle est toujours aussi jolie.


 


Salut les câblés ! La semaine télé de Jeune Cinéma du 25 avril au 1er mai 2015.



Vendredi 24 avril 2015

 

Le massacre des Arméniens par les (Jeunes) Turcs a commencé le 24 avril 1915. C’était un samedi.
À Constantinople, arrestation des artistes, des intellectuels, des politiques, des médecins, les avocats, à partir de 20h et toute la nuit.

Le lendemain, les autres.

Après, on les a déportés et massacrés. Ça duré jusqu’en juillet 1916.

Les deux tiers des Arméniens vivant en Turquie ont été éliminés, on estime le nombre à un million deux cent mille personnes.

Il y a eu des films, des documentaires, des fictions, pour évoquer ou pour dénoncer. Mais pas tellement, surtout un grand silence, pendant des décennies.

Sur ce silence, on peut faire des commentaires.
L’évidence, c’est que les informations couraient moins vite en 1915 qu’aujourd’hui, et que les Occidentaux avaient aussi beaucoup d’autres soucis. Mais peut-être que le plus important reste le rapport entre les mots et les choses.
Le néologisme "génocide" n’a été inventé qu’en 1944, par le Juif polonais Raphael Lemkin. Et pour véhiculer une information, il faut les mots.

Les massacres, c’est vieux comme le monde.
Mais pour perpétuer un génocide, il faut être extrêmement civilisé, avoir créé des notions et des concepts - les races, les religions - et des hiérarchies. Les hommes de Cro-Magnon ne pratiquaient pas de génocides.
Depuis 1944, en revanche, les historiens ont pu en détecter de très nombreux, dont jusque-là, le genre humain était innocent.

Pour l’Arménie, ça n’a commencé à bouger qu’au début des années 60.
Voir la filmographie.

Le premier qui nous vient à l’esprit, c’est America, America (1963) de Elia Kazan (1909-2003).

Ou les deux films de Henri Verneuil (alias Achod Malakian) (1920-2002), Mayrig (1991) et sa suite, 588 rue Paradis (1992) à partir de son autobiographie, à la fin de sa vie.

Mais le tout premier film a été tourné en 1919, par Oscar Apfel (1878-1938) d’après les mémoires de Aurora (Arshaluys) Mardiganian (1901-1994). Avec Aurora elle-même dans le rôle-titre.

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Le titre du livre : Ravished Armenia : The Story of Aurora Mardiganian, the Christian Girl, Who Survived the Great Massacres.

Le titre du film : Auction of Souls.

Hollywood a fait son job : Ravished Armenia.

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Le film, qui devait faire environ 90 minutes, a été en grande partie perdu. L’Armenian Genocide Resource Center of Northern California a pu en reconstituer et restaurer 24 minutes, en 2009.



Jeudi 23 avril 2015

 

À partir d’aujourd’hui, jeudi 23 avril 2015, le cinéma La Clef accueille, pour la deuxième fois et pour un mois, l’Association des documentaristes iltaliens et propose Il Mese del Documentario (le mois du documentaire italien).

Il s’agit de la sélection des cinq meilleurs documentaires italiens, finalistes élus par les professionnels du Cinéma du Réel, qui concourent pour le prix du meilleur documentaire italien de l’année, le prix Doc/it Professional Award.

Et le public décidera, en Italie et en Europe, de celui qui gagnera le Prix du Public.
Les séances sont à 20h, et suivies de débats. (23 avril-20 mai 2015).

Ce soir, à 20h :

* The Stone River de Giovanni Don Francesco (2013)
Sur les Italiens du Vermont, USA.

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Suivront :

* Smokings de Michele Fornasero (2013), mardi 28 avril 2015
Sur la guerre aux multinationales du tabac.

* Stop the Pounding Heart de Roberto Minervini (2013), lundi 4 mai 2015
Sur l’Amérique rurale

* Dal Profondo de Valentina Pedicini (2013), mardi 12 mai 2015
La vie sous terre.

* Sacro Gra de Gianfranco Rosi (2013), mercredi 20 mai 2015
Trois ans sur la Grande raccordo Anulare (GRA), le périph’ de Rome.



Mercredi 22 avril 2015

 

Buster Keaton, né en 1895, a le même âge que le cinéma, 120 ans.

La Cinémathèque, à Bercy lui souhaite un bon anniversaire en proposant une rétrospective qui commence ce soir, mercredi 22 avril 2015 (jusqu’au 1er juin 2015),

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Au programme de ce soir, signalons tout particulièrement un souvenir attrape-cinéphiles : Buster Keaton à la Cinémathèque Française, un film de de Mario Beunat (1962) sur Keaton invité par Langlois à Chaillot, à l’occasion de la rétrospective qui lui était consacrée en février 1962. Attention, ne pas le rater : il dure 2 minutes.

Calendrier des projections

Il cinema ritrovato 2015, à Bologne, lui emboîtera le pas du 27 juin au 4 juillet 2015, avec les films de Keaton restaurés par ses soins. Nous y reviendrons largement.


Les sorties sur les grands écrans.

* Sangre de mi sangre de Jérémie Reichenbach (2014).

* Jauja de Lisandro Alonzo (2014).

* Le Dos rouge de Bernard Barraud (2014).



Mardi 21 avril 2015

 

Sortie un moment de l’usine à rêves et coup d’œil au réel (on veut dire les infos à la télé).

Trois questions (sans doute) naïves :

* Les massacres de Sétif. Ils ont eu lieu le 8 mai 1945, engendrant le 1er novembre 1954.
Pourquoi leur 70e anniversaire a-t-il été "commémoré" le 19 avril 2015 ?
Question d’agendas ?

* Le président de la République française assimile la langue - donc le discours - du FN d’aujourd’hui à celle du PC de la fin des années 70.
C’est quoi l’idée ?
Enfin, on veut dire, "exactement" ? Cf. Le blog du Moine bleu.

* Les réfugiés du Sud affluent vers le Nord, pour y mourir en groupe.
Nous autres, qui ne pouvons rien, devons-nous les regarder comme des individus (psychologie et empathie) ou comme des groupes (analyse sociologique) ?

C’est là que le vieux Gurvitch, et sa pensée des diverses façons d’être ensemble, pourrait nous servir.

C’est là que le vieux Moscovici pourrait nous aider, avec sa science et avec son vécu de réfugié (de l’Est vers l’Ouest).

Et que dirait le vieux Braudel du destin de sa Méditerranée ?

Ce que nous savons, hors politique politicienne, c’est que les migrations Sud-Nord ont (encore) plus de sens, (encore) plus visible, que les migrations Est-Ouest des temps de guerre (froide ou chaude) d’autrefois.

Elles révèlent, mieux que jamais, l’effrayante vérité, toujours plus ou moins refoulée sinon masquée (retour au chaos et après nous le déluge), du système économique de la planète Terre.


Là haut, en Finlande, il existe un festival international au nom charmant : Amour et anarchie (Rakkautta & Anarchiaa).
Il se tient chaque année, en automne, à Helsinki, depuis 1988, et programme des films venus de tous les pays du monde, de réalisateurs connus ou de jeuns talents prometteurs.

En 2015, il en sera à sa 28e édition et aura lieu du 17 au 27 septembre 2015.

L’Institut finlandais a sélectionné six films finlandais qui ont marqué ce festival et nous les présente à Paris.

Ça commence ce soir, mardi 21 avril 2015, avec :

* Ils se sont enfuis (He ovat Päenneet) de Jukka-Pekka Valkeapää (2014).

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Suivront :

* Au nord d’Eden (Eedenistä pohjoiseen) documentaire de Virpi Suutari, mardi 5 mai 2015.

* Heart of a Lion (Leijonasydän) de Dome Karukoski
 (2013), mardi 20 mai 2015.

* Nuit de béton (Betoniyö) de Pirjo Honkasalo (2013
), mardi 26 mai 2015.

* Demain, 18 ans (Kohta 18) de Maarit Lalli (2012
), mardi 9 juin 2015.

* Devenir moi (Matka minuksi) documentaire de Mina Laamo (2014), mardi 23 juin 2015.

Les projections ont lieu à l’Institut finlandais, le mardi à 19h30, 60 rue des Écoles, 75005.



Lundi 20 avril 2015

 

Aucune nouvelle de Twin Peaks depuis le 15 avril 2015.

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La troisième saison de la série Mystères à Twin Peaks, de Mark Frost et David Lynch, devait sortir en 2016.
Showtime avait même lancé le site officiel de cette troisième saison pour nous faire patienter, le suspense était tout de même insoutenable. Et voilà que le projet a du plomb dans l’aile.

Pour les addicts de Laura Palmer et Dale Cooper, qui ont suivi les deux premières saisons diffusées en 1991 sur la Cinq, et rediffusées souvent depuis (sur Arte notamment en 2011), c’est un sacré mauvais coup.

Au début du mois d’avril, Lynch a annoncé, avec amertume, qu’il quittait le projet faute d’obtenir les financements nécessaires.
Showtime clame, de son côté, que tout peut s’arranger si Lynch revient.

Les réseaux sociaux retiennent leur souffle, dans l’attente du message qui les délivrera. Reviens !

Pour une attente apaisée, Jeune Cinéma propose un petit retour sur l’œuvre de Lynch, son cinéma, sa peinture. sa musique.

Et un bonus avec une parodie de Twin Peaks.

La parodie, c’est bien, c’est indémodable et, comme le rosé de Provence, ça va avec tout.



Dimanche 19 avril 2015

 

Ce soir, pour évacuer le petit coup de blues du dimanche soir, à 19h00, nous vous recommandons l’avant-première de Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence de Roy Andersson (2014), Ours d’or de la Mostra de Venise 2014, au ciné-club de l’ENS. Le film ne sortira en salle que le 29 avril 2015.

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Si vous avez raté les épisodes précédents de l’œuvre de Roy Andersson, vous pouvez réviser. Mais si vous ne savez rien de "la trilogie des vivants, vous pouvez aussi vous laisser surprendre, puis reprendre au début : les deux premiers volets sont en DVD.

Au ciné-club de l’École normale supérieure, rue d’Ulm, d’habitude, les projections ont lieu le mardi à 20h30.


Le ciné-club est ouvert à tous : Salle Dussane, entrée au 45 rue d’Ulm, Paris Ve.
Le prix du billet est de 4€. Un abonnement de 10 places revient à 3€ la séance.



Samedi 18 avril 2015

 

Ce soir, à 18h, au cinéma La Clé : All Power to the people de Lee Lew-Lee (1996).

Le film a 19 ans, mais il est toujours d’une brûlante actualité.

Composé d’images d’archives et d’entretiens, le documentaire de Lew-Lee expose le Programme de contre-insurrection interne du FBI, dans les années 60 et 70, contre les mouvements des droits civiques et des organisations révolutionnaires (Black Panthers Party, Black Liberation Army, American Indian Movement…).

Malcolm X, Martin Luther King, mais aussi le photographe et cinéaste Gordon Parks (1912-2006), auteur notamment des Nuits rouges de Harlem (1971) y prennent la parole.

En 2015, les États-Unis ont un président noir, mais les Afro-américains continuent à se faire tirer comme des lapins par des petits blancs hystériques.
Depuis les années 70, les moyens ont évolué et même les visions du monde.
Mais les causes profondes des assassinats impunis demeurent indéracinables.


Jean-Jacques Lefrère (1954-2015) est mort, jeudi dernier, le 16 avril 2015.

Il était médecin et homme de lettres.
Il cherchait, dans tous les coins, il trouvait des choses inimaginables.
Et il écrivait.
Il était connu dans les milieux littéraires, mais avait agrandi le cercle de ses lecteurs quand il épata tout le monde, en faisant paraître une biographie de Lautréamont, en 1998.

Les Chants de Maldoror fascinaient les surréalistes, qui cherchèrent, en vain, des éléments biographiques de ce jeune poète mystérieux, né trop loin (à Monrevidéo) et mort trop jeune (à 24 ans) pour laisser beaucoup de traces. Les biographies, ce n’était pas leur spécialité.
Bien d’autres se sont cassé le dents à vouloir prolonger Ducasse.
Kenneth Anger, par exemple, qui habitait à Paris à l’époque, et avait tenté d’adapter Maldoror en 1951, mais n’avait pas trouvé les financements. Il n’aurait d’ailleurs pas fait de biopioc non plus.

Eh bien, Lefrère chercha et trouva. Il écrivit un pavé de près de 700 pages, absolument passionnant, à partir de sources squelettiques.

Jeune Cinéma affectionne les érudits et les "fous littéraires", et surveille avec délectation leurs relations marginales et les fruits de leurs amours. La revue préfère aussi les grands "amateurs" aux spécialistes trop pointus. C’est pour cela que Jean-Jacques Lefrère faisait partie de ses icônes.
Et puis il a même fait l’acteur : il était l’animateur télé, dans Associés contre le crime de Pascal Thomas (2012).


Salut les câblés ! La semaine télé de Jeune Cinéma du 18 au 24 avril 2015.



Vendredi 17 avril 2015

 

Terreur à Arxan, en Mongolie intérieure (Chine) : Tout est devenu rouge.
En vrai, on veut dire, on ne plaisante pas.

Mercredi dernier, le 15 avril 2015, le ciel est devenu rouge, et une pluie noire en est tombée.
Silence radio du côté des autorités.
D’ailleurs, on sait depuis Tchernobyl et nos gouvernants à nous, que ça ne passe pas les frontières ce genre de trucs.
Retournons donc à nos occupations. Show must go on.

Donc, nos occupations.

Ce soir, à 20h30, on irait bien voir une représentation du Mahabharata à l’auditorium du musée Guimet, par la compagnie Jeux de Vilains.
Le repli vers les racines anciennes, même lointaines, du gamelan et du walang kulit pourraient apaiser nos angoisses.

Voir aussi toute la programmation cinéma du musée Guimet, dans les jours à venir.


À Paris, on peut aussi aller voir, ce soir à 19h30, à la Maison de la poésie, en avant-première, le film de Jean-Michel Djian, Rimbaud, le roman de Harar.
Entrée libre.

Le cinéma est hors de prix en France.
Les cartes d’abonnements proposées par les grandes industries sont une solution.
Mais si on veut voir autre chose que les blockbusters, et divers autres faux-must, il faut toujours rappeler qu’on peut sortir tous les soirs à Paris, et voir des films formidables, en entrée libre ou pour des petits prix.
Il faut juste sortir des sentiers battus.


Et puis, toujours à Paris, nous vous conseillons vivement d’aller voir, dès que possible, la très chouette exposition Cinéma Premiers films, avant que tout le monde ne s’y précipite, pour voir tranquillement tout ce qu’il y a à y voir.

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C’est un genre de paradis, pour les polardeux, les amateurs de polars, et leurs fans-clubs.
Et puis, il y a un de ces catalogues ! Petite remarque en passant : les catalogues d’expo de ce type, ils s’épuisent plus vite que les livres, et on les retrouve ensuite, trop tard, en vente sur le Net au triple du prix d’origine.

JC reviendra sur l’exposition et le catalogue.

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Galerie des bibliothèques de la Ville de Paris, 22 rue Mahler dans le 4e arrondissement (17 avril-2 août 2015).


Enfin, à Dieulefit, c’est Appel d’air qui nous invite aux Rencontres cinéma-danse, 4e édition (16-19 avril 2014).

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Bref, on ne voit pas ce qui va nous tourmenter ce soir.
La Mongolie intérieure, c’est vachement loin, encore plus que l’extérieure.
Et tant que l’Apocalypse n’y est pas arrivée, il s’y passe (encore) plein de choses.
Sauvés pour un tour.



Jeudi 16 avril 2015

 

Le festival de Cannes se déroulera du 13 au 24 mai 2015.
La sélection officielle a été annoncée ce matin par Thierry Frémaux et Pierre Lescure.
NB : Huit d’entre eux sont des premiers films

Cf. la sélection et quelques premiers commentaires de Jeune Cinéma

Cf. aussi la sélection de la Ciné-Fondation et des courts métrages.

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Mercredi 15 avril 2015

 

Judith Malina (4 juin 1926-10 avril 2015) et Percy Sledge (1941-2015) sont morts.

Maspero, Grass, et puis eux, en rafale, tout fout le camp, un monde est en train de s’effondrer.

Inutile de revenir sur Percy, vous connaissez tous LE slow, et ça, c’était et ça reste populaire, puisque la télé le relaye.
Il faut dire que 1966 fut une bonne année pour les crus de slows.


Sinon, au ciné, une des dernières occasions de voir On est vivants ! de Carmen Castillo en avant-première : ce soir, à Toulouse, à l’ABC, à 20h30, en sa présence. Après, on sera comme tout le monde, on le verra sans elle. Sortie le 29 avril 2015.
On peut aussi prendre son temps et ne pas se laisser avoir par les récurrents et modernes "soyez le premier à", "découvrez avant tout le monde", qui vous pressent et vous stressent et fabriquent de fausses hiérarchies.
Il y a une nécessité, mais y pas le feu, en tout cas sur la consommation culturelle.


Les sorties sur les grands écrans.

* Blind de Eskil Vogt (2014).

* Taxi Téhéran de Jafar Panahi (2014).

* Opération Correa de Pierre Carles, documentaire en deux parties : Les ânes ont soif et On a mal à la dette (2015).

Les ressorties en versions restaurées.

* Le Cousin Jules de Dominique Benicheti (1972).

Et aussi, les deux adaptations de la nouvelle de Ernest Hemingway, The Killers. (1927).

* Les Tueurs (The Killers) de Robert Siodmak (1946).

* À bout portant (The Killers) de Don Siegel (1964).

Et, naturellement, les deux Antonioni (qu’on peut voir aussi à la Cinémathèque)

* La Nuit (1961) et L’Éclipse (1962).



Mardi 14 avril 2015

 

C’est aujourd’hui, et pour trois jours, le Nouvel An Khmer, la fête des eaux.
Ce n’est pas une fête religieuse, mais elle fait partie du cérémonial bouddhique (5e mois lunaire du calendrier bouddhiste).

Ce Nouvel An s’appelle Pi Mai au Laos, Songkran en Thaïlande, Bon Chaul Chhnam au Cambodge.

Autrefois, c’était le privilège des femmes, une fois par an, de mouiller un peu les hommes. Maintenant c’est mixte et tout le monde y passe.
En ce moment, là-bas, il fait 38°, jour et nuit.
On se verse mutuellement délicatement de l’eau parfumée au jasmin dans le cou dans les fêtes chic, ou on se la balance dans la gueule dans les rues. Tout le monde est aspergé, mais on sèche vite. En attendant les orages de la saison des pluies, qui arrivent en mai.

Bonne nouvelle année, donc !

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C’est ce soir, mardi 14 avril 2015, à 19h, le Café mensuel de la Société Louise-Michel

On parlera de quatre livres, parus récemment :

* L’Enfant de l’étranger de Alan Hollinghurst (Albin Michel, 2013), présenté par Angelo Rinaldi.

* Rimbaud, la Commune de Paris et l’invention de l’histoire spatiale de Kristin Ross (Les Prairies Ordinaires, 2013), présenté par Keith Reader.

* L’imaginaire de la Commune de Kristin Ross (La Fabrique, 2015), présenté par Keith Reader.

* Paris…ville ouvrière de Maurizio Gribaudi (La Découverte, 2014), présenté par Michèle Riot-Sarcey.

Rendez-vous au Balbuzard Café (salle à l’étage), 54, rue René-Boulanger, Paris Xe.


À Toulouse, à 20h30, au cinéma ABC, une avant-première : Le Tournoi de Élodie Namer, en sa présence.

C’est son premier film comme réalisatrice. Il ne faut pas rater les premiers films.

Mais elle a déjà une belle filmographie derrière elle, comme scénariste de séries et de téléfilms, que vous avez sûrement vus.
On ne fait pas suffisamment attention aux scénaristes, alors que ce sont eux qui charpentent tous les films.
Le film ne sort que le 29 avril 2015.


Mort de Günter Grass ((1927-2015), ce 13 avril 2015.

Son premier roman, Le Tambour (1959) a connu un "succès planétaire".

Volker Schlöndorff en a tiré, en 1979, un film, qui a connu également le succès, Palme d’or à Cannes et autres multiples récompenses.

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Prix Nobel de littérature 1999, Grass a été un intellectuel de gauche exemplaire, jusqu’à ce qu’il accepte que son passé le rattrape en révélant, en 2006, avoir appartenu au Waffen-SS en 1944.
Malaise et soupçons.
Y compris sur le fait que cet aveu ait pu être fait, juste avant la parution de son dernier roman, donc peut-être à des fins promotionnelles.

Chaque humain a sa part d’ombre, ses misérables secrets, son honneur.
Le porte-voix de la place publique, que Grass avait largement utilisé, s’était retourné contre lui.
La postérité oubliera et ressortira l’affaire, au long des siècles et au gré des conjonctures politiques.
Restera son œuvre.
C’est elle qui reste, du moins pour quelques uns, et quand elle est sur papier.
Quoique.
Même les Nobel, on les oublie.

Cf. aussi l’entretien avec Schlöndorff à propos Les Trois Vies de Rita Vogt (2000).



Lundi 13 avril 2015

 

François Maspero (19 janvier 1932-11 avril 2015)

Que reste-t-il de nos amours ?

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Ce soir, nous pleurons.


En principe, c’est l’anniversaire de Samuel Beckett (1906-1989).
Disons qu’il affirmait être né un 13 avril, en soulignant que c’était un vendredi saint.

Mais dans une de ses biographie, Deirdre Bair (1) constate que son acte de naissance mentionne le 13 mai 1906. Elle précise que c’était la coutume, en Irlande, de n’enregistrer les naissances qu’après le premier mois de vie d’un nouveau-né.
Et puis elle remarque que sa naissance n’a été enregistrée officiellement que le 14 juin 1906.

Beckett a déclaré diverses choses à ce sujet : que ses parents avaient attendu deux mois pour le déclarer parce qu’il était souffreteux et en mauvaise santé, ou bien qu’ils avaient juste oublié (ce qui est contesté par d’autres membres de la famille, les parents étant extrêmement réguliers et respectueux des autorités et des coutumes).
Alors, finalement, il a déclaré que ces points de désaccord constituaient une énigme de plus dans la légende qu’était sa vie, et que d’ailleurs il aimait bien tous ces mensonges et toutes ces légendes, plus il y en avait, plus ça le rendait intéressant.

Pour fêter cet anniversaire mobile, on peut regarder un extrait du court métrage expérimental muet (20 mn) qu’il a écrit, en 1964, pour un de ses metteurs en scène de théâtre, Alan Schneider (1917-1884).
Ça s’appelle, sobrement, Film et c’est avec Buster Keaton.

La première projection en France a eu lieu au festival de Tours, en janvier 1966.
Et Film avait obtenu le Prix spécial du jury.
Certains d’entre nous y étaient. cf. infra.

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1. Deirdre Bair, Samuel Beckett, Fayard, 1978.


Ce soir, lundi 13 avril 2015, Tours est à nouveau "capitale du court métrage", commme au bon vieux temps (1955-1971).

À l’occasion de la sortie du livre de Donatien Mazany (éditions Anovi), on célèbre ce bon vieux temps, en sa présence, à l’initiative de la Cinémathèque de Tours.

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L’ouvrage raconte l’histoire de ce festival, qui s’appelait alors "Les Journées internationales du court métrage", qui dura 16 ans et qui est devenu légendaire.
Extrêmement documenté, il fourmille aussi d’anecdotes, qui réveillent les atmosphères d’autrefois, quand Resnais présentait Nuit et Brouillard, ou quand Varda rencontrait Demy. Les cinéphiles chanceux allaient à Tours, les Parisiens voyaient les films sélectionnés au cinéma le Dragon.

La présentation du livre est suivie d’un programme de courts métrages.

* Le Sabotier du Val de Loire de Jacques Demy (présenté à Tours en 1956).

* Le Coup du berger de Jacques Rivette (présenté à Tours en 1956).

* Dimanche à Pékin de Chris Marker (Grand prix à Tours en 1956).

* La Chasse de Manoel de Oliveira (présenté à Tours en 1963).

Sur ce dernier court, voir l’œuvre de Manoel de Oliveira (jusqu’en 1981).


Et puis, la revue Jeune Cinéma, née des ciné-clubs, leur demeure fidèle.

À Pontarlier, à l’initiative du ciné-club Jacques Becker, commence aujourd’hui, le Festival de cinéma d’animation (13-19 avril 2015), 7e édition.

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Au programme, comme d’habitude, des séances scolaires et des séances "tout public", un ciné-spectacle, des expositions et ateliers, et une innovation : une compétition de courts métrages.
Téléchargez le programme.



Dimanche 12 avril 2015

 

Joséphine Baker (1906-1975) : il y a 40 ans exactement, un 12 avril, Joséphine Baker, née dans le Missouri, mourait à 69 ans, à Paris 13e, où elle a, désormais, une piscine publique flottante à son nom, à côté de Simone de Beauvoir qui, elle, a une passerelle.

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Baker fut une artiste à la fois hyper populaire et admirée par l’élite. Bataille, Breton ou Mauss appartenaient à son fan-club. Allez trouver l’équivalent aujourd’hui, et qui dure au delà des décennies. Les réseaux sociaux ne fabriquent que des gloires éphémères, parfois même pas un quart d’heure.

Encore aujourd’hui, tout le monde la connaît, l’aime et la respecte, Baker, la danseuse et la chanteuse jazzy, l’avant-gardiste, la bonne mère.

Nous, nous focalisons plutôt sur la Revue nègre, et la militante antiraciste des droits civiques.
Et sur ses rôles au cinéma.

Elle avait commencé, en France, dans un muet, en 1927, La Revue des revues, de Joe Francys et Clément Vautel, où personne ne put l’écouter.

Elle a été la Zouzou de Marc Allégret, dans Zouzou (1934).

Elle a aussi été la Aiouna de Edmond T. Gréville, dans Princesse Tam Tam (1935). On peut voir le film entier sur Internet.

Part 1 ; Part 2 ; Part 3.



Samedi 11 avril 2015

 

On apprend que Article11 va cesser de paraître dans sa version papier. Le numéro 19 est le dernier.

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C’était pourtant une belle idée, d’aller du Net au papier.
On les suivait depuis le début, août 2008, un drôle d’été, heureusement qu’ils étaient là.
Alors, au papier, on s’était évidemment abonné, en râlant parce que ça prenait de la place, surtout avec ce format pas possible. Mais comment faire autrement ?

Ça marchait pour eux, un millier d’abonnés, et le n°18, écoulé à 2821 exemplaires en kiosque.
Ils en ont juste marre. Ça se discute pas.
Ces gens ne font rien comme les autres.
On se demande s’ils seront 2821 à faire la queue au kiosque pour l’avoir, ce dernier numéro, collector comme bien d’autres.
Merdre, quoi.

Ils restent sur le Net.
Le pire n’est pas toujours sûr.


À propos de carte du monde, on rappelle ce que disait le camarade Yves Lacoste, en 1976 : "la géographie, ça sert d’abord à faire la guerre", enfin la géo telle qu’elle est enseignée, qui fait semblant d’être neutre et minérale.

L’Institut de géographie, à Paris, lui, est pacifique, qui accueille depuis hier, le festival Territoires en images, 19e édition, organisé par l’association Arrimage.

Pour cette occasion, il a redécoré son hall.

On est invité à y découvrir des photographies et, dans, le grand amphi, à assister à la projection de documentaires sélectionnés.
Et à voter pour son projet préféré.
Remise des prix, ce soir, en clôture du festival, à partir de 18h.

Voilà le programme.

Institut de Géographie, 191 rue Saint Jacques, à Paris, dans le 5e arrondissement. Entrée libre.

Bande Annonce - 19e Festival Territoires en images from arrimage on Vimeo.

 


Et pour ceux qui préfèrent les livres, ou pour tous les Montreuillois (et les Montreuilloises), et les voisins, de Bagnolet, Pantin, Romainville, Bobigny, Les Lilas, Paris du Nord (et d’ailleurs le tout-Paris), il y a Montreuil-sur-livres, 4e édition, aujourd’hui, samedi 11 avril de 10h à 20 h.

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40 éditeurs et revues, des graphistes et des illustrateurs, ainsi que des auteurs présents au fil des stands, avec des ateliers gratuits pour petits et grands, et même des concerts, et à manger et à boire.

À Montreuil, non seulement on peut vivre au pays, mais encore les visiteurs du monde entier s’y pressent désormais.

Programme détaillé.


Salut les câblés ! La semaine télé de Jeune Cinéma du 11 au 17 avril 2015.



Vendredi 10 avril 2015

 

Au début de l’an 2000, il y a 15 ans, des amis de JC travaillaient déjà sur la grotte Chauvet, dont la réplique vient d’ouvrir, en Ardèche.

Ils nous avaient rapporté un buffle et des lionnes.

Les voici, en mouvement, comme au ciné.
De la droite vers la gauche, comme le soleil, et comme il est naturel, quand on regarde le monde en face, c’est-à-dire sur une carte.

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Jeudi 9 avril 2015

 

Mort de Nina Companeez (1937-2015)

Ce soir, nous nous souvenons tout spécialement de ce mois de janvier 2008, et des trois épisodes de Voici venir l’orage… sur France 2, l’histoire de la petite Nina et de sa famille, de Moscou à Paris, de 1900 à 2007.

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Nous ne pensions pas à la fameuse "douceur de vivre d’avant la révolution".

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Nous nous demandions juste si le temps était plus court, ou plus long, dans la précipitation des événements, ou dans leur attente.

Ce dont nous étions sûrs, c’est que la vie est toujours courte.

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Aujourd’hui, démarre à la Cinémathèque de Bercy, une rétrospective et une exposition sur Michelangelo Antonioni (1912-2007).

L’expo (9 avril-19 juillet 2015) :
Antonioni aux origines du pop. Cinéma, photographie, mode.

Une affiche : avec la photo, universellement connue, de Blow up.
David Hemmings, muni de son gros appareil de vrai photographe pro, à cheval sur une Veruschka abandonnée, et la stimulant de paroles fortes, qui marqua les années 60.

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Et une nouvelle notion : "LE pop", car on n’arrête pas le progrès intellectuel.
On connaissait LA pop (pour pop music), la Chine pop qui révait au cul, le pop corn.
Et aussi le Pop art.
Antonioni, avec Blow up (1966), serait-il vraiment "aux origines" du travail de Richard Hamilton, Warhol, Jasper Johns, Lichtenstein ou Rauschenberg, qui tous ont commencé dans les années 50 ?

Nous dépasserons courageusement ce sous-titre un rien démago, et ce panier garni qui colle le cinéma à la mode, pour aller voir de quoi il retourne vraiment.

La rétrospective intégrale (9 avril-31 mai 2015)

Elle comporte des tas de films qu’on a vus, et dont on croit se souvenir, et pas mal d’autres qu’on n’a pas vus, avec de véritables découvertes à faire.

On pourra voir, par exemple, l’Antonioni scénariste, pour Rossellini (1941), pour Fulchignoni (1942), pour De Santis (1947), pour Fellini (1951).

Ainsi que les films SUR Antonioni, ceux de Di Carlo, Micciché, Labarthe, Verdone, Baldi…

Nous, nous sommes spécialement intéressés par les courts métrages d’Antonioni, assez méconnus. Ils sont à découvrir en deux programmes :

* De 1943 à 1950, les 15 et 24 avril et 21 mai 2015.

* De 1956 à 2004, les 25 avril et 6 et 22 mai 2015.

Cf. Calendrier.

Deux courts métrages passent dans le programme des longs métrages :

* Ritorno a Lisca Bianca (1983) après L’avventura (1959).

* Tentato suicidio, avant Le amiche (1955). Cf. infra.

Il y a des raretés comme les deux courts de 1956 retrouvés et acquis par la Cinémathèque du Frioul : Il giornale conteso et Notizie per tutti.

Ou le clip vidéo Fotoromanza, réalisé pour la chanteuse Gianna Nannini (1984).
On le trouve quand même sur le Net. Mais on y trouve tout (et n’importe quoi), comme aux Galeries Farfouilette à Paris, ou chez Bozi à Antibes.
Et c’est toujours mieux sur un grand écran.


 

Certains courts présentés sont des "segments" de films collectifs comme :

* Tentato suicidio, in L’amore in città, avec Fellini, Lattuada, Lizzani, Maselli, Risi, Zavattini (1953).

* Il Provino, in I tre volti, avec Bolognini et Indovina (1965).

* Roma, in 12 registi per 12 città, avec les 2 Bertolucci, Bernardo et Giuseppe, Bolognini, Lattuada, Lizzani, Monicelli, Olmi, Pontecorvo, Rosi, Soldati, Wertmüller, Zeffirelli (1989).

* The Dangerous Thread of Things, in Eros, avec Soderbergh et Wong Kar Wai, 2004).

Il semble enfin que cette rétrospective ne soit pas une intégrale totalement intégrale.
Il manquerait :

* Oltre l’oblio (1948).

* Roma-Montevideo (1948).

Ou on a mal vu.
De toute façon, il y a largement de quoi se régaler, pour tous les amateurs de courts et de cinéma italien.



Mercredi 8 avril 2015

 

À Paris, la revue Mélusine n’en finit pas de fêter la sortie de son n° XXXV, "Eros, c’est la vie !"
La première fois, c’était au Musée de l’érotisme, le samedi 14 mars 2015 (où vous étiez tous invités).

À la demande générale des participants, voici une suite, à laquelle tout le monde est convié :

* Eros, c’est la vie 2

Ce soir, mercredi 8 avril 2015, de 18 à 20h, à la Librairie L’Âge d’Homme à Paris (5 rue Férou, 75006 Paris).

* Eros, c’est la vie 3
Dimanche 26 avril 2015, à 17h, à la galerie Artcomplice (11 rue Petit 75019 Paris).


À Paris toujours, une rétrospective : Charles Belmont, l’éclaireur (8-12 avril 2015), au cinéma La Clef, organisée par l’association "Les Amis de Charles Belmont".

C’est la première occasion qu’on a de revoir la quasi totalité de ses films depuis sa disparition en 2011.

On en profitera pour relire les entretiens avec Charles Belmont dans Jeune Cinéma :

* JC n° 33 (à propos de l’Écume des jours, avril 1968),
* JC n° 64 (à propos de Rak, juillet-août 1972),
* JC n° 75 (à propos de Histoire d’A, janvier 1974)
* JC n° 105 (à propos de Pour Clémence, septembre-octobre 1977)
* JC n° 229 (un bilan, octobre-novembre 1994)
* JC n° 244 (à propos de Les Médiateurs du Pacifique,) été 1997.

Le n°229 est encore disponible.

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À Paris, encore : au programme de l’auditorium du musée Guimet, dans le cadre du cycle 2000 ans de théâtre en Asie
 au cinéma, on en est à "L’Inde en scène". Suivront : l’Indonésie, le Japon, Taiwan, la Chine, et l’ensemble Mata Hari, on y reviendra.

* Aujourd’hui, mercredi 8 avril 2015, à 12h15 : Teyyam, la danse des dieux, documentaire de Paul Rognoni (2007).

* Vendredi 10 avril 2015 à 12h15 : La danse de l’enchanteresse, documentaire d’Adoor Gopalakrishnan et Brigitte Chataignier (2007).


À Valence, commence le Festival international des scénaristes, 18e édition (8-12 avril 2015).
Valence scénario, c’est une occasion unique de rencontrer les professionnels de la création audiovisuelle, et de faire quelques TP : avec des ateliers, des forums, des marathons, des portrais sonores, des master class, des projections, des soirées musicales, des ciné-apéros, et toutes ces sortes de choses. Une semaine qui devrait se révéler passionnante, comme les années précédentes.


Les sorties sur les grands écrans

* Lost River de Ryan Gosling (2014).

* Leopardi de Mario Martone (2014) avec à Toulouse, ce soir, la présentation du film par Cristina Noacco (Université Toulouse-Le Mirail), à l’ABC.

* Jack de Edward Berger (2014).

Et une ressortie remarquable, avec David Bowie :

* L’Homme qui venait d’ailleurs de Nicolas Roeg (1986)



Mardi 7 avril 2015

 

Billie Holiday (1915-1959) a cent ans aujourd’hui.

De 1935 à nos jours, le cinéma a largement utilisé sa voix, qu’il la crédite ou non.

Comme actrice, elle était dans le night-club, mais pas au générique, dans The Emperor Jones de Dudley Murphy et William C. de Mille (1933).

Dans New Orleans, le musical de Arthur Lubin (1947), elle a un vrai rôle : Endie est une jeune domestique, qui chante le blues et rencontre un chef d’orchestre, Louis Armstrong.


 

Bonus pour Billie : Consultez l’étourdissant Open Culture.


À Paris, le Brésil, ça continue jusqu’au 18 mai 2015 à la Cinémathèque.
Cf. Journal de Old Gringo, du mercredi 18 mars 2015.

Avec, aussi, la semaine brésilienne, à l’Arlequin, (7-14 avril 2015).

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À Toulouse, c’est Marseille vue par Toulouse à la Cinémathèque (7-29 avril 2015
).
Au programme, on aurait bien ajouté, comme ça, sans réfléchir...

* Passage to Marseilles (avec un s, sic) de Michael Curtiz (1944), pour Bogart et Claude Rains.

et

* Marseille de Angela Schanelec (2004), pour sa façon unique d’écrire ses documentaires.

…et quelques autres qui nous tiennent à cœur.

Mais c’est toujours bien de revoir La Vieille Dame indigne.



Lundi 6 avril 2015

 

Tadeusz Kantor (1915-1990) a 100 ans.

C’était un grand artiste, peintre, écrivain, acteur, théoricien, professeur...
Mais ce qu’on retient surtout de lui, c’est son théâtre.
Art éphémère, vivant, mortel, parallèle : de chaque représentation, il ne reste que des souvenirs qui, au mieux, se transmettent tant bien que mal, et produisent la légende.
Kantor est de ceux qui sont devenus légendaires.

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Toute l’année 2015, on fête ce centenaire un peu partout dans le monde, et notamment à l’Institut polonais.
Mais c’est aujourd’hui, exactement, lundi 6 avril, le jour de son anniversaire.

Quand on a eu la chance d’assister à ses spectacles, avec lui en scène, sous son regard, on aime tout de Kantor.
Mais, dans nos cœurs, c’est surtout la petite mariée de Wielopole, Wielopole qui s’est installée à jamais.


 

Sélection des manifestations

À Paris

Mardi 7 avril 2015, 19h30 : La Classe morte de Andrzej Wajda (1976).
C’est avec ce spectacle que Kantor a inauguré son théâtre, le Cricot 2, en 1975, à la Galerie Krzysztofory, à Cracovie. Wajda, à l’époque, tournait L’Homme de marbre, et s’échappait du tournage pour aller filmer le spectacle de Kantor, dont il fera plus qu’une captation, un documentaire enrichi d’autres images.

C’est à la bibliothèque polonaise, dans le cadre du cycle "Quand le fantastique investit le réel" (entrée libre).

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Lundi 13 avril 2015, 19h30 : Une soirée anniversaire, organisée par Jean-Pierre Thibaudat et Michelle Kokosowski, à l’occasion de la parution de ses Écrits aux Éditions Les Solitaires intempestifs. Au programme : des archives sonores, la lecture de textes inédits par Marcel Bozonnet, Ariel Garcia-Valdès et Micha Lescot, et la projection de La Classe morte, celle de Nat Lilenstein (1989).

C’est à l’Odéon-Théâtre de l’Europe.

Mardi 14 et mercredi 15 avril 2015 : Un colloque franco-polonais, à la Sorbonne, "Kantor au croisement de l’art et de l’histoire" organisé par Georges Banu et Leszek Kolankiewicz

 

À Toulouse

Lundi 13 avril et jusqu’au vendredi 17 avril 2015 : Un portrait multiple de Kantor dans le cadre de la Semaine polonaise (24e édition) sous la direction de Kinga Joucaviel.

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Pour ceux qui ne connaissent pas Kantor :

Post-scriptum 1
Post-scriptum 2



Samedi 4 avril 2015

 

Salut les câblés ! La semaine télé de Jeune Cinéma du 4 au 10 avril 2015.



Vendredi 3 avril 2015

 

Un grand week-end va commencer.

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Un suggestion : profitez de ce que tout le monde ne le sait pas encore, et vous éviterez les queues interminables, classiques au Grand Palais.
Pour l’instant, c’est encore la vieille distinction bourdieusienne qui domine : on préfère l’austère Velasquez, plus chic, aux joyeux Lumière, plus pop.

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Pour fêter les 120 ans du cinéma, allez donc plutôt voir, avant les autres, l’exposition Lumière ! Le cinéma inventé (27 mars-14 juin 2015).

Le charme et la beauté de cette exposition sont rares et remarquables.

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Elle est didactique sans être cuistre, complète sans être fatigante, elle est pour tous les âges.
Il y a des tas de petits films, des livres qu’on peut feuilleter en interactif, des machines épatantes.

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Il y a un espace enfants plein de coussins et de jouets, et, pour les grandes personnes, la reconstitution - pas du tout à l’identique, mais douce - du Salon indien, où fut projeté, le 28 décembre 1895, le tout premier film Lumière : La Sortie des usines Lumière. Cf. Journal de Old Gringo des 22 et 26 mars 2015.

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Elle est belle, cette expo, on s’y sent bien, comme quand on feuillette un album de famille, l’été.

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Jeudi 2 avril 2015

 

Manoel de Oliveira (1908-2015) s’est éteint.

* Manoel de Oliveira, premières œuvres (1931-1980)

* Manoel de Oliveira à Berlin en 1980

* L’Étrange affaire Angelica


Rétrospective Mikio Naruse (1905-1969) à la Maison de la culture du Japon (2-30 avril 2015)

La MCJP, créée en 1997, propose une programmation cinéma très riche.
Mais Mikio Naruse est un de ses cinéastes préférés.

Peut-être parce qu’il fut longtemps méconnu, et n’est parvenu aux cinéphiles occidentaux que dans les années 80, longtemps après ses contemporains, Mizoguchi (1898-1956), Kurosawa (1910-1998) et Ozu (1903-1963).

En effet, c’est la troisième rétrospective Naruse qu’elle propose, après celle de novembre 2001 (reprenant celle de la Cinémathèque de février 2001), et celle de novembre 2006.

Dans cette dernière série Naruse, nous regretterons que ne figure aucun muet.
Et, en tout cas, au moins les trois déjà présentés en 2001 et 2006 :

* Bon courage, larbin ! 
 (Koshiben ganbare) (1931)

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* Après notre séparation (Kimi to wakarete)(1933)

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* Rêves de chaque nuit 
(Yogoto no yume) (1933)

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ainsi que son premier parlant :

* Trois sœurs au cœur pur 
 (Otomegokoro sannin kyodai) (1935).

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En même temps que la très belle exposition sur l’aventure des Frères Lumière (Grand Palais, 27 mars-14 juin 2015), il aurait été intéressant de voir quelques films des débuts du cinéma japonais.

Ils remontent à la fin du 19e siècle, quand l’invention fut présentée à Osaka par Gabriel Veyre et François-Constant Girel, en 1897 - ce qu’on voit en délicieux interactif au Grand Palais.

Naruse ne commence sa carrière qu’une trentaine d’années plus tard, mais il reste fidèle au muet, et ne pratique le parlant qu’à partir de 1935. Alors que le premier film parlant japonais, Madamu to nyobo, de Heinosuke Gosho, date de 1931.

Naruse connaissait bien Gosho, puisque il avait été son assistant et que celui-ci avait monté son premier film : Chanbara fûfu (1930, 21 mn). Ce n’est pas parce que Naruse était traditionnaliste qu’il a tardé à utiliser le son. Il semble plutôt que les films parlants, au Japon, se soient heurtés au puissant lobby des "commentateurs" ("benshi").

Quoiqu’il en soit, les derniers muets de l’histoire du cinéma, les japonais, auraient pu ainsi être vus à Paris, en 2015, avec un regard averti, après la visite au Grand Palais.

Mais ne boudons pas notre plaisir.
Découvrir ou revoir cette lenteur du quotidien, celle du "shomingeki", que certains ont qualifié de tchekhovienne, est une nécessité quasiment thérapeutique, dans l’agitation ambiante.

Le cycle Naruse 2015, commence donc ce soir, jeudi, à 19h30, avec Chrysanthèmes tardifs 
(Bangiku) 
(1954). (1)

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Et demain, vendredi 24 avril 2015, on pourra découvrir un inédit :

* L’étau
 (Onna no naka ni iru tanin) (1966)

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1. Question de traduction : Il y a chrysanthèmes et chrysanthèmes, au Japon.
Il ne faut pas confondre ce film, Bangiku, avec Le Conte des chrysanthèmes tardifs (Zangiku monogatari) de Mizoguchi (1939), d’après Matsutarō Kawaguchi (1899-1985). Bangiku de Naruse a été réalisé d’après la romancière Fumiko Hayashi (1903-1951), dont Naruse a adapté une demi-douzaine d’ouvrages, parmi lesquels on pourra voir, à la MCJP, en 2015 :

* Le repas 
(Meshi) 
(1951).

* L’éclair 
(Inazuma) 
(1952)/

* Épouse 
(Tsuma) (1953).

* Nuages flot­tants 
(Ukigumo) (1955).

* Chronique de mon vagabondage (Houro-ki) (1962), son autobiographie.

Consultez le programme complet de ce cycle Mikio Naruse 2015.

Et merci au remarquable site franco-asiatique, Shangols, que nous vous recommandons, comme une référence complémentaire de IMDB.



Mercredi 1er avril 2015

 

Le mercredi, c’est le jour des "sorties".
Mais il y a désormais tant d’avant-premières, que ce n’est plus un jour quasi "sacré", comme autrefois, quand les producteurs se ruaient sur CinéChiffres.

C’est ainsi que les heureux Marseillais vont pouvoir voir le film de Carmen Castillo, On est vivants ! (2014), (sortie officielle le 29 avril 2015) avant tout le monde, en sa présence, et celle des militants de Quartiers Nord-Quartiers Forts.
C’est Jean-Marcel Bouguereau qui présentera cette avant-première mondiale.

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C’est à 20h30, à l’Alhambra, mais on peut aller s’y restaurer dès 19h.

On en profite pour vous annoncer que le numéro 25 de la revue Contretemps (printemps 2015) est paru ou ne devrait pas tarder à paraître. Il comporte un entretien très riche avec Castillo.

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Les sorties sur les grands écrans.

* Ningen de Çağla Zencirci & Guillaume Giovanetti (2014).
À propos des Nuits d’été de Mario Fanfani, on vous disait, en note, tout le bien qu’on pensait de leur premier film Noor (Sélection ACID, Cannes 2012), qui se passait au Pakistan, avec sa tradition des "khusra". Cette fois, ils vont au Japon.

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* Journal d’une femme de chambre de Benoît Jacquot (2015).

* François Maspero, les chemins de la liberté de Jean-François Raynaud, Yves Campagna, Bruno Guichard (2014), si vous ne l’avez pas vu en avant-première à la fin de 2014. C’est au cinéma La Clef avec Julien Hage, pour en débattre.

On a souvent un petit faible pour les ressorties :

* L’Obsédé (The Collector) de William Wyler (1965).


 


Enfin, pour ceux qui ne sont pas à Marseille, ou ceux qui ne veulent pas sortir, c’est ce soir que commence, sur TCM, Hollywood Scandal, une programmation que nous suivrons attentivement.


 



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