Journal de Louise Wimmer (mars 2018) I
1er-15 mars 2018
publié le jeudi 15 mars 2018


 

MARS 2018

(1er-15 mars 2018)
 



Jeudi 15 mars 2018

 

À Paris, et dans toute la France, les retraités ont cotisé toute leur vie. Leur pension, elle leur est due. Ils ne comprennent pas pourquoi on la ponctionne pour redresser l’pays.
Ils en ont marre, aussi, d’être maltraités dans les EHPAD.
Il en ont marre enfin qu’on leur refuse l’euthanasie et le suicide assisté s’ils les demandent, et marre d’être obligés d’aller en Suisse, comme les filles, dans leur jeunesse, pour avorter.


 

* À 14h30 : Départ de Montparnasse. Puis rue de Sèvres, avenue de Breteuil, boulevard des Invalides, rue de Varenne, Invalides.

Que les flics ne s’inquiètent pas trop.
Il est probable qu’ils ne lanceront pas de pavés dans les vitrines en fin de manif, et qu’ils courront moins vite qu’en 68.
Quoique.
Certains en encore bon pied bon œil et bonne mémoire.
Et il faut compter avec les petits-enfants qui ont l’esprit de famille et qui, au chômage, donneront peut-être un coup de main.

Les dirigeants, qui se veulent modernes, disent "qu’ils assument".
Les retraités, modernes eux aussi, pensent qu’on pourrait tout aussi bien les faire monter en haut du cocotier avant de le secouer.
Ils ont souvent lu Simone de Beauvoir. : "Les vieillards sont-ils des hommes ? À voir la manière dont notre société les traite, il est permis d’en douter".


 


 

Ils fredonnent parfois Montehus. Alors ils sont habitués. Mais ils en ont marre quand même que "la modernité" ce soit toujours vers un pire.


 

Les dirigeants doivent se dire que "Raymonde, elle avait qu’à faire ministre". Ici, on reste poli, on n’est pas sur un réseau social. Mais on a beau être habitué, des fois, on est vraiment indigné, et le sarcasme fait long feu.

Place du 18 juin 1940, 75006 Paris.


Le Mashup Festival de 2018 commence aujourd’hui (15 mars-19 avril 2018).

Pour ceux qui ne connaissent pas encore le Mashup, c’est très simple. Il y a quatre nouveaux langages qui révolutionnent le cinéma aujourd’hui : la Série, le Transmédia, la Réalité Virtuelle et le Mashup.

1ère Bande Annonce Nationale MFF 2018 from Julien Lahmi on Vimeo.


 

À Marseille, Vidéodrome2 l’inaugure ce soir (15-16 mars 2018).

* À 19h00 : Place au Mashup ! : Cinescanner.


 

Suivront l’Île-de-France, Rennes, Valence, Grenoble, Lyon, Nancy, Amsterdam... 
Et de toute façon, un lien permanent via les réseaux sociaux, Mashup est résolument 2.0 : #soireedouverture et @MashupFilmFestival.

On consulte l’agenda et les lieux du festival.

Videodrome 2, 49 cours Julien, 13006 Marseille.
Mashup Film Festival, 245 rue de Tolbiac, 75013 Paris.


À Paris, à la Cinémathèque commence la rétrospective Kenji Mizoguchi (15 mars-15 avril 2018).

* À 20h00 : L’Intendant Sansho de Kenji Mizoguchi (1954).


 

Cinémathèque française, 51 rue de Bercy, 75012 Paris.


Le G.R.E.C. qui produit des premiers courts métrages depuis 45 ans, participe à la Fête du court métrage.
Comme tout le monde, il pose la question : Mai 68… et après ?
Ce soir, le programme est autour de la liberté, du féminisme et du combat social... en avant mai 1968-2018.
Entrée libre dans la limite des places disponibles.

* À 20h00 : Rendez-vous romantiques de Michka Gorki (1972) ; Heavy Sentimental de Laure Ballarin (2012) ; On ira à Neuilly inch’allah de Anna Salzberg & Mehdi Ahoudig (2015) ; Les Marées blanches de Marie Fages (2016).
En présence des réalisatrices Michka Gorki et Anna Salzberg.


 

Nouvel Odéon, 6 rue de l’École de médecine, 75006 Paris.


Au cinéclub de l’Aéroclub, la soirée cinéphile a pour thème Tranche de vie d’un pilote sans ses ailes. Bon.

Au programme, surtout, un film avec Kay Francis, qu’il est hors de question de manquer, parce qu’on ne manque pas les rendez-vous avec Kay Francis, point barre.
Il faut juste confirmer.

* À 20h00 : Living on Velvet de Frank Borzage (1935).


 

Aéro-Club de France, 6 rue Galilée , 75016 Paris.


À la MEP, sont arrivées les nouvelles expos (7 mars-20 mai 2018).

* La photographie française existe… Je l’ai rencontrée.


 


 

* Roger Moukarzel. Des femmes dans la photographie.


 

* Guillaume de Sardes. Fragments d’une histoire d’amour.


 

* Olivia Gay. Envisagées.


 

Faites votre programme de rencontres, lectures, performances, projections.

Maison européenne de la photographie, 5-7 rue de Fourcy, 75004 Paris.



Mercredi 14 mars 2018

 

Stephen Hawking (1942-2018), est mort ce matin, 14 mars 2018.

Il pensait que le développement d’une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à la race humaine.
En attendant, ici et maintenant, on se sent tous un peu comme des trous noirs endeuillés.


 


 

* Hawking de Philip Martin (2004), avec Benedict Cumberbatch.


 

* Une merveilleuse histoire du temps (The Theory of Everything) de James Marsh (2014), avec Eddie Redmayne.


 

Bonne lecture :

* Stephen Hawking, A Brief History of Time. From the Big Bang to Black Holes, préface de Carl Sagan, New York, Bantam Books, 1988 ; traduction par Isabelle Naddeo-Souriau, Une brève histoire du temps. Du big bang aux trous noirs, Paris, Flammarion, 1989 ; nouvelle édition précédée d’un entretien avec Christophe Galfard, Paris, 2017.


 


La Fête du court métrage commence. (14-20 mars 2018).


 

Une grande fête, avec plus de 10 000 événements (projections, animations, rencontres, débats...) dans plus de 6 000 lieux, partout en France et dans le monde.


 

Faites votre programme de l’édition 2018.

Retrouvez les événements près de chez vous.


Courts métrages.

À Nice, avec l’association Héliotrope,
 le Festival européen du film court de Nice 
et la SNCF, ça commence aujourd’hui dès 10h00.

La soirée d’inauguration a lieu en plein air en entrée libre. Un temps radieux, mais frisquet, on prend sa doudoune et son cache-nez.
Suivront sept jours de projections et animations gratuites.

* À 19h00 : Sept courts métrages.
Aspirational de Matthew Frost (2014) ; Une sur trois de Cecilia de Arce (2015) ; Le futur sera chauve de Paul Cabon (2016) ; Tout le monde dit je t’aime de Cécile Ducrocq (2010) ; Ou je mets ma pudeur de Sébastien Bailly (2013) ; A Single Life de Marieke Blaauw, Joris Oprins & Job Roggeveen (2014) ; L’Ile jaune de Léa Mysius & Paul Guilhaume (2015).

Aspirational by Matthew Frost from AUS INT FASH FILM FEST on Vimeo.


 

Faites votre programme.

Parvis de la gare SNCF, Nice ville.
Accueil de la Fête du Court Côte d’Azur, Passerelle au port de Nice.


Courts métrages encore.

À Pantin, Écrans libres#6 rend hommage à Valérie Mréjen.

* À 20h15 : Chamonix (2002) ; Enfant chéri (Coréalisé avec Bertrand Schefer, 2016) ; La Défaite du rouge-gorge (2001) ; Déshabillé (2017) ; Portraits filmés 2 (2002) ; Chamonix bis.


 

Festival Côté court, Ciné 104, 104 avenue Jean-Lolive, 93500 Pantin.


Courts métrages toujours, même au Canada.

À Saguenay, commence le Festival international du court métrage Regard, 22e édition (14-18 mars 2018).


 

En 2018, il célèbre le 100e anniversaire de l’Estonie.

Saguenay, Lac-Saint-Jean au Québec.


À Paris, à la Cinémathèque, commence la rétrospective Louis Malle (14 mars-1er avril 2018).

* À 20h00 : Lacombe Lucien de Louis Malle (1973).
En présence de Justine Malle.


 

Cinémathèque française, 51 rue de Bercy, 75012 Paris.


À Paris, au cinéma Les Acacias, et à Lyon, à l’Institut Lumière : Mini-rétrospective Wim Wenders, en versions restaurées.


 

En partenariat avec France Culture.

* L’Angoisse du gardien de but au moment du penalty (Die Angst des Tormanns beim Elfmeter, 1971).

* Alice dans les villes (Alice in den Städten, 1973).

* Faux-mouvement (Falsche Bewegung, 1974).

* Au fil du temps (Im Lauf der Zeit, 1975).

* L’Ami américain (Der Amerikanische Freund, 1976).

* L’État des choses (Der Stand der Dinge, 1981).

Les Acacias, 63 rue de Ponthieu, 75008 Paris.
Institut Lumière, 25 rue du Premier-Film, 69008 Lyon.


À Toulouse, à la Cinémathèque, c’est L’Odyssée de l’espace en partenariat avec le CNES et la Cité de l’espace.

* À 20h00 : Out of the Present de Andrei Ujica (1995).
Séance suivie d’un échange avec Jean-François Clervoy.


 

Cinémathèque de Toulouse, 69 rue du Taur, 31000 Toulouse.


À Paris, Osez le féminisme invite à son FéminisTalk mensuel, contre l’omerta qui pèse sur les femmes dans le milieu culturel.

* À 19h00 : Culture du viol, violences dans la culture.
Avec Claire Serre-Combe, Typhaine D, Claire Bouet.

La violence faite aux femmes, considérées comme les biens meubles des mâles, c’est pas nouveau, c’est originel, structurel, culturel. Zeus donnait l’exemple.
Et c’est encore plus sournois et pernicieux dans les milieux dits "culturels", où la beauté - même convulsive - et l’amour sont supposés régner, et où, même les dissonances sont censée être harmonieuses.

C’est si beau et naturel que le fait historique de l’enlèvement des Sabines, par exemple, a superbement inspiré tous les artistes à tarvers les siècles, de Giambologna à Picasso en passant par David et Poussin.


 

Ce qui est nouveau, c’est que, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, non seulement ce n’est plus souhaitable, mais ça ne semble plus si naturel que ça.

Quant aux artistes, à la fois honnis parce que dangereux, mais aussi portés aux nues parce que quasi-divins, ils sont remis en cause, sans qu’on sache toujours, d’ailleurs, par quel bout prendre l’opération, l’homme régnant et l’œuvre sacrées restant plus ou moins intimement mêlées. Pour l’instant, on finit toujours par la prendre dans l’intérêt du patriarcat.


 

La tâche est immense, qui demande à tous de remettre en cause, des millénaires d’habitudes. La tâche est immense, mais elle a commencé.

Maison des associations, 22 rue Deparcieux, 75014 Paris.


Les sorties sur les grands écrans

* Un Juif pour l’exemple de Jacob Berger (2016).

* La Belle et la belle de Sophie Fillières (2017).

* Razzia de Nabil Ayouch (2017).

* Drop of Sun de Elene Naveriani (2017).

* America de Claus Drexel (2017).

* Ghostland de Pascal Laugier (2018).

* Chien de Samuel Benchetrit (2017).

* Avant que nous disparaissions (Sanpo suru shinryakusha) de Kyoshi Kurosawa (2017).

Les ressorties en versions restaurées

* Embrasse-moi, idiot (Kiss Me, Stupid) de Billy Wilder (1964).

* Mon vingtième siècle (Az én XX. századom) de Ildiko Enyedi (1989).



Mardi 13 mars 2018

 

À Paris, s’ouvre aujourd’hui le procès de Julien Coupat et de sept autres militants, qui sera scruté de près, tant lui (le procès) et l’affaire (qui date de 2008) sont de nature politicienne. Ceux qui pourront y assister, s’ils sont assez âgés, se souviendront du procès Goldman, à Amiens en 1976.


 

La justice est si lente qu’on avait oublié les détails de cette affaire vieille de dix ans.
En 2008, elle nous avait persuadés que la liberté d’opinon, en France, était chose toute relative. Sans parler de la colère, la colère infernale tout autant que légitime, qui prend parfois les humains les moins engagés devant les injustices rugissantes, que la "démocratie" ne supportait pas.
En 2009, on avait aussi (re)découvert les dossiers truqués et les fake - comme on dit maintenant - même pas bien faits.


 

Une évidence s’était imposée : il n’a jamais fait bon se déclarer "anarchiste", où que ce soit dans le monde, malgré les glorieux théoriciens. Vivre sans hiérarchie calcifiée, citer Kropotkine ou Stirner, ne pas avoir de "vocabulaire commun" avec le pouvoir, capitaliste en l’occurrence, vous désigne a priori comme gibier principal, suspect naturel, et premier bouc-émissaire.

Le discret Julien Coupat est réapparu chez Élise Lucet, jeudi 8 mars 2018, avec son camarade Mathieu Burnel, et ils ont réveillé les souvenirs.


 

Aparté : Élise Lucet, sur la chaîne publique, nous épate et nous inquiète. À force de révéler les ignominies du système (il faut voir L’Exécuteur. Confessions d’un DRH qui fait froid dans le dos), elle prend des risques, non ? Ailleurs, il y aurait longtemps qu’on l’aurait fait taire, non ? En même temps, il ne faut jamais sous-estimer les capacités de récupération de notre système hyperperformant, on sait.

Pour en revenir à ceux de Tarnac, c’est l’occasion de revoir ce qu’on annonçait mercredi 28 février 2018, les Textes et documents relatifs à l’affaire dite de Tarnac de chez Lundi matin.


 

Il faut surtout découvrir le dernier film de Florent Tillon : Et pendant ce temps-là… ou considérations sur les affaires en cours (2018).

Euphorisant, 24 minutes 34 de quasi-bonheur, "quelque chose de l’ordre de l’avec". On y entend Jean Oury et aussi une citation des Hurlements en faveur de Sade, vers la 17e minute.
"Détournez, détournez, il en restera toujours quelque chose", c’est notre méthode de "propagande" préférée.

ET PENDANT CE TEMPS LÀ - ou : Considérations sur les affaires en cours - (film de détournement) from florent tillon on Vimeo.


 


À Lyon, l’Institut Lumière présente une mini Rétrospective Wim Wenders concentrée avec huit films restaurés (13 mars-2 mai 2018) qui sortent en salle à partir de demain, mercredi 14 mars 2018.

Ce soir :

* À 21h00 : L’Ami américain de Wim Wenders (1977).


 

Institut Lumière, 25 rue du Premier-Film, 69008 Lyon.


À Bruxelles, le Festival Off Screen, 11e édition, non compétitif, qui donne à voir des films non distribués ou rarement projetés, des indépendants et des outsiders, rassemblés en programmations thématiques, en est à mi-parcours (7-25 mars 2018).


 

La Cinematek, lui prête main forte pour la section Vampires Suck !

Ce soir :

* À 21h00 : Innocent Blood de John Landis (1992).


 

Cinematek, salle Ledoux, rue Baron Horta 9, 1000 Bruxelles.


On retourne à Paris, où la Fondation Seydoux focalise sur l’Europe du Nord : Cinéma allemand et films baltes (13 mars-3 avril 2018).

* Une décennie du cinéma allemand (1920-1930).
Avec onze grands classiques de l’Âge d’or du cinéma allemand.

* Trois longs métrages inédits des pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie), à l’occasion du 100ème anniversaire de leur indépendance.

Aujourd’hui :

* À 14h00 : La Découverte d’un secret (Schloß Vogelöd) de Friedrich Wilhelm Murnau (1921).


 

* À 15h30 : Les Espions (Spione) de Fritz Lang & Thea von Harbou (1928).


 

Faites votre programme.

En même temps, elle inaugure sa nouvelle exposition (avec conférence, rencontre et visites guidées) : Cândido de Faria, un Brésilien à Paris (13 mars-12 juillet 2018).


 

Faites votre programme.

Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, 73 avenue des Gobelins, 75013 Paris.


À Paris, le mardi, il y a nos ciné-clubs favoris.

Cinécaro, né en 2014, dans le IIIe arrondissement, se voulait "un cinéma de quartier ouvert sur le monde du cinéma", avec une programmation thématique par saison.

En 2014-2015 : Paris 3ème ; en 2015-2016 : La vie ensemble ; en 2016-2017 : La jeunesse.


 

Cinécaro en est à sa quatrième saison 2017-2018 : Frontières.
Et, de ciné-club de quartier, il est devenu un rendez-vous parisien bimestriel.

* À 19h30 : Un héros très discret de Jacques Audiard (1996).
Débat avec Alain Le Henry.


 

Auditorium du Carreau du Temple, 2 rue Perrée, 75003 Paris.


Au Quartier latin, le Ciné-club de l’ENS, propose sa séance hebdomadaire.

* À 20h30 : Le Trésor (Comoara) de Corneliu Poromboiu (2015).


 

ENS, salle Dussane, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris.


À la Maison des sciences de l’homme, le Séminaire du Collège d’études mondiales aborde la question des machines, qui, parmi les choses construites par les êtres humains, ressemblent le plus à leur créateurs.


 

* À 11h00 : Le cinéma de science-fiction et l’ontologie des machines.
Par Enrico Terrone.

Pour entrevoir ce qu’est une machine, rien de tel que le cinéma de science-fiction, pionnier.

FMSH, salle B1-1854, 54 boulevard Raspail, 75006 Paris.


Au Palais de la Porte dorée : Mondes tsiganes (13 mars-26 août 2018).

Ils enlèvent les petits enfants, elles disent la bonne aventure, ils sont nomades et voleurs et encombrent les marges des villes, ils viennent de Bohème, d’Andalousie ou de pays qui n’existent plus, ce sont de grands musiciens, ils ont été étoilés et génocidés par les nazis, comme les communistes, les juifs, les homos, les franc-macs, les Témoins de Jehovah et autres asociaux ou apatrides.


 


 

Marre des mixture floues, stéréotypes plus ou moins poético-amicaux et rejets plus ou moins politico-racistes.
On va faire vraiment connaissance avec eux, leurs familles, leurs histoires, à travers 800 photographies.


 

Bonne lecture :

* Ilsen About, Mathieu Pernot & Adèle Sutre éds., Mondes tsiganes, une histoire photographique, Arles, Actes Sud, 2018.

Palais de la Porte Dorée, Musée national de l’histoire de l’immigration, 293 avenue Daumesnil, 75012 Paris.



Lundi 12 mars 2018

 

À la Maison des sciences de l’homme, dans le cadre du programme Diffusion des savoirs de la FMSH, le premier entretien du Forum propose :

* À 13h00 : Topor, artiste aux mille éclats.
Avec Alexander Devaux, Nelly Feuerhanhn, Bertrand Tillier, Nicolas Topor.

Roland Topor (1938-1997) est mort bien jeune, après avoir, génialement, "touché à tout", films, TV, dessins, affiches, romans, nouvelles, etc.
À l’occasion des 20 ans de sa disparition, la Bibliothèque nationale lui avait consacré une exposition l’été dernier : Le Monde selon Topor (28 mars-16 juillet 2017).


 

Bonnes lectures :

* Alexandre Devaux & Bertrand Tillier, éds., Topor, artiste multimédia, Sociétés & Représentations n°44, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2017.


 

* Morgan Labar, éd., Rire et bêtise, Humoresques n°42, Paris, Éditions de la MSH 2017.


 

FMSH, Forum Bibliothèque laboratoire, 54 boulevard Raspail, 75006 Paris.


À Londres, la Tate Modern s’occupe d’une "période" spécifique de Picasso : Picasso 1932 - Love, Fame, Tragedy (8 mars-9 septembre 2018).


 

Tate Modern, Bankside, London SE1 9TG.


À Zurich, la Kunsthaus dévoile quelques uns de ses trésors : Magritte, Dietrich, Rousseau. Objectivité visionnaire (9 mars-8 juillet 2018).


 

Alors que naissait l’art abstrait, s’épanouissant et prenant de plus en plus de place, la peinture figurative ne cédait pas le pas.
Bien au contraire, elle traversait les miroirs et explorait des univers fantastiques inconnus. Les surréalistes, les naïfs, ceux de la Nouvelle Objectivité et d’autres encore ouvraient des portes, jusque là verrouillées, sur des espaces intérieurs, abstraits eux aussi et tout aussi mystérieux.


 


 

Kunsthaus, Heimplatz 1, 8001 Zürich.



Dimanche 11 mars 2018

 

Fukushima, c’était il y a 7 ans, la plus grande catastrophe de l’histoire du nucléaire non militaire.

Certains retournent un peu à Naraha, encouragés par les autorités, et par l’espèce de quarantaine qui les frappent ailleurs, quand ils ont fui et sont devenus des "réfugiés", cette nouvelle catégorie fourre-tout de Terriens exclus, pestiférés. Alors même que dans toute la zone, les réacteurs accidentés continuent à déverser leur souffle infernal.


 

À Naraha, certaines remplissent le vide immense, entouré de déchets radioactifs dans des misérables sacs poubelle, avec des poupées pathétiques.


 


 

Le monde ne sait pas quoi faire de ses déchets, les radioactifs étant les plus inquiétants. Ils seront stockés là où il n’y aura pas de résistance, chez les pauvres et les sans-pouvoir.

En France, dans une philosophie comptable, les choix sont "réalistes". Les centrales, on va les ravauder et les user jusqu’à la corde.
Bien que les pièces au dossier soient accablantes, et que la filmographie s’allonge : incidents à répétitions, anomalies, malfaçons, falsifications. Et mensonges décomplexés ("assumés", c’est le mot à la mode). Alors que personne, même en rigolant, n’a encore avalé la couleuvre d’il y a 32 ans, ces fameuses radiations qui ne passent pas les frontières.
Car on n’oublie pas Fukushima le 11 mars 2011, mais pas non plus Tchernobyl le 26 avril 1986.

Alors on résiste comme on peut, on manifeste, on proteste.

* À 14h00, à Paris : Rassemblement antinucléaire unitaire.
Un mot d’ordre : N’attendons pas l’accident. Sortons du nucléaire et levons les obstacles au développement des alternatives !

Avec le Réseau Sortir du nucléaire, et quelques autres, Yosomono, Sortir du nucléaire Paris, France Insoumise, Ensemble, Solidaires, Attac, EELV, Ecoéchange, ACDN, Parti Antispéciste Citoyen pour la Transparence et l’Éthique...

On se mobilise en clamant aussi Plus jamais ça !.
Les esprits forts, les vieux de la vieille, les grands pessimistes ricanent devant la phrase toute fraîche.
Tout en espérant, secrètement, qu’elle pourrait servir un jour.
Et tous les "hommes" de bonne volonté vont suivre, avec persévérance, les 50 jours qui viennent.


 

Demain, lundi 12 mars 2018 :

* À 18h00 : Le Couvercle du soleil (Taiyô no futa) de Furoshi Sato (2017).
En présence de Naoto Kan, ancien premier ministre du Japon, en exercice au moment de la catastrophe de Fukushima et M. Tamiyoshi Tachibana, producteur exécutif du film.


 

Cinéma Les 7 Parnassiens, 98 boulevard du Montparnasse, 75014 Paris.

Liste des actions.


Les réfugiés, ils meurent dans la rue, et on peut penser à eux autrement que comme des groupes mal définis. Chacun a un corps et une vie intérieure, chacun a une histoire.

Valérie Osouf raconte :

Un homme, réfugié soudanais, est décédé dans la rue aujourd’hui, 8 mars 2018, Porte de la Chapelle. Son corps recouvert à la va-vite est resté des heures par terre sous la pluie, sous surveillance de la police qui a refusé que ses compatriotes restent à ses côtés. La réponse est toujours la même et en toute circonstance : chasser, barrer. Eux voulaient juste un peu de dignité et de respect et pas que sa dépouille reste si longtemps là, sur le terre plein entre les pots d’échappements, à même le sol au milieu des axes de circulation. Il était venu chercher refuge en France. Il avait survécu à la dictature de Khartoum, au Ténéré, à la Libye, à la traversée de la Méditerranée, au passage de la frontière italienne. Mais il est mort à Paris.


 

* À 10h00 : Hommage collectif à Karim I.
Et aux centaines de milliers de morts et de disparus de l’exil (12 000 disparus en Europe, rien que pour les mineurs).

Porte de la Chapelle, 75018 Paris.


À Bergame, a commencé hier le Bergamo Film Meeting, 36e édition (10-18 mars 2018).


 

Les deux stars de la cuvée 2018 :

* Hommage à Liv Ulmann.
Avec une exposition de photos Liv & Ingmar (Sala alla Porta Sant’Agostino).

* Exposition Jonas Mekas (Palazzo della Ragione).

BFM36 / Trailer from Bergamo Film Meeting on Vimeo.


 

Il a commencé très fort avec des films à partir de 14h45 (Skammen-La Honte de Ingmar Bergman, 1968), et 15h30 (Out-Takes from the Life of a Happy Man de Jonas Mekas, 2012).
La journée s’est déroulée ensuite sans discontinuer, avec des films inconnus à découvrir, entre l’Auditorium di Piazza Libertà et le Cinema San Marco Multisala.
La dernière séance a commencé à minuit (Das Schlangenei-L’Œuf du serpent de Bergman, 1977).
On ne pouvait pas être partout. Tout juste le temps d’un petit apéro avec Stéphane Brizé.
Heureusement qu’on a de la bouteille, et vu déjà pas mal de choses, parce qu’à ce rythme-là, on ne tiendrait pas toute la semaine.


 

Le festival de Bergame est né en 1983 et, au départ, il n’était pas compétitif. Et puis, comme la plupart, il n’a pas pu résister au piment de la compète, et en 1987, c’était parti. Il a commencé doucement avec un prix du public : la Rosa Camuna d’or, d’argent et de bronze, devenu, depuis 2009, Premio Bergamo Film Meeting, et, à partir de 2013, un prix en monnaie sonnante et trébuchante est décerné au film lauréat. En 2018, le prix du meilleur documentaire traitant du monde du travail est instauré, avec un jury composé par des représentants syndicaux.

Le festival de Bergame a donc maintenant tous les attributs d’un grand festival international, soutenu par l’Union européenne, avec des invités, des rencontres, des événements spéciaux, des master class et des ateliers, une section classique, une section pour les jeunes, etc. et un magazine Cineforum.

COUNTERPART Official Trailer (2014) from Vernon Films on Vimeo.


 

En 2018, pendant neuf jours, plus de 160 films inédits en Italie, courts métrages et longs métrages, documentaires et fictions,

* Compétition internationale ; Célébration des 50 ans du printemps de Prague ; Section Visti da vicino (documentaires) ; Section Europe, now ! avec trois auteurs : l’Autrichienne Barbara Albert, le Roumain Adrian Sitaru et le Français Stéphane Brizé ; Section Animation, avec un focus sur la Slovène Špela Čadež.

Faites votre programme d’aujourd’hui, dimanche 11 mars 2018.

Et celui de la semaine.

Bergamo Film Meeting, Via Pignolo 123, 24121 Bergamo.


À Milan, c’est festivals tout le mois de mars.

* Festival Sguardi Altrove, 25e édition (11-18 mars 2018).
Les femmes y sont à l’honneur, surtout celles d’Europe de l’Est, avec un gros plan sur la Bulgarie.


 

Citons Godless de Ralitza Petrova (2016).
Léopard d’or et Léopard d’argent de la meilleure interprétation féminine au Festival deLocarno 2016.

GODLESS / БЕЗБОГ / official trailer from Ralitza Petrova on Vimeo.


 

* Festival Cinema africano, Asia e America latina, 28e édition (18-25 mars 2018).


 

C’est le seul festival italien qui s’occupe des "trois continents".
Il ouvrira avec Une saison en France de Mahamat-Saleh Haroun (2017).


 


À Marseille, à la Friche Belle de Mai, on découvre l’Argentin Carlos Kusnir (11 mars-3 juin 2018).


 


 

Friche Belle de Mai, La Tour-Panorama, 41 rue Jobin, 13003 Marseille.



Samedi 10 mars 2018

 

À Marseille, Bertrand Mandico est de passage pour présenter son cycle Hormona.

* À 17H00, à Vidéodrome2 : Prehistoric Cabaret (2013) ; Y-a-t-il une vierge encore vivante ? (2015), Notre Dame des hormones (2015).


 

* À 20h00, au Gyptis : Les Garçons Sauvages (2017).


 

Videodrome 2, 49 cours Julien, 13006 Marseille.
Le Gyptis, 136 rue Loubon, 13003 Marseille.


À Paris, le Salon anticolonial est l’acmé de la Semaine anticoloniale (10-11 mars 2018).

Il est inauguré, à 12h30, par la Chorale populaire de Paris.


 

Un programme très riche ces deux jours : stands internationaux, débats, rencontres, conférences, projections, etc.

Et, entre autres, une occasion de faire mieux connaissance avec la street artiste Lucyluciole, qui a réalisé l’affiche, et dont il est bon de croiser les œuvres, au hasard des rues.


 

* À 14h00 : Vernissage de l’exposition Protecteurs de l’Eau, Gardiens de la Terre avec Christi Belcourt, Ka’ila Farrell-Smith, Jackie Fawn, Keith Haines, Dylan Miner, Isaac Murdoch, Erica Pretty Eagle Moore, Cyrus Norcross, Ernesto Yerena, Roben White (10-25 mars 2018).

Avec rebond à la librairie Quilombo, mardi prochain, le 13 mars 2018.

La Bellevilloise, 19-21 rue Boyer, 75020 Paris.


À Paris, au cinéma La Clef, les Cheminots cinéphiles présentent une avant-première.

* À 16h00 : 23H58 de Pierre-William Glenn (1993).
En sa présence avec Jean-François Stevenin.


 

La Clef, 34 rue Daubenton, 75005 Paris.


À Paris toujours, la Librairie du Panthéon ne désemplit pas.

* À 11h00 : Carte blanche à Régis Wargnier, à l’occasion de la parution de son premier roman Les prix d’excellence (Grasset (2018).


 

* À 16h30 : Jacques Aumont, autour de 2X2 Hélas pour moi Godard Nouvelle vague, 202 éditions (2018).


 

Librairie du Panthéon, 15 rue Victor-Cousin, 75005 Paris.


Et encore à Paris, à l’IMA : Pour un musée en Palestine, 2e édition (10 mars-13 mai 2018).

La collection destinée au futur Musée d’art moderne et contemporain en Palestine, s’étoffe de jour en jour, et compte, à présent, 140 œuvres toutes issues de dons solidaires d’artistes européens et arabes.


 

Nous aussi nous aimons la vie, disait Mahmoud Darwish.

Institut du monde arabe, 1 rue des Fossés Saint-Bernard, 75005 Paris.


Salut les câblés !

La semaine télé de Jeune Cinéma du 10 au 16 mars 2018.



Vendredi 9 mars 2018

 

À Créteil, à la MAC, commence le Festival international de films de femmes, 40e édition (9-18 mars 2018).


 

Le FIFF est le plus ancien festival international de films ouvert à "la diversité de la création cinématographique des réalisatrices".


 

Soirée d’ouverture avec :

* À 20h30 : Marlina, la tueuse en 4 actes de Mouly Surya (2017).

En 2018, il y a les grandes classiques, invitées d’honneur, Margarethe von Trotta, Márta Mészáros, Agnieszka Holland, et on fête Lorenza Mazzetti (née en 1927) et Maï Zetterling (1925-1994).

Parmi les film en compétition, on va faire des découvertes avec les jeunes réalisatrices : Deborah Haywood, Joanna Kos-Krauze, Eliane Umuhire, Elena Naveriani, Masa Hilcin, Ainara Vera, Carol Salter, Anne-Marie Puga (& Jean-Raymond Garcia), Margot Gallimard, Agneta Fagerstrom-Olsson, Urzula Antoniak, Egle Vertelyté, Hanna Slak.

On a déjà vu Le Viol du routier de Juliette Chenais de Busscher (2017), qui nous a épatés. Citons l’éditorial de Lucien Logette, dans Jeune Cinéma n°385-386, de février 2018, qui vient de sortir : "Il s’agit de cinéma pauvre - deux comédiennes, des non-professionnels et une réalisatrice qui occupe tous les postes - et qui compense cette pauvreté par un noir & blanc très travaillé et une étonnante fermeté de propos à l’intérieur d’une narration libre, tout en éclats et en affrontements violents (et surtout sexuels). Rarement un discours s’est proclamé aussi ouvertement féministe, dans un registre à la fois grossier, sérieux et tendre - et toujours juste. Les hommes sont tous plongés dans le même sac, ce qui assure au film son actualité. Pour les amateurs anciens, les deux héroïnes rappellent Les Petites Marguerites de Vera Chytilova, à la puissance 10. Bancal, imparfait, mais teigneux et roboratif : tout ce qu’on aime."


 

Il y a des tas de rendez-vous, rencontres, débats, colloque, table ronde.

On note tout de suite ceux de demain, samedi 10 mars 2018, avec Margarethe von Trotta :

* À 16h30 : Master Class de Margarethe von Trotta autour des films Rosa Luxemburg, Hannah Arendt, Vision. L’Histoire de Hildegarde von Bingen, animée par Jackie Buet.


 

* À 21h00 : Vision. Sur la vie de Hildegard de Bingen (Aus dem Leben der Hildegard von Bingen) de Margarethe Von Trotta (2009).


 

Faites votre programme.

Le FIFF sur France Culture.
https://www.franceculture.fr/evenement/festival-international-de-films-de-femmes-de-creteil#xtor=EPR-2-

Maison des arts de Créteil (MAC), place Salvador-Allende, 94000 Créteil.


À Lyon, le Festival Écrans mixtes, 8e édition, bat son plein (7-15 mars 2018).


 

Cette année, une Rétrospective João Pedro Rodrigues, des invités d’honneur, Monika Treut et Bruce LaBruce, une carte blanche à Queer Lisboa avec des classiques, des inédits et des avant-premières


 

Aujourd’hui des master class et des films.

* À 17h00 à l’Université Lumière Lyon II (campus des berges du Rhône) : Masterclass de Joao Pedro Rodrigues, avec Jean-Sébastien Chauvin.
Entrée libre.

* À 19h00 au Goethe Institut : Masterclass de Monika Treut, avec Jean-Sébastien Chauvin.
Entrée libre.

Faites votre programme.

Écrans mixtes, 7 rue Passet, 69007 Lyon.


À Paris, au Musée Jacquemart-André : Mary Cassatt. Une impressionniste américaine à Paris (9 mars-23 juillet 2018).


 

Mary Cassatt (1844-1926), qui a vécu près de 60 ans en France, est la seule peintre américaine à avoir exposé avec le groupe des impressionnistes à Paris. Les mères et leurs enfants, ce n’est pas forcément mièvre. On aime la plupart des madones du Quattrocento, et Mary Cassatt ravit.

Exposition "Mary Cassatt, une impressionniste américaine à Paris" | Musée Jacquemart-André from Culturespaces on Vimeo.


 

Musée Jacquemart-André, 158 boulevard Haussmann, 75008 Paris.


À Boston, le Museum of Fine Arts (MFA), commémore aussi la mort de Gustav Klimt (1862-1918) et Egon Schiele (1890-1918), avec des œuvre rares venues de l’Albertina Museum de Vienne : Drawn (25 février-28 mai 2018).


 


 


 


 

Museum of Fine Arts (MFA), Avenue of the Arts, 465 Huntington Avenue, Boston, Massachusetts 02115.



Jeudi 8 mars 2018

 

On commence par les bonnes nouvelles.

Ces derniers mois, en 2017, les femmes ont effectué un grand bond en avant, et le féminisme a repris de bonnes couleurs.


 

C’est une bonne nouvelle, pas seulement pour les femmes blanches occidentales friquées, mais pour toutes les femmes, venues de toutes les oppressions, pour tous les genres, pour tous les pays, pour la Terre-mère même.


 


 

Ce 8 mars 2018, Journée internationale du droit des femmes, labellisée depuis 1977 (il y a 40 ans), n’est donc pas tout à fait comme d’habitude, et Clara Zetkin (1857-1933) doit se réjouir pour ses 260 ans.

Pas suffisamment de lauriers pour se reposer, chaque jour, on le constate, il faut continuer le combat car ça freine un peu partout, normal, certains z’ont peur pour leurs avantages acquis. Et il ne faut pas trop compter sur les gouvernements, ils se croient sujets de l’histoire, ils ne sont que des "hommes" de paille des forces sociales (i.e. nous autres). Bref il faut oser.


 

Mais on a bien le droit aussi de considérer les avancées avec fierté, se féliciter que les vents soient un peu favorables, et en profiter pour tenir bon la barre. Oui, on sait, on a lu Zazie.


 

Qu’on nous pardonne de ne pas utiliser l’écriture inclusive, dont le lourd ridicule, surtout quand il est systématique, est contre-productif, donnant des textes illisibles. En bons matérialistes, nous pensons que, dans le langage in progress, les mots féminins (ou neutres) s’imposeront d’eux-même, quand les faits-racines seront avérés.

Aujourd’hui, rejoignons ensemble, et désarmés pour l’instant, les multiples initiatives de ce jour (comme celles de tous les jours à venir).


 

À Paris, par exemple, à la République, à partir de 14h30, des stands, des regroupements, des marches.

Et ce soir on va au ciné.

À La Clef, cinéma tunisien au féminin en 8 courts-métrages.

* À 20h00 : Ayda de Fériel Haj Romdhane (2017) ; Post-violence de Amel Mokdad (2017) ; Briska de Nadia Rais (2017) ; Oui mais non de Inès Asri (2017) ; À suivre de Safa Tebini (2017) ; Home de Inès Ben Halima (2016) ; Cloch’art de Manel Katri (2016) ; Pomme d’amour de Cyrine Ben Chahla (2017).
La séance est suivie d’un cocktail.


 

Chaque séance de la journée est précédée de Ama de Julie Gautier (2018).


 

La Clef, 34 rue Daubenton, 75005 Paris.


On note que Le Courrier international vient d’éditer un hors série (n° 65) : Femmes un combat mondial.


 


Sinon, pas de mauvaises nouvelles très précises - à part les véritables guerres dans le monde -, mais de grandes inquiétudes tout de même devant la recrudescence des signes, crise économique reconductible, montée des inégalités partout, irruption de vieux fascismes zombies éculés, nouveaux périls écologiques… Si seulement on apprenait du passé !

Au Mémorial de la Shoah, une exposition August Sander : Persécutés / persécuteurs, des hommes du XXe siècle (8 mars-novembre 2018).

La société allemande vue par August Sander (1876-1964), Menschen des 20. Jahrhunderts, était surtout composée d’hommes et de peu de femmes.


 


 


 

Les femmes sont toujours en retrait pour les honneurs quand ça va bien. Les camps nazis, comme les échafauds, ont parfaitement respecté les quotas, dans les tourmentes.

* À 20h00 : Conférence inaugurale.
Avec Gerd Sander, Julian Sander, Werner Jung, Alain Sayag et Michel Guerrin.

Mémorial de la Shoah, 17 rue Geoffroy l’Asnier, 75004 Paris.


À New York, à la Neue Galerie, même parfum rétro, où Olaf Peters continue son travail consacré à l’histoire allemande : Before the Fall : German and Austrian Art of the 1930s (8 mars-28 mai 2018).

Les artistes, traversés par la crise économique, la désintégration politique et le chaos social des années 30, avaient pressenti ce "minuit dans le siècle" que furent les années nazies, et la Seconde Guerre mondiale : Max Beckmann, Otto Dix, Max Ernst, Oskar Kokoschka, Alfred Kubin, ou Friedl Dicker-Brandeis, Karl Hubbuch, Richard Oelze, Josef Scharl, Rudolf Wacker.


 


 


 

Neue Galerie New York, 1048 Fifth Avenue, New York, New York 10028.


À Paris, au Musée de l’histoire de l’immigration, on fait le point.

* À 19h00 : Mai 68 et les étrangers.
Avec Ludivine Bantigny, Benjamin Stora, Tewfik Allal, Alexis Lacroix.

Bonnes lectures :

* Ludivine Bantigny, 1968. De grands soirs en petits matins, Seuil, 2018.


 

* Benjamin Stora, 68 et après. Les Héritages égarés, Stock, 2018.


 

Palais de la Porte Dorée, auditorium Philippe-Dewitte, 293 avenue Daumesnil, 75012 Paris.



Mercredi 7 mars 2018

 

À la Cinémathèque, mais aussi à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, à la Filmothèque, au Musée du Louvre, commence Toute la mémoire du monde, 6e édition (7-11 mars 2018).


 

Le parrain, Wim Wenders et l’invitée d’honneur, Stefania Sandrelli font, chacun, une master class, István Szabó donne une leçon de cinéma.

Au programme : un hommage à Peter Nestler en sa présence, une nuit Russ Meyer, des films noirs mexicains, des classiques hollywoodiens d’après guerre, des perles du cinéma hongrois, Londres au temps du muet…
On note spécialement le ciné-concert avec Loulou (Die Büchse der Pandora) de Georg Pabst (1929), avec la musicienne française Irène Dresel.

Bande-annonce - Festival Toute la mémoire du monde - Hors les Murs 2018 from AFCAE Cinémas Art et Essai on Vimeo.


 

Ce soir, à Bercy :

* À 20h00 : Les Ailes du désir (Der Himmel über Berlin) de Wim Wenders (1986).


 

Faites votre programme.

Cinémathèque française, 51 rue de Bercy, 75012 Paris.


Au MAHJ : Hommage aux donateurs (7 mars 2018-13 janvier 2019).


 

Le MAHJ a vingt ans. Ça se fête.

MAHJ, 71 rue du Temple, 75003 Paris.


À la Société Louise-Michel, on se retrouve régulièrement, pour parler, à défaut de refaire le monde, et on en sort moins seul.

* À 19h00 : L’économie numérique : un cimetière pour l’emploi ? Avec Michel Husson, économiste atterré.

Bonne lecture :

* Michel Husson, Travail flexible, salariés jetables. Fausses questions et vrais enjeux de la lutte contre le chômage, La Découverte, 2006.


 

Lieu-Dit, 6 rue Sorbier, 75020 Paris.


À Brême, à la Kunsthalle, on rêve de voyages à l’ancienne, avec les maîtres hollandais des 17e et 18e siècles : Kühles Licht und weite See (Lumière froide et vastes mers) (7 mars-1er juillet 2018).

Ceux qui écumaient les mers, en ce temps-là, aventuriers et marins poétiques, furent aussi les premiers colons, ceux qui enrichirent "leur pays".


 

Au pays, sont restés les artistes et les sédentaires, ceux qui en ont profité, et les autres.


 


 

Contempler les contradictions, ces inégalités qui engendrèrent tant de beautés n’en finit pas de nous étonner.

Kunsthalle Bremen, Am Wall 207, 28195 Bremen.


Les sorties sur les grands écrans

* Eva de Benoît Jacquot (2017).

* Ouaga Girl de Theresa Traore Dahlberg (2017).

* The Disaster Artist de James Franco (2017).

* L’Ordre des choses (L’ordine delle cose) de Andrea Segre (2017).

* Hair de Mahmoud Ghaffari (2017).

* Venus Obscura de Christophe Karabache (2017).

* La Caméra de Claire de Hong Sangsoo (2017).

* Féminin Plurielles de Sébastien Bailly (2017).

* La nuit a dévoré le monde de Dominique Rocher (2017).

* Tesnota de Kantemir Balagov (2017).

* Atlal de Djamel Kerkar (2017).

Les ressorties en versions restaurées

* La Dénonciation de Jacques Doniol-Valcroze (1961).

* Koyaanisqatsi, la prophétie de Godfrey Reggio (1982).



Mardi 6 mars 2018

 

La Fondation Seydoux propose une séance très spéciale.

* À 19h30 : Hommage à Henri Bousquet (1923-2017).
Entrée libre, réservation nécessaire.

On se souvient avec tendresse de ce vieux monsieur absolument adorable, aux yeux pétillants d’humour, auteur de la somme définitive des catalogues Pathé, de 1896 à 1927, publiés à compte d’auteur, en un nombre respectable de volumes. 9000 titres, il paraît.


 

À Bologne, la dernière semaine de chaque mois de juin, il était là, dès la première heure, pour inaugurer Il cinema ritrovato à la Cineteca.
Il occupait toujours la même place, salle Mastroianni, cinquième rang, sur le bord gauche, tout le monde le savait, et il n’y avait guère que les étudiantes japonaises ignorantes pour oser s’installer à cette place réservée.


 

Il grommelait bruyamment quand il y avait une erreur de datation des films présentés, et reconnaissait parfaitement les figurants du troisième rang de n’importe quel muet, égrénant immédiatement ses états de service. Il piaffait d’impatience quand les interventions étaient trop longues. Il avait tout vu, il voulait tout revoir.
Ces dernières années, il avait cessé de venir à Bologne. Il était remplacé par n’importe qui, il nous manquait.
Il est mort le 2 août 2017, et personne ne nous l’a dit, à part le site de Domitor.

Son œuvre demeure.

Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, 73 avenue des Gobelins, 75013 Paris.


Le Forum des instituts culturels étrangers à Paris (FICEP) présente la Semaine des cinémas étrangers, 5e édition (6-15 mars 2018).

En 2018 : Cinéma la la !


 

Ça commence ce soir, au CWB, avec un film venu du CCI.

* À 19h30 : Broken Song de Claire Dix (2013).

Entrée libre, réservation conseillée.

Broken Song Trailer from Claire Dix on Vimeo.


 

Faites votre programme des prochains jours et des autres centres culturels.

Centre Wallonie-Bruxelles, 127-129 rue Saint-Martin, 75004 Paris.


Au ciné-club de l’ENS :

* À 20h30 : Zabriskie Point de Michelangelo Antonioni (1970).

Pour fêter les 50 ans du mois que vous savez et de ce qui s’ensuivit, le film de Michelangelo Antonioni est certainement un des plus émouvants, qui nous fait (re)vivre un certain sentiment de l’été. L’amour, la révolution et les Pink Floyd, rien n’était menaçant en ce temps-là, tout était promesse et beauté. Et liberté.


 

ENS, salle Dussane, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris.


À la Maison de la poésie, des femmes somptueuses.


 

* À 20h00 : Balade avec Lou Andreas-Salomé.
Par Hélène Fillières, montage et mise en voix par Ninon Brétécher.

Bonne lecture :

* Lou Andreas-Salomé, Ma vie, PUF, 2015.


 

Maison de la poésie, passage Moliėre, 157 rue Saint-Martin, 75003 Paris.


À Cinélittérature, la librairie du Panthéon, Marc Benda invite Dominique Noguez qui va parler de sexe, de dîners en ville et de bonne chère, d’enthousiasme et de mélancolie.

* À 18h30 : L’Interruption de Dominique Noguez (Flammarion, 2018).
Avec des lectures de Arthur Dreyfus, Mark Greene.


 

Librairie du Panthéon, 15 rue Victor-Cousin, 75005 Paris.


Aux Bouffes du Nord, le vieux lion est de retour, après deux ans de réserve.
Il se souvient de l’Afghanistan d’autrefois, il y a longtemps, quand les Bouddhas de Bamyan étaient encore debout, pour rythmer la route libre vers le grand Est et le lever du soleil, quand on avait le temps de méditer.


 

* À 20h30 : The Prisoner de Peter Brook & Marie-Hélène Estienne (6-24 mars 2018).
Avec Hiran Abeysekera, Ery Nzaramba, Omar Silva, Kalieaswari Srinivasan et Donald Sumpter.

Théâtre des Bouffes du Nord, 37 bis boulevard de la Chapelle, 75010 Paris.



Lundi 5 mars 2018

 

André S. Labarthe (1931-2018) est mort ce matin, lundi 5 mars 2018.

La série Cinéastes de notre temps, à partir de 1964, suivi de Cinéma, de notre temps c’était lui avec Janine Bazin.
Il collabora aussi ensuite au légendaire Cinémas, Cinémas (1982-1991) avec Claude Ventura, Anne Andreu et Michel Boujut.

Il avait rejoint les Cahiers du cinéma en 1956.
Il était différent de ses collègues, moins show off, plus secret. Il avait une relation privée avec l’art moderne et avec le surréalisme. C’est lui qui a écrit le premier bouquin, avec Jacques Siclier, sur la science fiction au cinéma

Il était important, on le savait, il le savait.


 

Bonnes lectures :

* André Labarthe & Jacques Siclier, Images de la science-fiction, Éditions du Cerf, 1958.

* André Labarthe, Essai sur le jeune cinéma français, Terrain Vague, 1960.


Au Muséum d’histoire naturelle, à la Grande Galerie de l’évolution se tient une exposition qu’on ne devrait pas manquer : Météorites, entre ciel et terre (18 octobre 2017-10 juin 2018).


 

Le cinéma La Clef s’associe au Muséum pour trois soirées cosmiques : Les météorites font le mur ! (5-19 mars 2018)

On commence avec le désert d’Atacama au Chili, qui ressemble à Mars, la planète rouge, ce lieu de la Terre qui, lui tout seul, remet l’espèce humaine à sa juste place dans le monde.

Ce soir :

* À 20h00 : Nostalgie de la lumière (Nostalgia de la luz) de Patricio Guzman (2010).
Précédé de Atacama de Caroline Corbasson (2017).
En présence de Patricio Guzman, Caroline Corbasson et Matthieu Gounelle.


 

Faites votre programme.

Cinéma La Clef
, 34 rue Daubenton, 
75005 Paris.


À Paris, à l’IMA, on rencontre les grands penseurs arabes à travers l’histoire.

Après Al Kindi (801-873) le 12 février 2018, et avant Ibn Arabi (1165-1240) le 9 avril 2018 et Ibn Khaldoum (1332-1406) le 14 mai 2018, aujourd’hui, présentation du plus connu d’entre eux par les Occidentaux, le philosophe andalou Averroès (1126-1198).
Il commenta Aristote, Avicenne, Ptolémée et le médecin Galien et, dans sa vie, connut la gloire et l’exil.

* À 19h30 : Averroès par Ghaleb Bencheikh.
Réservation obligatoire.

Cf. Le film de Youssef Chahine, Le Destin (Al-Massir) (1997), raconte son histoire.


 

IMA, 1 rue des Fossés-Saint-Bernard, 75005 Paris.


À Paris toujours, séance mensuelle, C’est déjà demain de l’Agence du court métrage.

* À 20h00 : Les Indes Galantes de Clément Cogitore ( 2017) ; The Face, The Heel... et Corentin de Jean-François Mozerr (2017) ; Petit homme de Mathilde Parquet (2015) ; Croque Meurtre de Emmanuel Lautréamont & Damien Halm (2017) ; Master of the Classe de Carine May & Hakim Zouhani (2017).

En présence de Damien Halm, Emmanuel Lautréamont, Carine May, Hakim Zouhani.


 

MK2 Odéon, 7 rue Hautefeuille, 75006 Paris.


À Bruxelles, à la Cinématek, dans le cadre de Cinéma et histoire :

* À 19h00 : Le cinéma des années de plomb en Italie, par Laurent Vanclaire.

* À 21h00 : Cadavres exquis (Cadaveri eccelenti) de Francesco Rosi (1976).


 

Cinématek, salle Ledoux, rue Baron-Horta 9, 1000 Brussel.


Et, aux Oscars 2018, hier soir, c’est La Forme de l’eau de Guillermo del Toro, qui a triomphé : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure direction artistique et meilleure musique originale.



Samedi 3 mars 2018

 

Hier soir donc, la cérémonie des César, 43e édition.

Les sélections comme les récompenses sont toujours les résultantes de forces diverses.
Ce qu’on considère, c’est l’œuvre et son contexte, l’artiste et sa "situation" (comme aurait pu le définir Sartre).
Le film mineur d’un réalisateur incarcéré dans un dictature réprouvée peut autant espérer que le chef d’œuvre d’un réalisateur confirmé et célébré. Il y a aussi, dans une certaine mesure, des systèmes, plus ou moins conscients, de "handicaps" comme aux courses, et, pour que tout le monde ait sa chance, des œuvres remarquables peuvent être éliminées.


 

C’est très bien comme ça.
Ces régulations, éminemment subjectives, sur la durée et parce qu’elles sont assez nombreuses, finissent par donner des reflets assez justes de nos sociétés en équilibre injuste. À ces jeux du cirque, on ne demande pas autre chose. Et quand ces reflets partiels nous conviennent, nous sommes consolés de bien des désillusions.

Le palmarès des César 2018 est, à peu près, selon notre cœur.

* 120 battements par minute de Robin Campillo n’est pas un chef d’œuvre en soi, une bonne demi-heure en trop. Mais c’est une œuvre nécessaire, quasiment historique.


 

Le grand lauréat côtoie, sur les hauteurs, trois films, totalement très différents et très remarquables :

* Au revoir là-haut de Albert Dupontel, toujours un peu borderline et allergique aux compétitions.


 

* Barbara, œuvre sophistiquée et enthousiasmante de Mathieu Amalric.


 

* Petit paysan, premier film et grand thriller de notre agriculteur préféré Hubert Charuel.


 

* Sans compter, le meilleur film étranger Faute d’amour de Andreï Zviaguintsev et le meilleur documentaire, I Am Not Your Negro de Raoul Peck.

Voilà vraiment ce qu’on pouvait souhaiter de mieux.

Sinon, la cérémonie s’est déroulée agréablement.

Manu Payet, sans dérapage, a eu quelques formules classiques mais percutantes : "Jamais un non ne veut dire oui" ; "Meilleur espoir féminin, c’est la même chose que meilleur espoir masculin, mais avec 30% de salaire en moins..."

Sur scène, des "répliques" dignes et justes :

* Celle de Pierre Lemaître (Prix Goncourt 2013), alter ego de notre bien amé Albert Dupontel, évoquant "l’histoire de deux hommes qui ne trouvent pas de place dans la société alors qu’ils n’ont pas démérité. Nous les appelons aujourd’hui les pauvres, les mal logés, les précaires, nous les appelons aussi les réfugiés".


 

* Toutes celles de la bande de Robin Campillo, établissant des parallèles entre toutes les exclusions, que les lois votées ne corrigent toujours pas, et clamant, plus que jamais, comme il y a 25 ans : "Silence = mort", à propos notamment des migrants.


 

* Celle, enfin, très fine, de Blanche Gardin : "Dorénavant, les producteurs n’ont plus le droit de violer les actrices. Mais est-ce qu’on a encore le droit de coucher pour avoir des rôles ?"

Elle arbore la bonne distance sur ces fameuses "zones grises".
On a tendance à les évacuer pour la commodité des sprinters de l’urgence, les slogans ou les mots d’ordre.
Mais il convient de les examiner de près, en coureuses de fond et dans la durée, au cas par cas.

Merci William Champigny-Fortier.
 

La complicité de la victime avec son potentat, la collaboration et ses bénéfices secondaires, les tendances grégaires instables, la théorie psycho-sociale des influences, la servitude volontaire (désirée parfois pourquoi pas), la duplicité d’une plainte qui correspond peut-être à une prise de conscience tardive, en même temps que l’action, il y a du travail d’observation et de recherche.

Merci Phil Le Mot Dit.
 

Le désir de libération ne fait pas partie des éléments de la libido, et ne relève d’aucune évidence ni d’aucun instinct. Comme la justice, c’est une création de l’esprit humain.
Les hiérarchies intériorisées du capitalisme semblent indéboulonnables malgré les efforts au long des siècles, alors celles, millénaires, du patriarcat, son ancêtre, pensez !


 

Et puis, nous aurons à réfléchir sur ce nouveau césar, celui du public : le film qui a fait le plus d’entrées en salle. Il est totalement justifié.
Au long des années - car il sera probablement maintenu -, ce "ciné-chiffres" concentré devrait nous en apprendre beaucoup sur la démocratie et sa façon d’évoluer.


Ce week end, on le passe en Belgique avec un programme chargé.

À Bruxelles, la galerie Devillez inaugure sa nouvelle exposition des dessins et sculptures de Damien Moreau, en sa présence (3-24 mars 2018).

* À partir de 16h00 : vernissage de Damien Moreau. Calligraphy of space.


 

Galerie Didier Devillez, 
53 rue Emmanuel-Van-Driessche
, 1050 Bruxelles.


À Bruxelles toujours, on passe la soirée à la Cinematek.

* À 19h00 : L’Introuvable (The Thin Man) de Woodbridge Strong Van Dyke (1934).


 

* À 21h45 : Lady Lou (She Done Him Wrong) de Lowell Sherman (1933).


 

Cinematek, salle Ledoux, 9 rue Baron-Horta, 1000 Bruxelles.


Près de Mons, il faut absolument aller faire connaissance avec le lieu magique où s’est installé le MAC’s.

Sa nouvelle exposition, qui inaugure l’année 2018, est un excellent prétexte : le nouveau manifeste de Adel Abdessemed (4 mars-3 juin 2018).
Le vernissage, c’est aujourd’hui, mais si on a choisi de rester à Bruxelles, on y va demain, dimanche.


 

Adel Abdessemed, né en 1971, est en colère et le fait savoir.
Ses œuvres sont des protestations si provocatrices qu’elles ont souvent fait peur et ont été censurées aux États-Unis ou en Écose par exemple. Car, voyez-vous, il y a des chose horribles qui se passent dans le monde, mais on ne ne doit pas les montrer.

Lui pense le contraire, fustige autant la cruauté que l’hypocrisie attenante, et veut faire réfléchir sur la violence. Ce qui lui fait une carrière controversée mais internationale depuis le début des années 2000.
Il avait fait forte impression à Beaubourg en 2012, avec Je suis innocent.

Julia Kristeva lui avait consacré un beau texte.


 


 

Le voilà donc de nouveau avec des œuvres réalisées spécialement pour le Grand-Hornu : une nouvelle exposition-manifeste contre la barbarie, insolente et ironique, avec pour titre celui de la chanson sentimentale, Otchi Tchiornie (Les Yeux noirs).

* À partir de 17h00 : Vernissage de Otchi Tchiornie.


 

Musée des Arts Contemporains (MAC’s), site du Grand-Hornu, rue Sainte-Louise, 82, B-7301 Hornu.


Salut les câblés !

La semaine télé de Jeune Cinéma du 3 au 9 mars 2018.



Vendredi 2 mars 2018

 

C’est aujourd’hui que sort le dernier album de Joan Baez : Whistle Down the Wind.


 

C’est son 25e album, qui fête ses 60 ans de carrière, et de militantisme. Sa voix est légèrement différente, et c’est attendrissant.


 


Hier soir, Dalton Trumbo de Jay Roach (2015) sur la chaîne Émotion du câble.

Grande émotion, en effet.
Et coup de foudre pour Bryan Cranston, acteur aperçu mais jamais vraiment identifié.
Le film était sorti en France le 27 avril 2016, il repasse plusieurs fois à la télé, les jours à venir,


 


À la Sorbonne, dans le cadre de la Semaine anticoloniale et antiraciste, 13e édition, semaine qui dure quasiment un mois, et c’est très bien, le Réseau Sortir du colonialisme et ses nombreux amis organise trois tables rondes autour du mouvement mondial de Mai 68 vu des Suds, au cours de la période 1965-1973.

Flyer foutoir, mais explicite.


 

Inscription nécessaire.

* À 14h30 : Mai 68, une vision mondiale vue des Suds, séance inaugurale.

* Le contexte général mondial.
Avec Étienne Balibar, Gustave Massiah, Bachir Ben Barka, Luciana Castellina, Ludivine Bantigny. Modération : Valérie Nivelon.

* Les luttes continentales.
Avec Elias Sanbar, Amzat Boukari-Yabara, Catherine Samary, Carmen Castillo, Abraham Béhar. Modération : Françoise Blum.

* Les vecteurs de la révolte.
Avec Michèle Riot-Sarcey, Nils Andersson, Pap Ndiaye, Serge Audier, Philippe Artières. Modération : Patrick Farbiaz.


 

Cette séance inaugurale de la Sorbonne sera suivie par :

* Du 20 au 30 mars 2018, à 18h00 : Cinq débats publics, au Maltais rouge focalisant sur cinq régions du monde, l’Asie, l’Afrique subsaharienne, le Monde arabe, l’Amérique latine, les territoires toujours colonisés par la France.

* Le 14 avril, à 14h30 : Séance de clôture, au CICP.

Faites votre programme.

La Sorbonne, amphithéâtre Richelieu, 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris.


À New York, au Whitney, une nouvelle fournée de nouveautés (2 mars-10 juin 2018) :

* Zoe Leonard : Survey.


 


 

* Grant Wood : American Gothic and Other Fables.


 


 


 

Et les vidéos de :

* Juan Antonio Olivares : Moléculas.

Moléculas Trailer from Juan Antonio Olivares on Vimeo.


 

Whitney Museum of American Art, 99 Gansevoort Street, New York, NY 10014.



Jeudi 1er mars 2018

 

Le Monde diplomatique de mars 2018 est paru.


 

Au sommaire :

Politiser les colères du quotidien ; Washington relance l’escalade nucléaire ; Ce que la bataille culturelle n’est pas ; Les lycées professionnels, parent pauvre de l’éducation ; Échange de bons procédés entre le Kremlin et l’Église orthodoxe ; Place Tahrir, sept ans après la "révolution" ; Au Proche-Orient, la stratégie saoudienne dans l’impasse ; L’ANC, aux origines d’un parti-État ; Cuba, le pays du vert olive ; À la recherche de la Pachamama ; Les laissés-pour-compte du miracle indien ; Quand Arte veut faire saigner la Russie ; Loin du cœur, loin des yeux ; La médicalisation de l’expérience humaine ; Pourquoi manger bio ? Une aurore du féminisme ; Choisir ses héros, etc.

On le feuillette.

On lit l’édito de Serge Halimi.

On lit le blog de Évelyne Pieiller.


 

Si on a envie de se socialiser, on rejoint les Amis du Monde Diplomatique.


À New York, on passe la journée au MoMA.

On commence par les Modern Matinees : Delmer Daves and H. C. Potter in Resonance (1er mars-27 avril 2018).

* À 13h30 : Beloved Enemy de H. C. Potter (1936).


 

On poursuit avec l’hommage à El indio, alias Emilio Fernández (1er-13 mars 2018).

Aujourd’hui, on célèbre les Mexicains Guillermo del Toro, Alejandro González Iñárritun, Carlos Reygadas, Michel Franco...

Mais l’histoire du cinéma mexicain remonte aux débuts du cinéma tout court et il a connu un âge d’or, des années 30 aux années 60, avec industrie, labos, studios.
Parmi les glorieux prédécesseurs : Roberto Gavaldon (1909-1986) et Emilio Fernández (1904-1986), fils d’un général révolutionnaire et d’une Indienne Kickapoo, qui fut aussi acteur chez Peckinpah ou Huston.

Ce soir :

* À 17h30 & à 19h00 : Janitzio de Carlos Navarro (1935).


 

Faites votre programme.

The Museum of Modern Art, Floor T2, Theater 2, 11 West 53 Street, New York, NY 10019.


À Londres, à la Tate Britain, on se lave le regard chez les grands peintres anglais de l’intimité : All Too Human (28 février-27 août 2018).

Humain, trop humain.


 

Francis Bacon, Lucian Freud, Jenny Saville, Paula Rego, et une centaine d’œuvres incomparables.


 


 


 

Tate Britain, Millbank, London SW1P 4RG.


À Munich, on va faire un grand tour à la Pinacothèque d’art moderne, ouverte il y a 16 ans, en 2002 : Paul Klee. Konstruktion des Geheimnisses (1er mars-10 juin 2018).


 

Paul Klee (1879-1940) était aussi musicien, ce qui lui donnait accès à l’immatériel. Sortir de la matière - qui elle-même est loin d’être stable -, c’est passer le pont et accéder aux mystérieux secrets. Ce fut sa tâche sur terre : leur donner une forme, les construire, nous les rendre visibles.


 


 


 

Les collections de Munich sont présentées aux côtés de plus de 120 œuvres provenant des collections de Klee en Europe, aux États-Unis et au Japon.

Pinakothek der Moderne, Barer Straße 40, 80333 München.



Au fil du temps, tous les éditos
 

Voyage dans le temps.
 



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